Témoignage
« Le bois-énergie ? N'importe quel agriculteur peut en faire »
A Têche, le Gaec des signaux diversifie son activité depuis 2007. En parallèle de la production de noix, Joël Cony et ses associés, sa femme et sa soeur, fournissent et livrent du bois déchiqueté.
Il a eu l'idée d'installer une chaufferie bois-énergie en 1998, « cela me plaisait car c'est tout automatisé, mais cela coûtait trop cher, nous n'avions pas les moyens d'investir là-dedans », raconte Joël Cony, du Gaec des signaux à Têche. Installé avec sa femme, sa soeur et son fils (en tant que salarié), ce producteur de noix se lance finalement en 2002, et investit dans une chaufferie pour fournir en énergie deux appartements, son atelier, la salle d'emballage et la villa de ses parents, construite à 180 mètres de son exploitation. « La chaufferie a une puissance de 55 kilowatts et me permet de valoriser le bois de taille de nos noyers. Nous récupérons environ 250 mètres cubes par an de bois et branches de noyers, et nous en utilisons environ une centaine pour notre consommation personnelle. A l'époque, elle me permettait de sécher aussi 20 % de mes noix », ajoute-t-il.
Le bois-énergie, une activité parfois contraignante
Quant aux 150 mètres cubes de bois non-utilisés, c'est en 2007 qu'il trouve une solution pour les valoriser : le Gaec investit alors un peu plus de 80 000 euros dans une deuxième chaufferie, un peu particulière... « Elle, ainsi que le silo, sont installés sur une benne. Nous pouvons ensuite les transporter pour les louer. En hiver, nous travaillons avec une entreprise de construction de matériel agricole à Beaulieu et l'été, elle est utilisée pour sécher du tabac. L'activité bois a engendré de gros investissements, car il a fallu acheter aussi un treuil et une grue pour le transport, un chargeur, et fabriquer un tapis pour livrer notre bois car nous fournissons notre locataire tout l'hiver », explique Joël Cony. Il profite également de cette vague d'innovations pour adapter son séchoir à noix afin de pouvoir sécher la totalité de sa production par ce mode de chauffage. C'est ainsi que depuis trois ans, le Gaec des signaux - exploitation reprise de père en fils depuis trois générations - a diversifié son activité et est devenu fournisseur et livreur de bois déchiqueté.
Une activité qui s'étale tout au long de l'année, « l'hiver, on coupe le bois et on broie au printemps. Ensuite, nous livrons toute l'année, sauf durant la saison des noix. C'est une activité à temps plein, parfois astreignante précise l'agriculteur. Pour le stockage, je n'ai pas encore de bâtiment, alors on le fait sur l'exploitation, sous des bâches. C'est parfois contraignant, notamment lorsqu'il neige... » Et comme la demande s'est élargie - « je fournis mes deux soeurs ainsi que quelques particuliers de la région » - il propose désormais deux sortes de copeaux : ceux issus des noyers, et ceux issus de différentes variétés de bois (châtaignier, fresnes, charmilles, chênes...) coupés dans la forêt locale, à raison d'un hectare et demi par an.
Une énergie pour faire travailler la main-d'oeuvre locale
Pourtant, même si cette diversification d'activité lui plaît, il reconnaît qu'elle ne lui permet pas encore de dégager de grosses marges. « Aujourd'hui, cela nous fait du travail en plus, mais si nous n'avions pas ces contrats de location, nous n'aurions jamais pu payer cette deuxième chaufferie. Ce que nous gagnons sert en fait à rembourser le prêt que nous avons contracté pour huit ans », confie-t-il. Et après ? « J'espère ne pas avoir trop de problèmes mécaniques sur les machines, car c'est à ce moment-là que je pourrais espérer tirer un bénéfice. Il y a toujours un peu d'entretien à faire, et je me rends compte qu'on dépense très vite ce que l'on gagne », s'interroge Joël Cony.
