Accès au contenu
Amendements

Il y a compost et compost

Meilleure gestion des déjections animales, recyclage, réduction des apports d'engrais, entretien de l'humus des sols... les composts ont la cote. Mais pour les valoriser, il est essentiel de bien les connaître et de les utiliser à bon escient.
Il y a compost et compost

Un compost est produit par une transformation spécifique de matières organiques, basée sur un processus d'aération, avec des montées en température à plus de 50 °C pendant une durée suffisante, et une phase de maturation. Certaines matières (boues, lisiers,...) doivent être mélangées au préalable à un structurant ligneux.

Un « vrai » compost :

- est noir, peu odorant, homogène ;
- est exempt de graines viables d'adventices ;
- contient de la matière organique stable en proportion importante, d'où sa valeur amendante.

La qualité des composts résulte de celle des matières premières et de la maîtrise du processus de compostage.

Des traits communs et des spécificités

Des composts sont produits en Isère à partir de différentes matières : fumiers, déchets verts, boues urbaines et industrielles, déchets ménagers,... Leurs caractéristiques varient fortement selon leur origine, leur mode de fabrication, et même entre lots. Il n'y pas un, mais des composts.

Tous ces composts :

- apportent de la matière organique, plus ou moins stabilisée selon les matières premières et le process de compostage (conditions, durée, criblage...) ;
- sont riches en éléments fertilisants, contribuant à satisfaire les besoins des cultures suivant l'apport. (voir tableau)

Mais ils ont chacun des spécificités.
Par exemple :
- les composts de boues (composts de « MIATE » ) sont souvent très riches en azote et phosphore ;
- les composts de déchets verts seuls libèrent très lentement leur azote mais apportent de la matière organique stable ;
- les composts de fumier présentent de moindres risques d'inertes indésirables et de contaminants organiques ou métalliques.

 

Photo 2 : compost de MIATE

 

Teneurs moyennes en fertilisants de différents types de composts utilisés en Isère (comparées à un fumier de bovin)

Type Teneurs en fertilisants (kg / t)       Azote    Phosphore      Potasse
Fumier bovin pailleux (1)                         5             2,5               8
Compost fumier bovin (1)                        7             5                 15
Compost fumier bovin + déchets verts (1) 6            4                   9
Compost déchets verts (3)                      10            4                   8
Compost boues + déchets verts (2)       8 à 29       9 à 29         5 à 10
Compost déchets ménagers (2)            12 à 19       5 à 12          5 à 8
Sources :
(1) Teneurs moyennes Ref régional AP du 20/11/2008
(2) Synthèse MESE 38 à partir de données des producteurs de composts de l'Isère
(3) ARACQ 2011 – bilan de la composition des composts au sein de l'association ARACQ (teneurs moyennes 2005-2010)

 

 

 

Quel compost choisir ? Faire sous forme de schéma

En l'absence de matière organique disponible dans l'exploitation, il est possible d'utiliser des composts extérieurs. Mais quel type privilégier ?

Un choix adapté à sa situation :
• besoin prioritaire en matière organique ou plutôt en fertilisants,
• zone de captage sensible aux excès d'azote ou à d'autres contaminants,
• production excluant certains composts, ou particulièrement sensibles aux pathogènes (maraîchage, agriculture biologique, contrats de production spécifiques...)

Une qualité correcte et connue :
• connaissance de l'origine et de la valeur du compost,
• aspect indiquant un produit bien composté,
• absence d'indésirables (verre, plastique), faible teneur en polluants

Sans oublier les aspects pratiques :
• proximité,
• prix,
• matériel ou entreprise permettant d'épandre à la dose conseillée...

A quelle dose épandre ?

Il faut conjuguer besoin en matière organique, apports en fertilisants par le compost et cumul limité en contaminants. Pour cela, veiller à ne pas dépasser la dose prescrite.
Vu la grande variabilité des composts, les doses et fréquences optimales ne sont pas uniformes.

En moyenne, les doses préconisées sont souvent de l'ordre de
• 10 - 20 t/ha tous les 2 à 3 ans pour des composts de fumier bovin ou de déchets verts
• 10 - 12 t/ha tous les 2 à 3 ans pour des composts de boues

Même si l'objectif premier est l'apport de matière organique, le compost permet de réduire les doses d'engrais. On compte en moyenne une disponibilité pour la culture suivante de 10 à 20 % de l'azote (un peu moins pour un compost mûr de déchets verts). Mais des épandages réguliers peuvent augmenter à terme les fournitures en azote. Et il ne faut pas oublier l'apport significatif en phosphore et potasse.

 

Encadré

Mon compost est-il de qualité ?

=> Si je produis mon compost : je veille à la propreté des déchets verts éventuellement reçus, à la composition du mélange (équilibre C/N, humidité...), à l'aération, à la température, ...
=> Je sens, j'observe : odeur, couleur, humidité, homogénéité, présence d'indésirables (plastiques...)
=> Tout n'est pas visible : je demande l'analyse de mon lot de compost.
Je consulte la fiche de marquage du lot de compost que je reçois (obligatoirement fournie pour les composts normalisés) avec la composition en principaux éléments fertilisants et la dose préconisée.
Je me renseigne sur l'origine du compost, je visite le centre de compostage...
Robinson Stieven, Elisabeth Jacquet, Camille Chenavier
Chambre d'agriculture de l'Isère