Accès au contenu
Concours départemental d'élevage

« J'ai choisi la plus représentative de la race charolaise »

David Rivière, éleveur à Virieu et président de l'association des éleveurs de l'Isère, a été mandaté par le Herd-book charolais comme juge international au Danemark.
« J'ai choisi la plus représentative de la race charolaise »

« Juger en même temps des laitones de huit mois, des vaches, des génisses des taureaux adultes et de jeunes taureaux pour choisir le meilleur animal du concours n'est pas un exercice aisé. Alors j'ai choisi l'animal qui répondait le mieux aux critères de la race charolaise : une génisse de 18 mois. » David Rivière, éleveur à Virieu et président de l'association des éleveurs de l'Isère organisatrice du concours départemental d'élevage qui aura lieu à Saint-Chef du 23 au 25 août, rentre tout juste du Danemak. Il a été mandaté par le Herd-book charolais comme juge officiel du concours national Danemark Landsskuet 2019 qui s'est déroulé du 4 au 6 juillet dernier. C'est le grand salon de l'agriculture d'Europe du nord et un peu le graal des juges internationaux. « On y retrouve la qualité des animaux de Paris, l'effectif du Sommet de l'élevage et l'ambiance du Salon de l'herbe », ajoute l'éleveur. Ce Salon se tient tous les deux ans, dans une petite ville danoise, Herning, qui dispose d'un parc d'exposition de 30 hectares. David Rivière souligne les dimensions XXL de la manifestation qui réunit 500 vaches laitières, dont 350 prim'holstein, mais aussi des jersiaises, des bleues du Nord etc. Les vaches allaitantes étaient au nombre de 250 spécimens des races blonde d'Aquitaine, charolaise, limousine, angus, hereford, gallaway, dexter, highland cattle, murray grey, wagyy, piemontaises etc. Etaient représentées, les plus belles bêtes d'Europe du Nord, venues des Pays-Bas, de Suède, de Finlande ou du Danemark. Il y avait également 500 chevaux de race, des immenses shire anglais aux petits poneys. « Sans parler du matériel pour l'élevage et les cultures, décrit David Rivière. J'ai vu une houe mécanique de 12 mètres de large ! »  Le salon parvient à conjuguer une dimension professionnelle et familiale. On s'y déplace en famille pour voir les animaux, les chiens et le chats notamment, mais aussi pour choisir son sauna individuel ou ses fournitures de jardinage.

Ces expériences internationales revêtent un aspect formateur pour l'éleveur isérois qui apprécie l'échange avec les éleveurs danois et la découverte d'autres systèmes d'élevage. « Ce sont de grosses exploitations, avec beaucoup d'élevages hors-sol et de salariat », commente-t-il. C'est aussi une source d'inspiration pour les événements organisés en Isère.

Une ambiance « pro »

Agréé juge d'élite, David Rivière juge des animaux depuis 20 ans, soit 35 concours au compteur. Le fait de parler anglais lui permet d'évoluer dans des concours internationaux. « Au Danemark, j'ai jugé 70 charolaises. Le système est très particulier. Sur un hippodrome étaient réunies huit races de vaches allaitantes jugées en même temps. Plus loin, dans une carrière, se tenait le concours des chevaux et sous un chapiteau, le grand show des vaches laitières. C'est un sytème de jugement par points où le juge octroie entre 19 - la note la plus basse - et 23 points. La finale se déroule entre tous les animaux ayant obtenu 23 points ». C'est là que le frenchie a préféré une génisse à Légo, un magnifique taureau de 1 600 kilos qui avait la faveur du public. « J'ai non pas jugé le plus gros animal, mais celui qui avait le moins de défauts », indique David Rivière. Pendant trois jours, il a jugé les animaux en anglais, « parfois avec les mains, pour allier le geste à la parole. Tout était traduit en danois », ajoute-t-il. Il apprécie l'ambiance « très pro » de ce type de manifestation « avec des organisateurs respectueux, qui tiennent le timing ». Au Landsskuet, rien n'est laissé au hasard. L'organisation millimétrée se reflète jusque dans l'immense camping réservé aux éleveurs : 5 hectares pour les allaitants, 8 hectares pour les laitiers et chacun avec sa petite caravane et son auvent, bien rangé. Comme un village de Légo.

Isabelle Doucet