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Emploi

Insertion et formation : les clés de l'emploi dans le BTP

Pour que leurs salariés répondent à leurs besoins, les entreprises du BTP utilisent les services des Groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification. L'exemple du Geiq BTP Ida à Saint-Maurice-l'Exil.
Insertion et formation : les clés de l'emploi dans le BTP

C'est un important besoin en personnel formé et qualifié qui est l'origine du Geiq BTP Ida (Groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification Isère Drôme Ardèche). C'était en 1995, et ils faisaient partie des premiers Geiq créés en France. Quatre chefs d'entreprises s'étaient alors regroupés pour mettre en commun leurs moyens afin de former des personnes éloignées de l'emploi mais motivées, aux métiers du BTP. Depuis, l'idée a fait son chemin et la structure n'a cessé de croître. Elle compte aujourd'hui 140 entreprises adhérentes, 120 salariés mis à disposition de ces mêmes entreprises et pas moins de huit permanents.

Une fine sélection de candidats

Le succés de l'initiative est bien au rendez-vous. Dans 80 % des situations, les salariés, embauchés dans un premier temps par le Geiq en contrats d'alternance d'une durée moyenne de deux ans, sont ensuite directement employés par l'entreprise. Mais pour atteindre ce résultat, rien n'est laissé au hasard. Les candidats au Geiq (jeunes sans diplôme, qualification et expérience, jeunes ayant déjà travaillé qui souhaitent un emploi stable ou personnes plus agées en reconversion professionnelle) font l'objet d'une fine sélection pour mesurer, non pas leurs compétences, mais leur motivation et leur potentiel. Le succès de l'opération repose sur une trés bonne connaissance des métiers du BTP et des formations existantes dans toute la France par les permanents du Geiq, et une grande proximité entre eux et les entreprises adhérentes, « qui nous font confiance sur des savoir-faire à venir », explique Mickaël Court, directeur du Geiq BTP Isère Drôme Ardèche.

Un double tutorat

Jusqu'à présent, ce pari sur l'avenir réussit aux entreprises. Même si l'investissement en temps et en formation est lourd (entre 20 et 50 % du temps global), elles s'y retrouvent. Car, en contrepartie, le Geiq assure toutes les tâches administratives liées à l'embauche et surtout gère l'ensemble des demandes des salariés, qui, en insertion, sont souvent confrontés à d'autres problématiques, comme la mobilité, la santé, la justice... « Ce système de double tutorat (transmission des compétences  techniques par les entreprises et accompagnement socio-professionnel des permanents) attire les sociétés, car cela leur permet d'être uniquement centrée sur leur coeur d'activité et de suivre avec attention le parcours de chacun. Pour être efficace dans ces domaines périphériques à l'emploi, nous mobilisons différents partenaires qui vont donner un coup de pouce à nos candidats. La mobilité, par exemple, ce n'est qu'un détail, mais un détail indispensable. Pour les aider sur le sujet, nous les mettons en relation avec l'association « aide auto 38 », insiste Mickaël Court.

Transmettre le métier

Même si actuellement, avec la crise, le marché de l'emploi compte plus de personnes qualifiées et disponibles, les entreprises du BTP restent attachées à l'apprentissage. Pour le directeur de la structure, « dans ce domaine, c'est culturel de transmettre le métier aux jeunes pour en assurer la relève ». Mais il reconnaît que les exigences des entreprises s'en trouvent accrues, et que les permanents du Geiq doivent être encore plus attentifs aux sélections des candidats, à leur capacité à apprendre et à la pertinence des projets de formation.

Isabelle Brenguier

Du BTP à l'agriculture

Pour Mickaël Court, directeur du Geiq BTP Isère Drôme Ardèche, il existe de nombreuses similitudes entre le monde agricole et celui du BTP, notamment concernant les valeurs de travail et de goût de l'effort, ainsi que dans l'état d'esprit des agricuteurs, qui sont, comme les chefs d'entreprises, très pragmatiques. Et comme le milieu agricole, le BTP souffre d'une image pas toujours facile. « Mais on se soigne. La mécanique a beaucoup évolué et les vendeurs de matériaux ont adapté les poids. Ces améliorations engendrent aujourdhui bien moins de contraintes dans nos métiers », note Mickaël Court. « Et pour la petite histoire, ce sont les groupements d'employeurs agricoles qui sont à l'origine des Geiq » ajoute-t-il.
I.B.