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Pôle agroalimentaire

Is(h)ere à la conquête de l'Isère

Mercredi 27 juin, le Département et les partenaires du Pôle agroalimentaire isérois ont officiellement lancé la marque Is(h)ere dans une grande surface, chez un producteur de céréales et dans les jardins de la préfecture à Grenoble.
Is(h)ere à la conquête de l'Isère

Mettre l'Isère dans son assiette, tout en assurant aux producteurs une juste rémunération, c'est désormais possible. Lancée en grande pompe dans les jardins de la préfecture, à Grenoble, dans les rayons de Super U Pays-de-Bièvre, à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, et chez un producteur céréalier de Sardieu, la marque Is(h)ere est depuis mercredi une réalité tangible. Pour les consommateurs comme pour les producteurs.

Créée par le Pôle agroalimentaire isérois (1), cette nouvelle griffe s'affiche comme une déclinaison de la marque territoriale Alpes is(h)ere. Elle a pour vocation de soutenir les filières (production, transformation, distribution) de produits agricoles et agroalimentaires issus de l'Isère d'une part, et de garantir aux consommateurs la provenance territoriale, la qualité et la juste rémunération des agriculteurs pour les produits agréés d'autre part (2).

Juste rémunération

Par « juste rémunération », il faut entendre un prix payé à l'agriculteur qui couvre l'ensemble des dépenses engagées pour la production. « Les magasins, les artisans ou les industriels qui soutiennent ou demandent cette marque s'engagent à payer leurs achats de produits agricoles en prenant en compte les coûts de production », précisent les promoteurs de la marque. C'est ce que ce à quoi s'est engagé Ludovic Calloud : « Nous sommes proches des producteurs locaux depuis longtemps, explique le directeur du Super U de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs. Défendre la marque Is(h)ere participe de la même démarche. »

Fils de paysan, l'homme prend fait et cause pour le local et en paie le prix qu'en demandent les producteurs, non par affichage ni pour des raisons marketing, mais parce qu'il se sent « responsable ». Avec son équipe, ce mercredi matin, il a pris soin de mettre en scène les produits estampillés Is(h)ere, mais aussi les signes officiels de qualité locaux : la noix de Grenoble, le saint-marcellin, le génépi des Alpes et les ravioles du Dauphiné. Sur la banque trônent le murçon de Christian Boudes (Motte Viandes), les saucissons Moiroud (L'Isle-d'Abeau), la viande des Eleveurs de saveurs iséroises et les fromages de la laiterie du Mont Aiguille. Tous arborent le sticker de la marque Is(h)ere. Une manière de se rendre visible aux yeux des consommateurs en quête de local.

Se différencier

Pour les producteurs agréés, cette vitrine nouvelle fonctionne comme un tremplin. « La marque doit nous aider à faire connaître nos produits et surtout à développer les ventes dans le département, déclare Guillaume Ezingeard, de la ferme du Sabot, à Auberives-en-Royans. Nous faisons du fromage de chèvre, du saint-marcellin et du saint-félicien. Mais beaucoup d'autres producteurs en font. Pour nous la marque, c'est le moyen de nous différencier, mais aussi d'avoir un ticket d'entrée du côté de Grenoble et dans la petite région. »

Même préoccupation chez Luc Armanet, producteur de fraises à Bougé-Chambalud. « Je vend mes fruits à des centrales, au national, mais rien en Isère. Pour conquérir des marchés en produits locaux, il faut qu'on soit reconnu comme producteur isérois. Je crois à l'agriculture locale. C'est pour cela que je crois en la marque. Quand ce sera le moment de transmettre mon exploitation, je veux qu'elle soit viable et que le jeune qui s'installe ait des perspectives. Qu'il puisse continuer l'arboriculture. Je ne veux pas qu'il galère. Et ça, ça passe par la rémunération. Je n'adhère pas à la marque pour moi, mais pour assurer un futur aux jeunes et à l'agriculture locale. »

Marianne Boilève

(1) Le Pôle agroalimentaire isérois regroupe le Département, Grenoble-Alpes Métropole, le Pays voironnais et les quatre chambres consulaires.

(2) Les fruits, légumes et céréales doivent être cultivés en Isère ; la viande doit provenir d'un élevage isérois. Pour les produits transformés, l'atelier de fabrication doit être situé en Isère et les transformateurs doivent s'engager à utiliser des fruits, des légumes, de la viande produits en Isère.