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Jeanne Sappey

Ils la portent dans leur coeur

Cinq jours de fête animent Viriville chaque année depuis 214 ans. Une animation collée à l'identité du village de la Bièvre.
Ils la portent dans leur coeur

Pour le secteur, l'événement passe avant LA Beaucroissant, c'est dire. « A Viriville, il y a deux événement dans la vie des gens : Noël et la Jeanne Sappey », indique une habitante fine connaisseuse du dossier puisqu'elle a fait partie du comité d'organisation pendant plusieurs des années. « Le comité est en train de se renouveler, nous sommes en période de transition, mais il y a toujours des volontaires qui se présentent tellement cette fête, la 214ème, est ancrée dans les mœurs locales », dit-elle.

Affluence

Car la Jeanne Sappey est attachée à ce territoire depuis 1802, année du legs de son patrimoine par une habitante aux jeunes célibataires virivillois à condition qu'ils organisent une fête annuelle en son honneur. Et la tradition a pris. D'une durée de cinq jours, cet événement accueille environ 25 000 personnes selon les estimations des différents co-organisateurs, mairie, association des conscrits et comité des fêtes. Un décompte précis n'a jamais été réalisé, les accès étant totalement gratuits pour toute la durée de la fête, « mais il est impressionnant de voir le monde qu'il y a le mardi soir pour le défilé nocturne des chars », s'émerveille Bernard Gilet, maire de la commune. « On peut compter 10 000 personnes rien que pour cette soirée. C'est une autre façon de voir ce défilé d'une quinzaine de chars qui a déjà eu lieu le dimanche après-midi, en plein jour. En nocturne, on assiste à un spectacle différent. »
Au menu des Virivillois, mais aussi de tous les badauds qui viennent quelquefois de loin (« L'aura est régionale », confie le maire), bals, repas, défilés de chars, feux d'artifices, jeux pour les enfants, concours de boules, foire aux célibataires et soupe au pistou. Le tout sera harmonieusement réparti tout au long de ces cinq jours essentiels au village.

Un mot, un couple

« La foire aux célibataires est un moment folklorique, mais bien agréable », souligne le maire. Le principe est d'accrocher un cœur, bleu pour les hommes, rose pour les femmes, à la boutonnière avec un mot dessus. Les deux personnes qui ont le même mot peuvent passer la soirée ensemble à la fête... voire plus. « C'est une animation amusante et qui permet de créer des liens, de là à dire qu'il y a des couples qui se forment, c'est autre chose, confie une habitante. Pour ma part, c'est parce que je faisais partie du comité des fêtes que j'ai rencontré mon mari... »
Un autre rendez-vous, le dimanche matin, provoque une belle animation : celle du tir à l'oie. Celles-ci, mortes évidemment, sont « écartelées » par des engins motorisées mais complètement bricolés. Pétarades, fumée, bruit et rires garantis, même si la mairie reconnaît recevoir quelques courriers depuis quelques années s'émouvant de ce spectacle.
Une énigme reste cependant à élucider : l'origine de la soupe au pistou, clou des festivités le mercredi soir. On ne sait pas pourquoi une telle soupe, confectionnée par des bénévoles localement et en grande quantité, alors que la recette est traditionnellement plus au sud. « Parce que nous sommes au Midi moins le quart et que Viriville est toujours en avance sur son temps », plaisante Bernard Gilet. En revanche, l'édile trouve formidable l'espérance que l'attente de cette fête villageoise fait naître chez tous les enfants du village et l'émerveillement dont ils font preuve lors des animations, feux d'artifice ou défilé de chars. Un sentiment qui favorise les échanges ensuite entre les habitants. Et si le bonheur partait de là ?

Jean-Marc Emprin

Retrouvez les informations sur la fête sur terredauphinoise.fr