Groupama les a prévenus
Cris et éclats de rires fusaient aux abords de la place de la Libération de Vif, samedi dernier. Une fête foraine ? Non, des ateliers de prévention des accidents que l'assureur Groupama avait mis en place ce jour-là pour la poulation des alentours. Les franches rigolades venaient donc du test de la voiture tonneau essayé par quelques copines habitantes du village. Deux séquences attendaient dans cette aventure les cobayes : un ou deux tours à vitesse lente, voire avec un arrêt sur le côté ou la tête en bas, pour s'habituer, puis trois tours consécutifs à vitesse plus réaliste dans un accident. Rassurez-vous, personne n'est sorti blessé ou malade. Au contraire, certains des équipages en redemandaient pour échanger les places et tester la position conducteur et passager, les sensations se révélant légèrement différentes, le réflexe étant souvent de s'accrocher au volant, dans le cas contraire, d'agripper la ceinture. « C'est là que l'on voit tout l'intérêt et le rôle de la ceinture de sécurité », fait remarquer André Villard, un des porteurs de la manifestation, au titre des caisses locales de Groupama impliquées.
Etat d'ébriété
Dans la salle publique jouxtant l'atelier « tonneau », figuraient d'autres ateliers. La simulation d'état d'ébriété avec des lunettes spéciales, permettait, là, de sensibiliser tous les publics à la perte de précision visuelle amenée par l'absorption d'alcool. Là aussi, les rires étaient de la partie pour certaines. Tout à côté, logiquement, le stand de la gendarmerie faisait étalage des nouveaux systèmes de détection des états alcooliques ou empreints de drogues diverses. Le gendarme Barrau, du peloton motorisé de Rives, était prolixe sur le test salivaire que possèdent désormais les forces de l'ordre afin de détecter en quelques secondes, à quel type d'imprégantion est sujet un conducteur lors d'un contrôle. « Les contrevenants minimisent souvent l'absorption d'alcool, mais trouvent banal d'annoncer qu'ils ont consommé un joint », indique-t-il étonné de ces évolutions. Pourtant, l'usage des deux produits est assez sévèrement puni et, dès qu'une consommation de drogue est détectée par le test, la rétention administrative du permis de conduire est immédiate. L'individu en infraction n'a plus qu'à rentrer à pied ou à se faire remplacer au volant par quelqu'un en pleine possession de ses moyens. « Nous n'utilisons pas ces tests performants de manière systématique car ils coûtent chers et nos stocks ne sont pas pléthoriques, mais nous adaptons l'usage à la situation et à l'environnement dans lequel nous intervenons. »
Jumelles radar
A côté de cet atelier, se trouvait également un simulateur sur ordinateur de freinage d'urgence. De jeunes couples venaient se comparer. Accélération, stabilisation de la vitesse, puis freinage à partir d'un signal, permettaient de mesurer le temps de réaction de chacun, la distance parcourue le temps d'appuyer sur le frein et la distance de freinage totatle. Instructif. Même avec une demi-seconde de réaction, la voiture lancée à 100 km/h a parcouru plus de 14 mètres : « C'est plus large que la salle », fait remarquer le gendarme Barrau. Ce représentant de la maréchaussée a rencontré un grand succès également lorsqu'il a proposé de tester les jumelles de mesure de vitesse des véhicules en conditions réelles, au bord de l'axe principal qui traverse Vif. Ralentissement garanti des automobilistes et même quelques arrêts pour certains comprenant que l'animation était destinée à tout public.
Anne Gachet, agricultrice de Monestier-du-Percy, très impliquée dans l'enseignement du secourisme, expliquait rapidement aux curieux les premiers gestes qui sauvent, un massage cardiaque et un bouche-à-bouche sur mannequin. « Dans le cadre de cette journée, comme dans celui des sessions de formations prises en charge par la MSA, l'objectif n'est pas de transformer les potentiels témoins d'un accident en soigneur ou médecin, mais de leur donner confiance en eux, suffisamment pour qu'ils puissent réagir, ne pas perdre leur sang-froid dans une situation d'urgence et qu'ils sachent quoi faire pour éviter une aggravation de la situation », lâche-t-elle avec un dynamisme communicatif.
Un atelier sur les matériels d'alerte incendie dans les maisons ou appartements (obligatoire à partir de mars 2015), et un contrôle du bon état des extincteurs que les gens apportaient complétaient la panoplie d'animation de la journée.
« Le premier métier d'un assureur est de faire de la prévention, souligne Louis-Michel Petit, président de la caisse départementale de Groupama. Cette journée ouverte au grand public coûte 4 000 euros financée pour moitié par le niveau départemental, le reste étant pris en charge par les trois caisses locales organisatrices. » « L'intérêt est de toucher les jeunes qui sont souvent vecteurs de démultiplication du message auprès de leurs proches », constate pour sa part André Villard.