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Evasion

L'autre itinéraire des Randos paysannes

Le réseau Accueil paysan propose quatre parcours de randonnée en Isère.
L'autre itinéraire des Randos paysannes

« L'accueil paysan et la randonnée, cela va bien ensemble », lance Claude Rouge, cheville ouvrière de l'Accueil paysan Isère et pilote du projet Randos paysannes. En Isère, le petit réseau a réussi à mettre en place plusieurs itinéraires de randonnées dans quatre secteurs, la Chartreuse, le Trièves, le Nord-Isère, et Chambaran-Royans, et une trentaine d'étapes.
L'initiative n'existe pour l'heure qu'en Isère et ses acteurs affichent leur envie de proposer « un petit quelque chose en plus ». « C'est le calme après avoir marché toute la journée, un environnement, une alimentation saine, copieuse et goûteuse dans la tradition paysanne, des échanges autour de la table d'hôtes, car les accueillant mangent avec les personnes accueillies », commente Claude Rouge, propriétaire d'une chambre d'hôtes au Pin. « Là, sur le chemin de Compostelle, les gens ont besoin d'échanger dans une humanité très simple », constate-t-il.

Agriculture et territoire

Le réseau Accueil paysan a construit son projet pendant trois ans, répondant à un appel à projet de la Région qui lui a octroyé un budget de 45 000 euros. Mailler les hébergements, identifier les non-adhérents susceptibles de partager les valeurs d'Accueil paysan, tracer les itinéraires, créer des documents opérationnels, rénover le site régional d'Accueil paysan : la commission sentier a réclamé l'investissement d'une dizaine d'adhérents pour mener le chantier. « Nous avons obtenu le droit d'utiliser les cartes IGN, reprend Claude Rouge. Et nous n'y serions pas arrivés sans l'investissement des responsables de sentiers des communautés de communes. Il y en a 600 km en Rhône-Alpes ! » Au bout de chaque étape, les randonneurs peuvent être hébergés chez des agriculteurs ou des acteurs ruraux. « Ce ne sont pas toutes des fermes, mais des structures qui participent à la dynamique de l'agriculture d'un territoire », précise le pilote du projet.
Chaque étape fait l'objet d'une fiche où figure la carte, le tracé, le descriptif de l'étape. Randos paysannes a utilisé le balisage existant. Libre aux randonneurs de n'effectuer qu'une étape, de rayonner en marguerite, de randonner avec des chèvres comme dans le Trièves, d'accomplir le parcours en entier. Pour faire le tour du Trièves, les planificateurs se sont appuyés sur la desserte ferroviaire pour tracer des itinéraires depuis les gares de Monestier-de-Clermont, Clelles ou de Lus-la-Croix-Haute. Depuis La Côte-Saint-André, Randos paysannes propose de traverser les Chambaran, pour arriver à Châtelus, de l'autre côté de la vallée de l'Isère.  Ou encore, pourquoi ne pas traverser la Chartreuse, de Crolles jusqu'à Voreppe en passant par Entremont-le-Vieux ? « C'est une offre touristique originale, qui lie randonnée et agriculture paysanne spécifique, mais associe aussi des pratiques culturelles et des éléments de patrimoine », ajoute Claude Rouge.

Prolonger le maillage

L'initiative devrait être dupliquée au niveau régional, vers le Pilat ou la Drôme, voire à l'échelle nationale. En Isère, les organisateurs sont conscients de la nécessité de nouer des partenariats avec d'autres réseaux pour prolonger le maillage des Randos paysannes. C'est d'ailleurs le conseil délivré par la FF randonnée Isère : pour la pérennité du projet, il convient de se servir des moyens existants comme les autres réseaux d'hébergeurs, de randonneurs ou les outils de promotion.
« C'est un projet qui a rassemblé les membres du réseau Accueil paysans, explique Angélique Doucet, co-présidente du réseau. Nous nous sommes tous sentis concernés par la question de faire vivre nos structures, nous faire connaître, faire vivre notre réseau. » Elle fait valoir « un accueil convivial et le partage de nos connaissance du milieu. C'est une façon de sortir des sentiers battus, en racontant des anecdotes. Les randonneurs trouvent un temps de repos pour découvrir la région. »

Isabelle Doucet
Accueil paysan

« Le partage et la convivialité »

Angélique Doucet, propriétaire de la ferme du Clos à Châtelus et Gilles Dacier-Falque de la Cabane café à Choranche, coprésident le réseau Accueil paysan depuis quatre ans.
La coprésidente bouillonne d'idées, un peu à l'image de sa ferme où elle élève 40 chèvres laitières, mais aussi une dizaine de brebis, des cochons, un âne, un cheval, des poules, des lapins et des abeilles. Elle exploite aussi un demi hectare de noyers bio, transforme le lait en fromages, réalise des confits à base d'ail des ours. La ferme pédagogique, est aussi chambre d'hôtes, gîte de séjour, camping et table d'hôtes. Le 14 mai, elle participera à la fête à Châtelus. « Nous avons tous ça en nous, le partage et la convivialité, la simplicité et l'authenticité, l'ouverture sur les autres », affirme Angélique Doucet. Elle décrit la clientèle de l'Accueil paysan comme « des gens qui veulent partager des valeurs et une éthique ». Le réseau a la volonté de toucher l'ensemble des couches sociales en restant accessible au plus grand nombre. « Je fais beaucoup de vacances sociales, poursuit-elle en donnant son exemple. Je travaille avec la CAF et les maisons de quartier. » L'éleveuse insiste : « La transmission fait partie de nos valeurs. On touche des enfants, des lycéens, mais aussi des personnes âgées ou des personnes handicapées. »
A la tête du réseau isérois elle affiche sa volonté « d'avancer, de faire évoluer les habitudes de chacun. »