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Oisans

L'APAO teste la prestation "traiteur"

Après une année 2014 en demi-teinte essentiellement consacrée à l'élaboration du PAEC, les agriculteurs de l'Oisans relancent la dynamique de promotion de leurs produits locaux sous une nouvelle forme.
L'APAO teste la prestation "traiteur"

« Une année flottante... » S'excusant presque qu'aucune « impulsion forte » n'ait été donnée à l'association l'an passé, Sonia Coin, la nouvelle animatrice de l'APAO, n'en égraine pas moins les chantiers qui ont mobilisé les agriculteurs en 2014 : élaboration du PAEC, nocturne des savoir-faire, buffets « made in Oisans »... Un programme peut-être un peu moins chargé que les années précédentes, mais stratégique pour l'avenir de l'agriculture en Oisans.
Elue en 2014, la nouvelle présidente, Emilie Salvy a entamé son mandat avec un dossier conséquent : le lancement du nouveau PAEC. La fin de la prime à l'herbe et des mesures agro-environnementales ayant été programmée pour mai 2015, il était en effet urgent de « préparer la suite en évitant l'année blanche de subvention ». Les contours du projet ont été définis au sein d'un comité technique impliquant les agriculteurs et les groupements pastoraux intéressés par la contractualisation, ainsi que la communauté de communes de l'Oisans, le conseil général, la chambre d'agriculture et la fédération des alpages pour le volet agricole, le parc des Ecrins et la fédération des chasseurs pour le volet écologique. Opération de co-construction complexe, en raison de l'importance des enjeux et du nombre de structures impliquées. Dès le mois de juin, un minutieux travail technique et de concertation politique s'est engagé, qui a permis la construction du projet avec les exploitants individuels et les alpagistes (définition des premiers zonages, mesures envisagées, gestion pastorale, retard de fauche, entretien des haies ou des arbres têtards, gestion des milieux humides...). Une mobilisation générale qui s'est avérée payante, puisque le projet a été retenu en janvier 2015 par la région Rhône-Alpes et la Draaf. Comme dans les autres massifs, les agriculteurs et les responsables d'alpage ont jusqu'au 9 juin pour contractualiser leurs engagements dans le cadre des déclarations PAC 2015.

Buffets gourmands

Autre gros dossier remis sur le métier : les buffets de l'Oisans. Inaugurées en 2007, ces prestations ont connu un succès grandissant avec les années, ce qui a permis de faire « connaître et reconnaître les produits et les producteurs » locaux. Revers de la médaille : l'ampleur de la demande a transformé la bonne idée en contrainte chronophage, reposant toujours sur les mêmes personnes. Certains agriculteurs ont donc décidé de lever le pied. Un investissement moindre, une communication moins active, tout cela conjugué aux effets d'une conjoncture économique morose et de budgets de réception en baisse : il n'en fallait guère plus pour que la demande se tasse. A l'automne dernier, l'APAO a proposé aux agriculteurs d'engager une réflexion de fonds sur le sujet. Il en est ressorti que tout le monde souhaitait conserver les prestations buffet, excellentes ambassadrices des produits de l'Oisans, mais sous une autre forme. D'où l'idée de faire appel à un traiteur sachant transformer les produits tout en jouant la carte gourmande, sans pour autant augmenter les tarifs. Récemment installée à Monestier-de-Clermont, Marie-Dominique Montixi, ingénieure agronome reconvertie en ingénieuse gastronome, a accepté de jouer le jeu. Les buffets de l'Oisans seront désormais « mis en scène » par ses soins. Le premier sera servi - et testé - fin mai lors des Rencontres des professionnels du tourisme de l'Oisans.

MB