Nord-Isère
L'agriculture, composante essentielle de l'aménagement du territoire
Une réunion pour échanger sur l'eau, l'agriculture et le développement économique dans le Nord-Isère a été organisée mardi 1er février par le syndicat mixte d'aménagement des berges de la Bourbre. Les ambitions sont grandes, et les agriculteurs sont venus nombreux pour faire part de leurs interrogations.
L'aménagement du territoire ne peut être dissocié de l'agriculture. C'est, en substance, le message qu'ont voulu faire passer les dirigeants du Smabb (syndicat mixte d'aménagement des berges de la Bourbre) et les élus, aux agriculteurs du Nord-Isère, mardi 1er février, lors d'une réunion à la maison du conseil général, à Bourgoin-Jallieu. Objectif de la soirée : trouver des pistes pour préserver l'eau et les différents espaces du territoire, en partenariat avec les agriculteurs. « L'agriculture est un facteur économique de liaison sociale et d'aménagement du territoire. Il faut étudier comment nous pourrions définir la notion de développement durable sans que l'agriculture ne soit défavorisée », assure Christian Nucci, vice-président du Conseil général, en charge de l'agriculture.
Même si la compétence du Smabb se limite surtout à la mise en œuvre de bonnes pratiques agricoles sur des secteurs jugés sensibles (zones de captage et zones humides), il « souhaite aujourd'hui être l'initiateur d'une réflexion commune entre les organismes économiques, les collectivités et les acteurs du monde agricole, afin de définir des orientations sur des pratiques et des productions agricoles innovantes, en lien avec le développement économique du territoire », détaille Bernard Cottaz, président de cette instance.
Le foncier, au cœur des préoccupations
Du côté du syndicat, l'initiative n'est pas vraiment nouvelle. Des actions pour garantir la qualité de l'eau tout en tenant compte de l'agriculture sont déjà à l'étude, par le biais du contrat de rivière. Par exemple, les gestionnaires de l'eau potable, tenus de délivrer une eau de bonne qualité, pourraient acheter des terrains situés sur les zones sensibles. « Ils pourraient mettre en place des clauses particulières dans les baux, comme l'obligation pour les agriculteurs exploitant le terrain, de limiter les pesticides », explique David Cinier, en charge de l'agriculture au syndicat. Le contrat de rivière peut aussi donner un coup de pouce à des actions tel que le désherbage mécanique, l'inoculation bactériennes de semences, etc. Ou encore accompagner des projets innovants, comme l'allongement des rotations en système grande culture.
Au-delà de ces premières pistes, c'est la question du foncier qui a occupé une bonne partie des débats. Comme l'a reprécisé Mickaël Etheve, chef du service agriculture au Conseil général, l'agriculture représente 51 % du potentiel économique agricole départemental, et 52 % du territoire en Nord-Isère. Territoire qui est de plus en plus sous l'influence de l'agglomération lyonnaise. L'agriculture devient péri-urbaine et, avec elle, la gestion du foncier devient essentielle. « Avec la fin de l'Etablissement public d'aménagement du Nord-Isère (Epani), l'Etat se désengage et la communauté d'agglomération Porte de l'Isère (Capi) reprend la main sur l'aménagement de son territoire. Nous souhaitons profiter de ce changement pour être plus lisible sur le devenir du foncier », affirme Alain Cottalorda, président de la Capi. Il a expliqué qu'un partenariat avec la Chambre d'agriculture de l'Isère, la Capi, le Smabb, des comités de territoire comme Paturin, des associations de protection de l'environnement et le Conseil général, était à l'étude. Le but : « Ce groupe de travail doit dégager une vision commune sur la place de l'agriculture dans le territoire et définir des leviers d'actions locales. L'ambition est de renforcer la préservation de la biodiversité, et de la conjuguer à l'agriculture, car les deux vont de pair », souligne-t-il.
Les circuits courts en question
En lien avec ce dernier point, la place des circuits courts a été longuement évoquée, notamment par le marché de la restauration scolaire. Une idée qui n'a pas semblé faire l'unanimité. Les agriculteurs ont tenu à signaler qu'il convient de rester prudents et que cette solution ne peut être la règle pour tous. « Ce peut être une diversification de l'exploitation, une activité pour générer plus de revenus. Mais, les agriculteurs ne peuvent pas faire que ça », ajoute le maire d'Optevoz, agriculteur de profession, Pierre Teste. Pour Jean-Paul Prudhomme, « il faut arrêter d'opposer les deux filières : longues et courtes. Les cantines pourraient mettre des clauses pour se fournir en produits transformés issus des grandes filières ». Ce a quoi Mickaël Ethève répond : « Tant que les grandes coopératives ne s'impliquent pas plus pour expliquer dans les Scot ce qu'est réellement l'économie agricole et ce qu'il y a derrière chaque exploitation et chaque production, ce sera toujours un dialogue de sourds ». Des remarques qu'ils auraient aimé faire partager aux élus, partis peu de temps après le début de la rencontre. Finalement, les débats ont permis de créer trois groupes de travail (pratiques agricoles, recherche et développement et mesures agri-environnementales territorialisées) pour décider concrètement des actions à mener.
