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Mécénat

L'alimentation vecteur de lien social

Le premier appel à idées Réussir la transition alimentaire lancé par l'association Sociétal angels a attiré de nombreux porteurs de projets qui intéressent toute la chaîne alimentaire.
L'alimentation vecteur de lien social

Patrick Mérigot, le président de l'association Societal Angels et de la Fondation Jeannine & Maurice Mérigot, n'imaginait pas recevoir autant de dossiers en retour de son appel à idées « Réussir la transition alimentaire ». Le concours était doté d'une enveloppe de 30 000 euros qui a attiré 38 candidatures. Le public cible sont les acteurs locaux de la transition alimentaire : agriculteurs, transformateurs, chercheurs, collectivités, étudiants, simples citoyens et de nombreuses associations ont ainsi présenté leurs projets. La fondation a choisi d'en soutenir sept selon quatre thèmes : une alimentation saine créatrice de lien, le juste prix d'achat, l'autonomie alimentaire des territoires et une alimentation respectueuse. Ils ont été dévoilés à Grenoble, le 11 février dernier.

Champignons de Grenoble

Parmi eux, Maxime Boniface, étudiant à Grenoble école de management (GEM) se lance dans le projet Mycerest de ferme de champignons cultivés sur des écodéchets. Il vise le marc de café de préférence, mais cela peut être des copeaux de bois ou de la drèche de bière par exemple. L'étudiant s'est associé avec la champignonnière de la Frise à Eybens avec pour objectif à terme d'accroître, de diversifier la production, de cutliver pleurotes et shiitakés sur de nouveaux substrats et de tester de nouveaux processus de production. « C'est une tendance avec des projets émergeant depuis quelques années ». La culture du champignon étant peu développée dans la région et la France important 50% des champignons consommés, l'étudiant y voit une réelle opportunité de développement. Le prix d'un montant de 4 000 euros lui permettra d'investir dans du matériel dont une chambre froide pour stocker sa production.

Parmi les autres projets soutenus, un groupe de jardiniers et d'agriculteurs de l'Isère se lance dans l'autoproduction de semences potagères. Margaux Schitzler, productrice de plants de légumes et de fleurs à Claix depuis 2017 fait partie de de groupe. « Nous avons pour objectif de produire chacun une à deux variétés par an puis de procéder à des échanges. Nous suivons pour cela des protocoles biens établis. Cela nous permettra d'obtenir des semences adaptées au territoire », détaille la productrice. Le prix de 5 000 euros sera investi dans de l'achat de matériel de tri et du temps d'animation. 

Faire germer les idées

Il y a aussi les Mordus du verger qui veulent « enfruiter le monde » en dupliquant des fruitiers dans des espaces communaux en Isère, ou dans la Drôme, la Coopérative culture qui s'intéresse plus particulièrement aux réserves d'eau et à la biodiversité des campagnes.

De nombreuses initiatives sont portées par des acteurs de l'économie sociale et solidaire. « Les causes soutenues par la fondation portent des convictions sociales fortes », explique Patrick Mérigot, qui souhaite, à travers son soutien, « que des liens se renouent, se tissent et se renforcent ». C'est la raison pour laquelle le mécène désire créer un lab « pour faire germer les idées, accompagner les actions et dupliquer les réussites ». Ce lieu « de rencontre et de création » sera doté d'un fonds de dotation d'ici cet été. Patrick Mérigot souhaite associer d'autres Angels pour accompagner « ces jeunes entreprises innovantes ».

Isabelle Doucet
Sensibilisation

L'escape game de l'alimentaire

Intéresser les jeunes aux problèmes alimentaires c'est possible ? En tout cas, c'est le projet de Bertrand Vaussenat, vice-président de la communauté de communes du Royans-Vercors (CCRV) en charge des affaires sociales, qui a obtenu un des quatre grands prix thématiques. Son projet est de créer un escape game sur le thème de l'alimentaire. L'escape game est un jeu où il faut sortir d'une pièce le plus rapidement possible en résolvant différentes énigmes. Cela a pour but de sensibiliser les jeunes de 13 à 17 ans sur les aliments locaux et de qualité d'une façon à mieux capter leur attention sur ce sujet. Il sera situé dans le parc du Vercors. La communauté de communes portait au départ un projet alimentaire pour les jeunes et les plus âgés via son pôle social, mais le projet s'est agrandi en créant le PAT, un projet alimentaire territorial dans lequel s'inscrit l'escape game.
Alice Bariteau