Carine Detet, candidate à l'installation en agriculture biologique dans le canton d'Heyrieux
« S'installer en bio n'est pas plus onéreux »
Fortement aidée, la bio retient de plus en plus souvent l'attention des candidats à l'installation. L'affluence était donc au rendez-vous, le 15 novembre, à Saint-Hilaire-de-la-Côte, pour la journée « S'installer en agriculture biologique » organisée par l'Adasea. Carine Detet était l'une des cinquante participants. Elle veut élever des poules pondeuses et des poulets de chair pour les vendre à la ferme.
Carine Detet fait partie des quelques 350 porteurs de projet inscrits au répertoire départemental à l'installation (RDI), un chiffre en forte hausse depuis l'an dernier, du fait du boom des inscriptions. Depuis le début de la crise économique, « l'instabilité du marché du travail incite les gens à créer leur propre emploi », explique l'association départementale pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles (Adasea), qui gère le RDI. « A force d'enchaîner les CDD, on se dit qu'il faut se lancer », confirme Carine Detet, qui a travaillé dans le domaine de la vente avant de se consacrer à l'éducation de ses quatre enfants.
Produisant déjà elle-même la plupart des produits alimentaires consommés par le foyer, cette mère de famille carressait déjà depuis plusieurs années l'idée de devenir agricultrice. Ni la conjoncture agricole, ni la difficulté à trouver du foncier pour les plus de 80 % de candidats qui s'installent hors cadre familial ne l'ont découragée. Depuis la rentrée de septembre, la jeune femme suit une formation de responsable d'exploitation agricole au CFPPA* de La Côte-Saint-André. Si tout va bien, dans un an, elle sera titulaire d'un brevet professionnel en polyculture-élevage. Elle renforcera ainsi la tendance à un niveau de formation croissant des candidats à l'installation. Près des deux tiers possèdent un diplôme agricole de niveau IV ou supérieur.
Des projets de plus en plus variés
Comme la plupart des projets inscrits au RDI (67 %), celui de Carine Detet porte sur une activité d'élevage. En l'occurrence, celui de poulets de chair, de poules pondeuses et de dindes (pour les fêtes de fin d'année).
Ce choix constitue une première originalité : les projets avicoles viennent loin après ceux d'élevages bovins, ovins, caprins et même équestres, qui regroupent près des deux tiers des productions principales envisagées.
Souhaitant écouler l'ensemble de sa production en direct, Carine Detet illustre une autre tendance émergente : 19 des 52 installations approuvées par la commission départementale d'orientation de l'agriculture l'an dernier prévoyaient une commercialisation en circuits courts.
C'est ce qui l'a amenée à s'interroger sur l'opportunité d'intégrer le cahier des charges de l'agriculture biologique, qui permettrait à la candidate à l'installation de se démarquer de la concurrence. « J'y réfléchis sérieusement, car l'avantage de la bio, c'est que les clients ne se posent plus aucune question sur les conditions dans lesquelles a été élevée la volaille qu'ils achètent lorsqu'ils voient le logo AB ».
« Une journée très complète »
Carine Detet s'est donc rendue à la journée « S'installer en agriculture biologique » organisée par l'Adasea le 15 novembre. L'évènement, qui a rassemblé une cinquantaine de personnes à Saint-Hilaire-de-la-Côte, a permis à la chambre d'agriculture de l'Isère, à l'interprofession Appui bio et à l'association pour le développement de l'agriculture biologique dans l'Ain, l'Isère et les deux Savoie (Adabio) de retracer l'histoire de l'agriculture biologique, de dire son poids dans la région et de présenter le cahier des charges de l'AB, les aides à la conversion, ainsi que les rôles de chacun des organismes partenaires de la journée. Mais les candidats ont également engrangé de nombreuses informations lors des ateliers spécifiques à la polyculture-élevage, au maraîchage, à l'arboriculture et aux petits élevages organisés l'après-midi en mobilisant une demie douzaine de professionnels. Au final, ce fut « une journée très complète », estime Carine Detet, qui a notamment appris que l'installation sur des terres non labellisées AB n'était pas un obstacle à l'adoption de ce système de production. « Il faut simplement entamer la conversion. Cela suppose de laisser s'écouler un certain délai avant de pouvoir se prévaloir du label, mais cela ne me semble pas gênant, dans la mesure où l'on peut informer ses clients de sa démarche », commente la porteuse de projet.
Neuf installations en bio l'an dernier
Comme le label AB « correspond à ce qu'elle veut faire », c'est-à-dire « travailler de manière aussi naturelle que possible », il y a des chances que le projet de Carine Detet débouche sur une installation en agriculture biologique. « Cela ne me semble pas particulièrement compliqué de mener la conversion à l'agriculture biologique pendant mes premières années d'activité, confie la jeune femme. Au contraire, si je me décide à adopter ce système de production, je préfère intégrer le cahier des charges de l'AB dès le démarrage de l'activité, quitte à investir un peu plus au début pour limiter les dépenses futures. Surtout qu'en comptant les différentes aides au développement de la bio, on constate que s'installer en bio n'est pas plus onéreux ». Tandis que les perspectives de valorisation, surtout en vente directe, sont meilleures. Ce fait explique sans doute que, l'an dernier, neuf des 52 agriculteurs nouvellement installés en touchant la dotation jeune agriculteur (DJA) aient fait le choix de la bio. Sans oublier que ce chiffre ne comprend pas les installations non aidées, qui font plus souvent le choix de la bio que les autres, ni les nouveaux agriculteurs qui projettent une conversion dans les années suivant l'installation.