Même s'il reste prudent par rapport à l'avenir, il pense pourtant que cette nouvelle source d'énergie est une bonne façon de valoriser le bois régional : « Lorsque des collectivités locales installent de grosses chaufferies, elles donnent du travail à la main-d'oeuvre locale. Transformer du bois en bois-énergie, c'est simple, n'importe quel agriculteur peut le faire. Cette matière est sous-exploitée. Pourtant, l'utiliser permettrait de limiter les frais de transport et surtout, d'avoir un très bon bilan carbone. C'est un marché d'avenir ».
Lucile Ageron
Le bois-énergie, une activité parfois contraignante
Quant aux 150 mètres cubes de bois non-utilisés, c'est en 2007 qu'il trouve une solution pour les valoriser : le Gaec investit alors un peu plus de 80 000 euros dans une deuxième chaufferie, un peu particulière... « Elle, ainsi que le silo, sont installés sur une benne. Nous pouvons ensuite les transporter pour les louer. En hiver, nous travaillons avec une entreprise de construction de matériel agricole à Beaulieu et l'été, elle est utilisée pour sécher du tabac. L'activité bois a engendré de gros investissements, car il a fallu acheter aussi un treuil et une grue pour le transport, un chargeur, et fabriquer un tapis pour livrer notre bois car nous fournissons notre locataire tout l'hiver », explique Joël Cony. Il profite également de cette vague d'innovations pour adapter son séchoir à noix afin de pouvoir sécher la totalité de sa production par ce mode de chauffage. C'est ainsi que depuis trois ans, le Gaec des signaux - exploitation reprise de père en fils depuis trois générations - a diversifié son activité et est devenu fournisseur et livreur de bois déchiqueté.
Une activité qui s'étale tout au long de l'année, « l'hiver, on coupe le bois et on broie au printemps. Ensuite, nous livrons toute l'année, sauf durant la saison des noix. C'est une activité à temps plein, parfois astreignante précise l'agriculteur. Pour le stockage, je n'ai pas encore de bâtiment, alors on le fait sur l'exploitation, sous des bâches. C'est parfois contraignant, notamment lorsqu'il neige... » Et comme la demande s'est élargie - « je fournis mes deux soeurs ainsi que quelques particuliers de la région » - il propose désormais deux sortes de copeaux : ceux issus des noyers, et ceux issus de différentes variétés de bois (châtaignier, fresnes, charmilles, chênes...) coupés dans la forêt locale, à raison d'un hectare et demi par an.
Une énergie pour faire travailler la main-d'oeuvre locale
Pourtant, même si cette diversification d'activité lui plaît, il reconnaît qu'elle ne lui permet pas encore de dégager de grosses marges. « Aujourd'hui, cela nous fait du travail en plus, mais si nous n'avions pas ces contrats de location, nous n'aurions jamais pu payer cette deuxième chaufferie. Ce que nous gagnons sert en fait à rembourser le prêt que nous avons contracté pour huit ans », confie-t-il. Et après ? « J'espère ne pas avoir trop de problèmes mécaniques sur les machines, car c'est à ce moment-là que je pourrais espérer tirer un bénéfice. Il y a toujours un peu d'entretien à faire, et je me rends compte qu'on dépense très vite ce que l'on gagne », s'interroge Joël Cony.
Même s'il reste prudent par rapport à l'avenir, il pense pourtant que cette nouvelle source d'énergie est une bonne façon de valoriser le bois régional : « Lorsque des collectivités locales installent de grosses chaufferies, elles donnent du travail à la main-d'oeuvre locale. Transformer du bois en bois-énergie, c'est simple, n'importe quel agriculteur peut le faire. Cette matière est sous-exploitée. Pourtant, l'utiliser permettrait de limiter les frais de transport et surtout, d'avoir un très bon bilan carbone. C'est un marché d'avenir ».