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Céréales du Trièves

L'association Valcetri fait peau neuve

Valcetri, association de valorisation des céréales du Trièves, n'existe plus. Lors de la dernière assemblée générale, l'association a été dissoute. Mais, pour autant, Valcetri n'a pas dit son dernier mot et se réorganise en association interprofessionnelle.
L'association Valcetri fait peau neuve
« On arrive au bout. Chaque année, nous avons tiré sur les réserves, mais là ce n'est plus possible », a expliqué Marc Blais, président de l'association Valcetri, lors de la dernière assemblée générale du 25 février à Saint-Sébastien.
Créée en 1997 avec pour but de valoriser localement les céréales du Trièves (lire par ailleurs), l'activité économique de l'association est, un peu plus chaque année, en difficulté. Le bilan de la campagne 2010 affiche un rendement moyen de 46 quintaux de céréales, contre 50 en 2009. Cette baisse est aussi valable pour les ventes de farines Valcetri qui ont diminué de 2,8 % sur les trois dernières années. Et tout cela s'accompagne, en parallèle, d'une augmentation des charges.

Plus d'équité entre les trois acteurs de la filière
L'année dernière, un diagnostic de filière a donc été réalisé pour voir comment résoudre le problème. La conclusion est vite tombée : il faut revoir l'organisation de l'association en créant une interprofession. « Economiquement, nous étions arrivés au bout du système. Il va falloir du courage, de l'écoute et de l'abnégation pour réussir ce changement. Cela va donner un nouveau souffle à la filière », souligne Bernard Clavel, secrétaire de Valcetri. L'association fait donc peau neuve, mais ne change pas vraiment de nom, puisqu'elle s'appellera désormais Valcetri l'interprofession.
La marque « pain aux céréales du Trièves » deviendra la propriété de l'association. Et, changement majeur, les producteurs, les collecteurs et la minoterie seront organisés en collège. L'objectif étant d'assurer plus de transparence, d'équité et de cohérence entre ces trois parties. « Cela va permettre de créer une véritable filière et garantir la participation globale de tous les acteurs dans les prises de décisions », assure le secrétaire. « Cette filière, source de valorisation locale a toujours été intéressante. Nous avons beaucoup milité pour qu'elle se développe et sorte de cette situation économique difficile. Créer une interprofession est une étape incontournable pour donner un nouvel élan à la filière Valcetri », assure Jean-Marc Lapierre, de la coopérative Dauphinoise.

Comment mobiliser de nouveaux producteurs ?
Ce changement d'organisation passe aussi par la suppression du poste d'animation, occupé par Cécile Boissin. Cette tâche sera partagée entre les trois collèges. Une décision difficile, comme l'explique Marc Blais, président de Valcetri : « Nous devons arrêter l'ancien fonctionnement par manque de financement, et nous ressentons beaucoup d'amertume face à la perte de cet emploi. Parmi le collège de producteurs, il devra y avoir un groupe moteur pour mobiliser les troupes en permanence ».
Et mobiliser de nouveaux producteurs, c'est le credo de tous les acteurs de la filière. Une condition sine qua non pour la réussite de cette nouvelle interprofession. Aujourd'hui, 23 producteurs en font partie. Un nombre insuffisant au regard de la demande. « Je ne comprends pas pourquoi nous n'arrivons pas à mobiliser plus de monde. Peut-être que les gens sont effrayés par les contraintes en termes de traçabilité, d'achats de semences certifiées... Mais honnêtement, cela ne demande pas beaucoup plus de démarches administratives et la demande de la part de la minoterie du Trièves est bien là. Si nous avions des nouveaux agriculteurs avec nous, leurs productions seraient déjà vendues. Et si nous n'arrivons pas à honorer les besoins de la minoterie, l'ensemble de la filière serait déçue », notent Marc Blais et Bernard Clavel.

Un nouveau mode de financement
Niveau financement, la minoterie Corréard s'engage à rémunérer les blés issus de la filière avec une prime de 25 euros par tonne (20 euros par tonne pour les producteurs et 5 euros pour les collecteurs), et un objectif de volume de 2 500 tonnes, dont 700 tonnes de blé de force. Quant aux ressources de l'association interprofessionnelle, elles proviendront d'une cotisation fixe des adhérents fixée à 20 euros, et d'une cotisation variable proportionnelle aux volumes de blé traités. « Des ressources supplémentaires pourraient être mobilisées pour des projets de développement. Leurs montants seraient déterminés en conseil d'administration », précisent les responsables de Valcetri.
L'année 2011 s'annonce donc décisive pour la nouvelle organisation. Et l'association interprofessionnelle a déjà de nouveaux projets en vue, comme une démarche de labellisation d'indication géographique protégée.
Lucile Ageron

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Les débuts de Valcetri

Créée en 1997, l'association Valcetri (pour VALorisation des CEréales du TRIèves) a permis de regrouper des céréaliers du Trièves qui ont pu nouer un partenariat avec la minoterie du Trièves. Ensemble, ils déposent la marque « pain aux céréales du Trièves » et des collecteurs les rejoignent : la coopérative la Dauphinoise, les établissements Martinello et la société Payre. Au fil des années, l'association s'est développée et a adhéré à la charte de production de céréales en blé tendre « Céréales de France », ce qui a permis d'assurer une meilleure traçabilité. Un poste d'animation a permis, jusqu'à cette année, de maintenir et faire fonctionner la filière. Fin 2010, un diagnostic de filière a été réalisé pour évaluer comment développer ce projet de filière et faire la promotion du pain aux céréales du Trièves. Aujourd'hui, une vingtaine de producteurs a rejoint le groupe.
L.A
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