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Portrait

L'agriculteur foncièrement engagé

Exploitant en grandes cultures à Moirans, Jean-Pierre Michallat s'est engagé sur la liste "Avançons ensemble les pieds sur terre", espérant mettre son expertise foncière au service du collectif.
L'agriculteur foncièrement engagé

Jean-Pierre Michallat a l'engagement modeste. Agriculteur à Moirans, il cultive une quarantaine d'hectares (rotation maïs/soja) et fait pâturer quelques bêtes en pension sur ses prairies. Il y a des vaches, des chèvres, autant d'animaux rescapés, sauvés du naufrage par l'Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs (OABA). « Parce que la présence animale sur une exploitation, ça a du sens », explique-t-il sobrement. Mais aussi parce que c'est une manière discrète de s'engager. Comme il le fait depuis des années pour différentes causes, à commencer par celle des fermiers-métayers de l'Isère. Ce qui lui plaît dans ce genre d'aventure, c'est la richesse du rapport humain, l'écoute, la compréhension de l'autre, le partage. C'est d'ailleurs ce qui l'a conduit à rejoindre le syndicalisme, via la section des fermiers-métayers de la FDSEA, qu'il a pris en charge avec Martial Durand. Mais, prévient tout de suite Jean-Pierre Michallat, « je ne fais pas de politique, je ne suis pas idéologue. Les bonnes idées sont partagées par tout le monde ».

Défis fonciers

Il y a quelques semaines, l'agriculteur a accepté de figurer sur la liste d'ouverture présentée par la FDSEA et les JA aux élections de la chambre d'agriculture. « Pour rendre service », confie-t-il, mais aussi pour défendre des dossiers qui lui tiennent à cœur. Le foncier notamment, car « c'est la base absolue de toute agriculture ». Parmi les défis à relever pour la prochaine mandature, le candidat évoque la pérennisation de 1 500 hectares de terre à usage agricole dans le Nord Isère, la défense des terres agricoles à des fins alimentaires pour la production d'une alimentation locale de qualité et la présence d'un représentant des agriculteurs dans chaque conseil intercommunautaire. Des défis réalistes, que Jean-Pierre Michallat se sent capable de relever grâce à un travail d'équipe. « Je n'ai pas la science infuse, mais je connais un peu la question, argue-t-il. Je peux apporter ma pierre à l'édifice et faire des choses à ma mesure, en travaillant en tandem avec d'autres qui ont plus d'expérience. »

Diplomatie

La sienne n'en sera pas moins précieuse. Membre actif de la section des fermiers-métayers et de l'association des agriculteurs du Voironnais, président de l'association des digues et canaux, Jean-Pierre Michallat travaille depuis des années à tisser du lien entre propriétaires et exploitants, invitant les premiers à s'intéresser au travail des seconds pour éviter les éventuels conflits et enrayer la chute du nombre de baux. Un travail de fourmi, exigeant diplomatie et doigté, qui finit souvent par payer. Alors si ça marche au niveau local, pourquoi ne pas mettre cette expérience au service du collectif à l'échelle départementale ? Réponse fin janvier.

Marianne Boilève