Cécile Fandos
*CFPPA : centre de formation professionnelle et de promotion agricole.
Produisant déjà elle-même la plupart des produits alimentaires consommés par le foyer, cette mère de famille carressait déjà depuis plusieurs années l'idée de devenir agricultrice. Ni la conjoncture agricole, ni la difficulté à trouver du foncier pour les plus de 80 % de candidats qui s'installent hors cadre familial ne l'ont découragée. Depuis la rentrée de septembre, la jeune femme suit une formation de responsable d'exploitation agricole au CFPPA* de La Côte-Saint-André. Si tout va bien, dans un an, elle sera titulaire d'un brevet professionnel en polyculture-élevage. Elle renforcera ainsi la tendance à un niveau de formation croissant des candidats à l'installation. Près des deux tiers possèdent un diplôme agricole de niveau IV ou supérieur.
Des projets de plus en plus variés
Comme la plupart des projets inscrits au RDI (67 %), celui de Carine Detet porte sur une activité d'élevage. En l'occurrence, celui de poulets de chair, de poules pondeuses et de dindes (pour les fêtes de fin d'année).
Ce choix constitue une première originalité : les projets avicoles viennent loin après ceux d'élevages bovins, ovins, caprins et même équestres, qui regroupent près des deux tiers des productions principales envisagées.
Souhaitant écouler l'ensemble de sa production en direct, Carine Detet illustre une autre tendance émergente : 19 des 52 installations approuvées par la commission départementale d'orientation de l'agriculture l'an dernier prévoyaient une commercialisation en circuits courts.
C'est ce qui l'a amenée à s'interroger sur l'opportunité d'intégrer le cahier des charges de l'agriculture biologique, qui permettrait à la candidate à l'installation de se démarquer de la concurrence. « J'y réfléchis sérieusement, car l'avantage de la bio, c'est que les clients ne se posent plus aucune question sur les conditions dans lesquelles a été élevée la volaille qu'ils achètent lorsqu'ils voient le logo AB ».
« Une journée très complète »
Carine Detet s'est donc rendue à la journée « S'installer en agriculture biologique » organisée par l'Adasea le 15 novembre. L'évènement, qui a rassemblé une cinquantaine de personnes à Saint-Hilaire-de-la-Côte, a permis à la chambre d'agriculture de l'Isère, à l'interprofession Appui bio et à l'association pour le développement de l'agriculture biologique dans l'Ain, l'Isère et les deux Savoie (Adabio) de retracer l'histoire de l'agriculture biologique, de dire son poids dans la région et de présenter le cahier des charges de l'AB, les aides à la conversion, ainsi que les rôles de chacun des organismes partenaires de la journée. Mais les candidats ont également engrangé de nombreuses informations lors des ateliers spécifiques à la polyculture-élevage, au maraîchage, à l'arboriculture et aux petits élevages organisés l'après-midi en mobilisant une demie douzaine de professionnels. Au final, ce fut « une journée très complète », estime Carine Detet, qui a notamment appris que l'installation sur des terres non labellisées AB n'était pas un obstacle à l'adoption de ce système de production. « Il faut simplement entamer la conversion. Cela suppose de laisser s'écouler un certain délai avant de pouvoir se prévaloir du label, mais cela ne me semble pas gênant, dans la mesure où l'on peut informer ses clients de sa démarche », commente la porteuse de projet.
Neuf installations en bio l'an dernier
Comme le label AB « correspond à ce qu'elle veut faire », c'est-à-dire « travailler de manière aussi naturelle que possible », il y a des chances que le projet de Carine Detet débouche sur une installation en agriculture biologique. « Cela ne me semble pas particulièrement compliqué de mener la conversion à l'agriculture biologique pendant mes premières années d'activité, confie la jeune femme. Au contraire, si je me décide à adopter ce système de production, je préfère intégrer le cahier des charges de l'AB dès le démarrage de l'activité, quitte à investir un peu plus au début pour limiter les dépenses futures. Surtout qu'en comptant les différentes aides au développement de la bio, on constate que s'installer en bio n'est pas plus onéreux ». Tandis que les perspectives de valorisation, surtout en vente directe, sont meilleures. Ce fait explique sans doute que, l'an dernier, neuf des 52 agriculteurs nouvellement installés en touchant la dotation jeune agriculteur (DJA) aient fait le choix de la bio. Sans oublier que ce chiffre ne comprend pas les installations non aidées, qui font plus souvent le choix de la bio que les autres, ni les nouveaux agriculteurs qui projettent une conversion dans les années suivant l'installation.
*CFPPA : centre de formation professionnelle et de promotion agricole.