Lucile Ageron
Même si la compétence du Smabb se limite surtout à la mise en œuvre de bonnes pratiques agricoles sur des secteurs jugés sensibles (zones de captage et zones humides), il « souhaite aujourd'hui être l'initiateur d'une réflexion commune entre les organismes économiques, les collectivités et les acteurs du monde agricole, afin de définir des orientations sur des pratiques et des productions agricoles innovantes, en lien avec le développement économique du territoire », détaille Bernard Cottaz, président de cette instance.
Le foncier, au cœur des préoccupations
Du côté du syndicat, l'initiative n'est pas vraiment nouvelle. Des actions pour garantir la qualité de l'eau tout en tenant compte de l'agriculture sont déjà à l'étude, par le biais du contrat de rivière. Par exemple, les gestionnaires de l'eau potable, tenus de délivrer une eau de bonne qualité, pourraient acheter des terrains situés sur les zones sensibles. « Ils pourraient mettre en place des clauses particulières dans les baux, comme l'obligation pour les agriculteurs exploitant le terrain, de limiter les pesticides », explique David Cinier, en charge de l'agriculture au syndicat. Le contrat de rivière peut aussi donner un coup de pouce à des actions tel que le désherbage mécanique, l'inoculation bactériennes de semences, etc. Ou encore accompagner des projets innovants, comme l'allongement des rotations en système grande culture.
Au-delà de ces premières pistes, c'est la question du foncier qui a occupé une bonne partie des débats. Comme l'a reprécisé Mickaël Etheve, chef du service agriculture au Conseil général, l'agriculture représente 51 % du potentiel économique agricole départemental, et 52 % du territoire en Nord-Isère. Territoire qui est de plus en plus sous l'influence de l'agglomération lyonnaise. L'agriculture devient péri-urbaine et, avec elle, la gestion du foncier devient essentielle. « Avec la fin de l'Etablissement public d'aménagement du Nord-Isère (Epani), l'Etat se désengage et la communauté d'agglomération Porte de l'Isère (Capi) reprend la main sur l'aménagement de son territoire. Nous souhaitons profiter de ce changement pour être plus lisible sur le devenir du foncier », affirme Alain Cottalorda, président de la Capi. Il a expliqué qu'un partenariat avec la Chambre d'agriculture de l'Isère, la Capi, le Smabb, des comités de territoire comme Paturin, des associations de protection de l'environnement et le Conseil général, était à l'étude. Le but : « Ce groupe de travail doit dégager une vision commune sur la place de l'agriculture dans le territoire et définir des leviers d'actions locales. L'ambition est de renforcer la préservation de la biodiversité, et de la conjuguer à l'agriculture, car les deux vont de pair », souligne-t-il.
Les circuits courts en question
En lien avec ce dernier point, la place des circuits courts a été longuement évoquée, notamment par le marché de la restauration scolaire. Une idée qui n'a pas semblé faire l'unanimité. Les agriculteurs ont tenu à signaler qu'il convient de rester prudents et que cette solution ne peut être la règle pour tous. « Ce peut être une diversification de l'exploitation, une activité pour générer plus de revenus. Mais, les agriculteurs ne peuvent pas faire que ça », ajoute le maire d'Optevoz, agriculteur de profession, Pierre Teste. Pour Jean-Paul Prudhomme, « il faut arrêter d'opposer les deux filières : longues et courtes. Les cantines pourraient mettre des clauses pour se fournir en produits transformés issus des grandes filières ». Ce a quoi Mickaël Ethève répond : « Tant que les grandes coopératives ne s'impliquent pas plus pour expliquer dans les Scot ce qu'est réellement l'économie agricole et ce qu'il y a derrière chaque exploitation et chaque production, ce sera toujours un dialogue de sourds ». Des remarques qu'ils auraient aimé faire partager aux élus, partis peu de temps après le début de la rencontre. Finalement, les débats ont permis de créer trois groupes de travail (pratiques agricoles, recherche et développement et mesures agri-environnementales territorialisées) pour décider concrètement des actions à mener.