Variétés anciennes de fruits
Ils développent un verger conservatoire
Depuis le mois d'avril, Luc Tirard-Gatel s'est associé en Gaec avec Denis Rouvière, à Charnècles. Ensemble, ils se spécialisent dans la production de fruits et légumes bio. Et étudient différentes variétés anciennes de pêches et abricots au sein d'un verger conservatoire.
En 1996, Luc Tirard-Gatel reprend l'exploitation de son grand-père, la ferme du grand chemin, à Charnècles. Ce n'est que depuis le mois d'avril qu'il s'est associé en Gaec avec Denis Rouvière. « Avant, je cultivais des fruits et j'avais aussi quelques vaches laitières. J'ai dû arrêter cette dernière activité car, ma ferme se trouvant au centre du village, je ne pouvais pas mettre l'exploitation aux normes. Je ne voulais pas non plus déménager. J'ai donc bénéficié de l'aide à la cessation d'activité laitière et j'ai présenté à l'Adasea (association départementale pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles) un projet pour la culture de légumes. C'est par ce biais-là que j'ai rencontré Denis Rouvière et nous nous sommes associés en Gaec », raconte-t-il. Un associé plutôt atypique car c'est un ancien technicien en micro-électronique. Une reconversion qui peut paraître surprenante mais, pour lui, ce n'est que la suite logique de sa carrière. « J'ai toujours voulu être agriculteur. Sauf que n'étant pas issu de ce milieu-là, je n'ai pu suivre cette envie au moment de faire mes études ».
Plus de 80 variétés dans le verger
Luc Tirard-Gatel et Denis Rouvière s'occupent d'un verger conservatoire. Un projet né en 2000. « Lorsque mon grand-père était agriculteur, il faisait de la vente directe de pêches. J'ai voulu continuer cette activité qui nécessite de récolter les pêches mures sur l'arbre, tous les deux jours. Or, il était difficile de trouver des arbres pour renouveller ce type de verger, car j'étais très intéressé pour conserver ces variétés anciennes », raconte Luc Tirard-Gatel.
Il se met donc en quête de ces arbres et croise le chemin de Christophe Delay, pépiniériste et membre de l'association des Croqueurs de pommes des Balmes dauphinoises, association qui soutient et veille à la survie de variétés anciennes. Ensemble, ils décident de créer un verger conservatoire de pêches et d'abricots. « L'association me fournit gratuitement en arbres et je me charge ensuite du suivi et de l'entretien du verger », précise l'agriculteur. Au total, ils cultivent 63 variétés de pêches et une vingtaine en abricots. « Nous plantons trois arbres par variété. Pour les abricots, la seule différence est que l'on rajoute un porte-greffe différent, détaille Luc Tirard-Gatel. Il est intéressant de cultiver ce type de variétés car elles se conduisent plutôt bien en agriculture biologique. A l'époque, les agriculteurs n'avaient pas autant de produits chimiques et donc, ces variétés ont développé une bonne résistance aux maladies, par exemple ». Les fruits sont ensuite vendus directement aux consommateurs, « qui ne rechignent pas à acheter des pêches vertes et bosselées. Ils ont l'habitude ».
Une volonté : la vente directe
Aujourd'hui, les deux hommes continuent à développer l'exploitation. La cueillette des fruits - bio depuis dix ans - est principalement vendue directement aux consommateurs. Un magasin a d'ailleurs été aménagé au sein même de l'exploitation et Luc Tirard-Gatel fournit aussi "Le bouquet paysan", magasin de producteurs situé à Apprieu. Quant aux légumes, les clients viennent les cueillir directement dans le champ. « Nous venons d'attaquer cette nouvelle activité, mais les débuts sont satisfaisants. Nous comptons beaucoup sur le bouche-à-oreille », expliquent les associés. Comme pour les fruits, ils souhaitent se tourner vers l'agriculture biologique. « Nous en sommes qu'à notre première année de conversion », précisent-ils.
Quant au verger, il connaît son succès. L'Institut national de la recherche agronomique (INRA) est même venu, il y a deux ans, chercher des greffons de plusieurs variétés, « car nous sommes les seuls à posséder certaines d'entre elles ». Et grâce à leurs observations, Christophe Delay peut conseiller au mieux ses futurs clients sur les rendements et le comportement des arbres en fonction du terrain. Une formule qui, selon les deux collaborateurs, semble avoir de l'avenir. Ils pensent d'ailleurs à agrandir leur verger conservatoire en plantant des pommes et des petits fruits.
Lucile Ageron
Plus de 80 variétés dans le verger
Luc Tirard-Gatel et Denis Rouvière s'occupent d'un verger conservatoire. Un projet né en 2000. « Lorsque mon grand-père était agriculteur, il faisait de la vente directe de pêches. J'ai voulu continuer cette activité qui nécessite de récolter les pêches mures sur l'arbre, tous les deux jours. Or, il était difficile de trouver des arbres pour renouveller ce type de verger, car j'étais très intéressé pour conserver ces variétés anciennes », raconte Luc Tirard-Gatel.
Il se met donc en quête de ces arbres et croise le chemin de Christophe Delay, pépiniériste et membre de l'association des Croqueurs de pommes des Balmes dauphinoises, association qui soutient et veille à la survie de variétés anciennes. Ensemble, ils décident de créer un verger conservatoire de pêches et d'abricots. « L'association me fournit gratuitement en arbres et je me charge ensuite du suivi et de l'entretien du verger », précise l'agriculteur. Au total, ils cultivent 63 variétés de pêches et une vingtaine en abricots. « Nous plantons trois arbres par variété. Pour les abricots, la seule différence est que l'on rajoute un porte-greffe différent, détaille Luc Tirard-Gatel. Il est intéressant de cultiver ce type de variétés car elles se conduisent plutôt bien en agriculture biologique. A l'époque, les agriculteurs n'avaient pas autant de produits chimiques et donc, ces variétés ont développé une bonne résistance aux maladies, par exemple ». Les fruits sont ensuite vendus directement aux consommateurs, « qui ne rechignent pas à acheter des pêches vertes et bosselées. Ils ont l'habitude ».
Une volonté : la vente directe
Aujourd'hui, les deux hommes continuent à développer l'exploitation. La cueillette des fruits - bio depuis dix ans - est principalement vendue directement aux consommateurs. Un magasin a d'ailleurs été aménagé au sein même de l'exploitation et Luc Tirard-Gatel fournit aussi "Le bouquet paysan", magasin de producteurs situé à Apprieu. Quant aux légumes, les clients viennent les cueillir directement dans le champ. « Nous venons d'attaquer cette nouvelle activité, mais les débuts sont satisfaisants. Nous comptons beaucoup sur le bouche-à-oreille », expliquent les associés. Comme pour les fruits, ils souhaitent se tourner vers l'agriculture biologique. « Nous en sommes qu'à notre première année de conversion », précisent-ils.
Quant au verger, il connaît son succès. L'Institut national de la recherche agronomique (INRA) est même venu, il y a deux ans, chercher des greffons de plusieurs variétés, « car nous sommes les seuls à posséder certaines d'entre elles ». Et grâce à leurs observations, Christophe Delay peut conseiller au mieux ses futurs clients sur les rendements et le comportement des arbres en fonction du terrain. Une formule qui, selon les deux collaborateurs, semble avoir de l'avenir. Ils pensent d'ailleurs à agrandir leur verger conservatoire en plantant des pommes et des petits fruits.