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GNR et engrais :  pas d’avancée au congrès de la FNSEA

INTRANTS / Malgré les menaces de mobilisation de la FNSEA, la ministre de l’Agriculture n’a pas annoncé de nouvelles mesures de lutte contre la hausse des prix du gazole non routier (GNR) et des engrais.

Par M.R.
GNR et engrais :  pas d’avancée au congrès de la FNSEA
Le Gouvernement a annoncé le 27 mars une exonération de la taxe sur le gazole non routier (GNR), représentant un effort budgétaire de 14 millions d’euros sur le mois d’avril.

Flambée du prix des carburants et des engrais, concurrence déloyale : Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a prévenu, lors du congrès à Caen le 1er avril, que, « sans mesure forte dans les prochains jours », le syndicat appellerait de nouveau à la mobilisation. « Mon message au Premier ministre [rencontré lundi 30 mars] a été très clair : nous ne voulons pas de mesurettes. Il nous faut une remise de 30 centimes du litre de GNR (gazole non routier) en pied de facture pour le carburant. Tout de suite », a-t-il lancé, sous les applaudissements de la salle bondée du parc des expositions de la ville normande. Il a aussi estimé qu’il fallait « d’urgence » faire fléchir la Commission européenne sur la taxe carbone aux frontières sur les fertilisants : « Nous ne pouvons pas, dans le contexte géopolitique que nous connaissons, voir le prix des engrais s’envoler », a-t-il dit. Il a rappelé que le Gouvernement français avait porté à Bruxelles une demande de suspension de ce dispositif alors que le prix des engrais flambe avec la guerre au Moyen-Orient, tout en relevant la fin de non-recevoir du commissaire européen à l’Agriculture : « Nous ne pouvons le tolérer », a-t-il tonné. « Il faut être clair sur ce que nous voulons apporter. Il faut être clair sur la réciprocité. Il faut être clair sur les contrôles. Ce qui se passe actuellement n’est pas supportable pour l’agriculture française », a-t-il martelé.

Pas d’annonce

Le Gouvernement avait annoncé le 27 mars une exonération de la taxe sur le gazole non routier (GNR), représentant un effort budgétaire de 14 millions d’euros sur le mois d’avril et correspondant à une baisse d’environ 4 centimes par litre. Cette mesure sera financée par une annulation de crédit du même montant. Deux jours plus tôt, la ministre de l’Agriculture excluait encore un tel geste, rappelant la « situation budgétaire du pays ». Pour Arnaud Rousseau, « l’aide de l’exécutif n’est pas à la hauteur de la crise », alors que le prix du GNR a augmenté de 50 à 60 centimes par litre. « Notre demande est claire, c’est 30 centimes du litre », a-t-il réagi.

La menace d’Arnaud Rousseau n’a pas suffi. Concluant l’assemblée générale le 2 avril, la ministre de l’Agriculture a indiqué qu’elle était « très consciente et très préoccupée », mais n’a pas annoncé de nouvelle mesure pour aider les agriculteurs. En amont de sa prise de parole, les congressistes ont imposé à la ministre un brouhaha de plusieurs dizaines de secondes, et brandi des feuilles sur lesquelles était écrit « GNR ». Face à la presse, la ministre a rappelé, après le Premier ministre, que le Gouvernement pourrait abonder ses premières mesures en fonction de l’évolution du conflit au Moyen-Orient et de ses effets. De son côté, le président de la FNSEA a rappelé que les droits d’accise du gazole non routier (GNR), auxquels le gouvernement a renoncé pour le mois d’avril, n’étaient pas le seul levier fiscal dont disposaient les pouvoirs publics, citant la TVA.

M.R.