Légumes
L'avenir du maraîchage en questions
La semaine dernière, les producteurs de légumes savoyards sont venus à Crolles, visiter la ferme des Echelles. Le but : trouver des solutions pour l'avenir de la filière.
Les producteurs de légumes savoyards sont inquiets. Pression foncière, exploitations non reprises suite aux départs en retraite, manque de volume pour répondre à une demande en hausse... La liste des préoccupations est longue, et le groupement technique des producteurs de légumes de Savoie (GTPL) s'interroge. Mercredi 23 février, ce dernier a tenu son assemblée générale sur le thème : « Des consommateurs, de nouveaux marchés, des porteurs de projet et toujours moins de foncier ». Le but : fédérer les producteurs de légumes pour dresser des perspectives.
Foncier et nouveaux marchés
« Toutes les filières se font prendre du foncier. Nous sommes aujourd'hui dans une situation où l'agriculture devient péri-urbaine. Quelle sera la place du légume ? En Savoie, leur consommation est importante, et il y a de la demande. Or, les producteurs savoyards ne peuvent fournir que 8 % de cette dernière », explique Guy Carraz, président du GTPL. Un point qui conforte l'idée selon laquelle un marché est à prendre. « Nous sommes sans arrêt en contact avec des magasins de producteurs. Mais nous ne pouvons pas leur fournir le volume. Il faudrait le double de notre offre pour répondre à la demande », assure-t-il. Mais pour doubler cette offre, il faut des candidats à l'installation. Et, selon le groupement, ces derniers ne seraient pas très nombreux.
Alors des solutions sont envisagées, comme la création d'une plateforme maraîchère de culture. « Certains légumes sont consommateurs de foncier et donc, parfois difficilement cultivables sur de petites exploitations. On pourrait faire ces cultures en se regroupant, et pourquoi pas acheter du matériel en commun », suggère le président. Autre piste évoquée : cumuler plusieurs activités sur une seule et même exploitation. Un pari que réussissent les frères Drevet, à la ferme des Echelles, à Crolles.
Quel modèle d'exploitation adopter ?
Les membres du groupement se sont donc rendus chez eux pour visiter ce Gaec aux quatre activités : élevage laitier, allaitant, maraîchage, et volailles. « Mes parents, propriétaires à l'origine de l'exploitation, ont toujours fait des légumes. Petit à petit, cette activité a pris de l'ampleur. En plus de faire de la vente directe, nous livrons aussi des paniers de légumes et fournissons la cantine scolaire de Crolles », explique François Drevet. Mais qu'on ne s'y trompe pas, « la restauration scolaire, ce n'est pas une mine d'or. Il ne faut pas croire que c'est la seule solution pour assurer la rentabilité des exploitations, mais c'est une bonne chose que les communes fassent l'effort de cuisiner des produits locaux ».
Pour autant, ce modèle d'exploitation implique des concessions : même s'ils sont quatre avec chacun des responsabilités bien réparties, les amplitudes horaires fournies par les quatre frères sont importantes. « Il n'y a pas de mystère : si nous voulons réussir, il faut s'en donner les moyens », assure François Drevet.
Un recrutement en cours
Au-delà de cette visite pour alimenter les pistes de réflexion sur l'avenir de la filière légumes, un rapprochement entre les producteurs des deux Savoie et de l'Isère est au programme. Le recrutement d'un technicien spécialisé légume est en cours, entre les Chambres d'agriculture et les groupements maraîchers de Savoie et d'Isère. Un recrutement qui, comme l'espère le GPTL, « sera la première étape d'une fédération de maraîchers au sein d'un groupement technique commun ».
Lucile Ageron
Foncier et nouveaux marchés
« Toutes les filières se font prendre du foncier. Nous sommes aujourd'hui dans une situation où l'agriculture devient péri-urbaine. Quelle sera la place du légume ? En Savoie, leur consommation est importante, et il y a de la demande. Or, les producteurs savoyards ne peuvent fournir que 8 % de cette dernière », explique Guy Carraz, président du GTPL. Un point qui conforte l'idée selon laquelle un marché est à prendre. « Nous sommes sans arrêt en contact avec des magasins de producteurs. Mais nous ne pouvons pas leur fournir le volume. Il faudrait le double de notre offre pour répondre à la demande », assure-t-il. Mais pour doubler cette offre, il faut des candidats à l'installation. Et, selon le groupement, ces derniers ne seraient pas très nombreux.
Alors des solutions sont envisagées, comme la création d'une plateforme maraîchère de culture. « Certains légumes sont consommateurs de foncier et donc, parfois difficilement cultivables sur de petites exploitations. On pourrait faire ces cultures en se regroupant, et pourquoi pas acheter du matériel en commun », suggère le président. Autre piste évoquée : cumuler plusieurs activités sur une seule et même exploitation. Un pari que réussissent les frères Drevet, à la ferme des Echelles, à Crolles.
Quel modèle d'exploitation adopter ?
Les membres du groupement se sont donc rendus chez eux pour visiter ce Gaec aux quatre activités : élevage laitier, allaitant, maraîchage, et volailles. « Mes parents, propriétaires à l'origine de l'exploitation, ont toujours fait des légumes. Petit à petit, cette activité a pris de l'ampleur. En plus de faire de la vente directe, nous livrons aussi des paniers de légumes et fournissons la cantine scolaire de Crolles », explique François Drevet. Mais qu'on ne s'y trompe pas, « la restauration scolaire, ce n'est pas une mine d'or. Il ne faut pas croire que c'est la seule solution pour assurer la rentabilité des exploitations, mais c'est une bonne chose que les communes fassent l'effort de cuisiner des produits locaux ».
Pour autant, ce modèle d'exploitation implique des concessions : même s'ils sont quatre avec chacun des responsabilités bien réparties, les amplitudes horaires fournies par les quatre frères sont importantes. « Il n'y a pas de mystère : si nous voulons réussir, il faut s'en donner les moyens », assure François Drevet.
Un recrutement en cours
Au-delà de cette visite pour alimenter les pistes de réflexion sur l'avenir de la filière légumes, un rapprochement entre les producteurs des deux Savoie et de l'Isère est au programme. Le recrutement d'un technicien spécialisé légume est en cours, entre les Chambres d'agriculture et les groupements maraîchers de Savoie et d'Isère. Un recrutement qui, comme l'espère le GPTL, « sera la première étape d'une fédération de maraîchers au sein d'un groupement technique commun ».