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Environnement

L’agriculture, au coeur du plan climat des Vals du Dauphiné

La communauté de communes des Vals du Dauphiné poursuit la construction de son plan climat Air Energie territorial (PCAET). Après la phase de diagnostic, le temps est aux échanges et aux ateliers entre professionnels.
L’agriculture, au coeur du plan climat des Vals du Dauphiné

Le diagnostic Climat Air Energie a été publié par la communauté de communes des Vals du Dauphiné dans le cadre de leur PCAET. Les conclusions ne sont pas nouvelles : l'habitat, le transport local et de transit ainsi que l'agriculture sont les secteurs les plus émetteurs de GES et de polluants atmosphériques. Mais le diagnostic permet d'affiner l'analyse : 25% des maisons se chauffent au fuel et 33% au bois. Côté transport, le territoire est dépendant des énergies fossiles à hauteur de 58%. L'agriculture ne représente que 2% de la consommation d'énergie, là où le tourisme est à 27% mais elle représente 20% des GES... A partir de ses résultats, les VDD ont réuni les professionnels autour d'un premier « atelier stratégie » en février dernier afin d'échanger sur la trajectoire à prendre pour le territoire à horizon 2030. « Le but est de guider la réflexion et de lever les freins au développement de certaines actions », explique Raphaëlle Leboucher,responsable de la politique de développement durable à la communauté de communes.

La réalité du terrain

Selon les premiers échanges, les grandes pistes abordées sont la rénovation énergétique, la favorisation des mobilités douces telles que le covoiturage, la préservation des surfaces agricoles et le développement des énergies renouvelables dans le territoire. Par rapport à ces grands axes, chaque professionnel peut intervenir. « Ce sont pour l'instant de grandes généralités, des modèles statistiques appliqués au territoire des Vals du Dauphiné. On est chargés d'apporter la réalité du terrain », explique Thomas Béhal, chargé de mission à la chambre d'agriculture de l'Isère et Terraval'd. Prendre en compte les GES est primordial mais il faut prendre en compte l'ensemble du processus et des flux qui se mettent en place dans chaque secteur. « L'élevage est pointé du doigt pour les émissions de GES mais il faut prendre en compte l'aspect stockage de CO2 dans les prairies ou la lutte contre l'artificialisation des sols », illustre Thomas Béhal. Dans le diagnostic réalisé, il est ainsi précisé que les sols et forêts du territoire auraient stocké plus de 9 millions de tonnes de CO2. Pour les projets de méthanisation, le chargé de mission préconise d'étudier chacun des projets en discussion afin de prendre en compte les valeurs réelles d'émission de chacun d'eux et non pas une valeur statistique théorique.

Circuits courts et photovoltaïque

Parmi les grandes pistes dans le secteur agricole, un projet alimentaire territorialisé a été énoncé, ainsi que le développement des circuits courts et du volet énergétique grâce à la méthanisation et au photovoltaïque. Actuellement, la consommation énergétique du territoire provient à 48% de l'essence-gazole, et 10% du fuel tandis que le bois énergie est à 6% et les autres énergies renouvelables à 2%. Mais avant de penser l'avenir, il faut bien connaître les actions présentes. « On est là pour intégrer les actions déjà faites sur le territoire, ce qui va déjà dans le sens de l'adaptation au changement climatique pour se projeter ensuite à 15 ou 30 ans », ajoute le chargé de mission. «La communauté de communes porte des actions mais aussi chef d'orchestre des initiatives aujourd'hui entre différents acteurs », confirme Raphaëlle Leboucher.
Après ce premier atelier de réflexion, les propositions seront étudiées par les élus de la communauté de communes afin d'établir le projet stratégique. A partir de ce projet, un second atelier sera organisé pour échanger sur les actions à mener et construire des fiches actions. « Ce sera à ce moment-là qu'on va rattacher le grand public au PCAET lors d'une réunion publique », précise Raphaëlle Leboucher. Cette démarche va également servir à la communauté de communes des Vals du Dauphiné qui souhaite s'engager dans la labellisation Cit'ergie. Ce label vise à inciter les collectivités à aller plus loin que le PCAET.

Virginie Montmartin