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Oisans

Ils ont suivi la transhumance aux côtés des éleveurs

TRANSHUMANCE/ Dans le parc national des Ecrins, depuis quatre ans, Karin et Joël Ganot invitent leurs clients à les suivre, lors de leur traditionnelle transhumance. Cette année, ils étaient une cinquantaine à suivre la montée vers l'alpage de la Lavey.
Ils ont suivi la transhumance aux côtés des éleveurs
Chaussures de marche, bâton de randonnée en main, ils étaient une cinquantaine, jeudi 9 juin, à attendre le départ de la transhumance, au hameau de Champhorent, à Saint-Christophe-en-Oisans. Dès 8 heures, les 400 brebis de Joël et Karin Ganot se sont mis en marche. Direction l'alpage de la Lavey, dans le massif des Ecrins.

Un élevage traditionnel
Depuis quatre ans, ce couple d'éleveurs-producteurs d'ovins (croisement préalpes-mérinos) propose à ses clients de les accompagner lors de la transhumance. « Sur les marchés, ils nous demandent souvent comment sont élevées nos bêtes, quelle est leur nourriture, où elles sont durant l'été... Alors, nous avons décidé de leur montrer notre façon de travailler et de les inviter lors de la transhumance. Ainsi, ils voient la face cachée de notre profession », explique Karin Ganot.
Cette profession, Joël Ganot l'exerce depuis 1980, date de son installation à Bourg d'Oisans. Rejoint quelques années plus tard par Karin, il élève ses bêtes essentiellement pour la consommation de viande. « Nous faisons tout nous-mêmes. Nous avons juste un boucher qui vient deux fois par semaine, car nous ne pouvons pas tout faire seuls », précise l'éleveur. Avec sa femme, ils se rendent sur les marchés depuis sept ans, cinq fois par semaine dans l'agglomération grenobloise. « Cela nécessite une organisation précise. Nous nous levons vers 1h30 pour découper la viande avant de partir, et nous la vendons ensuite, le même jour, dès 6 heures sur le marché », ajoute-t-il.

Faire découvrir leur métier
Un rendez-vous qu'ils ne manqueraient pour rien au monde. « Au-delà du plaisir de vendre directement à nos clients, des liens se tissent avec eux. Ils sont très fidèles ! A tel point que nous nous inquiétons facilement si l'un d'entre eux n'est pas venu. Nous avons un contact privilégié avec eux, et comme nous n'avons pas trop le temps de discuter avec eux sur le marché, nous en profitons aujourd'hui, lors de la transhumance », raconte Karin Ganot. Un accueil chaleureux qui semble faire partie du succès de la journée, comme le confirment Anne Reber et Eliane Gaumert, toutes deux clientes : « On vient par sympathie pour les éleveurs, et c'est vrai que cette journée nous permet de mieux connaître leur activité ». « Le lien qui se crée avec eux est une motivation supplémentaire pour venir. Même par mauvais temps, c'est une balade agréable », note Alain et Dragica Blanc, qui suivent la transhumance depuis trois ans.
Arrivés à la cabane de la Lavey, les éleveurs n'oublient pas de faire connaître leurs produits en proposant aux randonneurs une dégustation, avant de reprendre le chemin du retour. Sans leurs bêtes cette fois, qui ne redescendront que fin septembre de l'alpage.
Lucile Ageron