Génération plurielle
Ils veulent créer l'ouverture. Confrontés à leur renouvellement, tant de leurs adhérents, que de leurs responsables, les représentants de Générations mouvement, les ex-clubs des aînés ruraux, proposent de nouvelles activités. Le sujet a été abordé à l'occasion de l'assemblée générale de la fédération départementale, organisée le 13 avril à Saint-Jean-de-Bournay.
Nouvelles attentes
Si les parties de belotes sont toujours plébiscitées par une - large - partie des membres de ces clubs qui maillent le territoire rural, les présidents de leurs fédérations nationale et départementale, Gérard Vilain et Alain Long, parlent d'une même voix : « Pour certains, l'après-midi cartes, c'est sacré, mais cela n'attire pas tout le monde et notamment les nouveaux retraités. C'est la raison pour laquelle, nous devons proposer autre chose, développer d'autres activités telles que la zumba, la marche, la natation, l'informatique. C'est ce qui permettra de plaire au plus grand nombre ». Sans renier ce qu'ont fait leurs aînés, les « jeunes » représentants du mouvement veulent bousculer un peu les traditions. « Le profil des retraités a évolué, ils ont de nouvelles attentes. Les plus jeunes veulent s'ouvrir et faire tout ce qu'ils n'ont pas eu le temps de faire durant leur vie professionnelle. Nous travaillons donc à ce que nos clubs deviennent plus urbains, plus sociaux et plus jeunes », indique Gérard Vilain. D'où la mise en place, au niveau national, de partenariats avec des tours opérators, des croisiéristes et des cosmétiques...
En Isère, ces nouvelles activités rencontrent un réel succès. En témoigne Albert Laban, jeune retraité qui vient d'adhérer au club de Murinais, dans le sud-Grésivaudan, « pour faire des rencontres et retrouver des amis de jeunesse, participer aux voyages, jouer aux cartes et à la pétanque, et... se mettre à l'informatique ». Ou encore André Aimard, jeune président du club de Saint-Laurent-du-Pont, qui a intégré l'association avec son épouse voilà quelques années, pour monter une section danse et une section théâtre, leurs passions respectives. « Ces activités intéressent de nouvelles personnes, plus jeunes. Grâce à nos compétences, nous pouvons élargir notre domaine d'actions », explique André Aimard, qui dispense cet enseignement « sans prétention ».
Initiatives transgénérationnelles
Cette volonté d'ouverture, mise en œuvre il y a quatre ans, va au-delà de l'élargissement des activités proposées. Pour qu'ils soient reconsidérés, les ainés ruraux ont revu leurs fondamentaux. « Nous avons modifié nos statuts. Maintenant, pour exercer des responsabilités au niveau national, il n'y a plus de limite d'âge, mais de mandats (trois), et nous avons changé notre appellation. Nous sommes devenus « Générations mouvement », générations avec un s, car plusieurs générations peuvent se retrouver dans notre mouvement », insiste Gérard Vilain. « La génération qui arrive actuellement à la retraite est une génération pivot, qui, souvent, s'occupe de ses parents vieillissants, mais qui est aussi présente pour ses enfants et petits-enfants ». Cette possibilité d'accueil des plus jeunes a déjà été saisie par de nombreux représentants de clubs qui multiplient les initiatives transgénérationnelles, comme l'aide aux devoirs, le développement du goût de la lecture chez les plus petits, les ateliers de jardin pédagogique ou de cuisine. Les petits-enfants peuvent aussi accompagner leurs grands-parents durant leurs sorties ou voyages culturels et lors de leurs rencontres hebdomadaires. A Vignieu, dans le Nord-Isère, Lilie Condomine, est satisfaite de cet accueil des petits organisé par son club le mercredi après-midi. « Ils viennent avec leurs grands-parents, faire des jeux et prendre le goûter. Cette année, ce sont même eux qui vont jouer notre traditionnel spectacle. Cela représente un vrai projet inter-générationnel, qui fédère les grands-parents, les enfants et les petits-enfants », explique-t-elle.