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Isère

Génération mouvement cherche un second souffle

Réunis à Saint-Jean-De-Bournay pour leur assemblée générale, les aînés ruraux souhaitent attirer les jeunes retraités pour la survie de leurs structures.
Génération mouvement cherche un second souffle

« Nous ne sommes pas une fédération de joueurs de cartes ». Pour Adrien Chollat, président de la fédération départementale des Aînés ruraux, devenue Génération mouvements, il est temps de travailler l'image de l'association pour attirer les jeunes retraités. « On est encore vu comme des vieux qui jouent aux cartes alors que si on y regarde de près, la majorité des adhérents n'y jouent pas ! Ils font du théâtre, de la gymnastique, des voyages.... » rappelle-t-il à l'assemblée générale du 17 avril dernier à Saint-Jean-De-Bournay. Le dynamisme ne manque pourtant pas : L'Isère compte 168 clubs en 2018, et il faut ajouter les 8 clubs adhérents de 2019. Il y a aussi 23 nouveaux présidents à la tête de ces clubs en 2019. Mais peu d'administrateurs... « D'ici 4 à 5 ans maximum, la fédération de l'Isère devra s'arrêter faute d'administrateurs, mais je garde espoir », précise le président. D'où l'importance d'attirer « les jeunes », les pré-retraités pour la fédération. Et depuis cette année, des évènements ponctuels pourront être co-organisés par des clubs de communes différentes. De quoi multiplier les activités.

Evolution numérique

Ce besoin se fait aussi sentir au niveau national. « La nouvelle génération de retraités a d'autres parcours et d'autres attentes. Or, notre structure associative n'a pas changé depuis 40 ans », explique Marie-Claude Rey, présidente de la fédération nationale de Générations Mouvement. L'association prépare donc une consultation nationale auprès de ses adhérents pour « bâtir un nouveau projet associatif » et perdurer dans le temps.
Rajeunir l'auditoire mais aussi le fonctionnement : la fédération mise sur un outil numérique de gestion de données pour faciliter l'enregistrement des données des adhérents. Certains s'inquiètent dans la salle de son utilisation. « Pour respecter la nouvelle loi RGPD, nous ne pouvons plus être des clubs isolés. A partir du moment où nous relevons des données personnelles, nous devons les sécuriser », explique Marie-Claude Rey. 20 fédérations sur 85 utilisent déjà l'outil et la totalité d'entre elles devraient être équipées d'ici octobre 2021. Des formations à l'outil seront proposées durant toute la période.
Une évolution de l'intérieur, et ça se voit à l'extérieur : les formations informatiques proposées aux adhérents permettront de prendre confiance dans l'évolution numérique actuelle. « Tout se fait sur Internet, confirme Adrien Chollat, on doit aider les adhérents pour les démarches administratives en ligne ». Des animateurs ont été formés pour répondre aux questions, c'est aux clubs ensuite d'organiser des séances de formation.

Bien vieillir

Au-delà de l'informatique, le numérique se retrouve aussi dans les solutions de santé proposées aux adhérents. Les services de téléassistance quotidiens passent souvent par des boitiers connectés dans les maisons des particuliers ou encore par des interfaces sur tablette numérique. De même, certains sont préoccupés par les questions de mobilité et d'isolement en milieu rural. L'association prévoit souvent des cars pour permettre aux adhérents de se rendre à des spectacles ou de partir en voyage. Daniel Cheminel, maire de Saint-Jean-De-Bournay et conseiller départemental a ainsi confirmé le renouvellement de la subvention du conseil départemental à l'association : « Le bien-vieillir est un défi important, avec l'augmentation de la dépendance. Il y a de nouveaux besoins. Il faut soutenir le développement des solutions innovantes. » Les dossiers nationaux sont restés en toile de fond que ce soit la réforme des retraites « qui ne concerne pas les retraités d'aujourd'hui mais les futurs retraités », a rappelé Monique Limon, députée de la 7e circonscription, ou encore la réforme concernant la dépendance prévue à la fin de l'année.

Virginie Montmartin