Jeunes agriculteurs de l'Isère
L'entraide, une nécessité en agriculture
Centré sur le thème de l'entraide, le dernier forum installation organisé par les Jeunes agriculteurs de l'Isère jeudi 2 décembre à La Côte-Saint-André comprenait à la fois des définitions juridiques, des exemples concrets et des commentaires de responsables politiques et agricoles.
Placé sous le signe de l'entraide, le dernier forum installation organisé au lycée agricole de La Côte-Saint-André par les Jeunes agriculteurs de l'Isère a été l'occasion de présenter aux jeunes en formation dans cet établissement le groupement d'employeurs départemental (Agri emploi 38) et les coopératives d'utilisation de matériels agricoles (réunies en fédération à l'échelle du département).
Un cadre juridique précis
Plus tôt, le conseiller en organisation du travail de la chambre d'agriculture, Guy Jauneau, a d'abord cadré le débat en rappelant la définition juridique de l'entraide, établie en 1962, suite à l'essor de la mise à disposition de matériel qui a accompagné la mécanisation des exploitations à partir des années 1950. Même si elle n'est pas toujours très structurée, « l'entraide ne permet pas n'importe quoi, a notamment prévenu le technicien. Il y a des normes à respecter. Par exemple, s'il n'y a pas de prestation de service, le principe de réciprocité s'applique. L'objectif est l'équilibre des échanges. C'est pourquoi ces derniers doivent être enregistrés. Si le montant du solde versé aux voisins qui ont donné un coup de main dépasse la valeur des services reçus, l'administration peut remettre en cause le caractère d'entraide ». Et si l'on s'organise en banque de travail, « il faut bien en préciser les règles de fonctionnement et enregistrer les contributions de chacun, car dans le cadre d'un contrôle fiscal par exemple, on peut demander à un agriculteur de justifier du temps passé sur une autre exploitation s'il a été rétribué pour ce travail ». Et puis, « comme les engins agricoles sont de plus en plus puissants, un petit écart entre le travail fourni chez les voisins et celui qu'ils effectuent sur la ferme peut peser sur les comptes de l'exploitation », a signalé Aurélien Clavel, le président des Jeunes agriculteurs de l'Isère.
Le responsable professionnel a ensuite souligné l'importance des échanges entre agriculteurs, « qui ont de moins en moins droit à l'erreur et exercent un métier où les suicides ne sont pas rares ». « Rien n'est pire que l'absence de communication », a renchéri Christian Nucci, le vice-président du conseil général en charge de l'agriculture, en faisant référence au Sillon dauphinois, la structure mise en place avec la chambre d'agriculture, la mutualité sociale agricole et les services de l'Etat pour venir en aide aux agriculteurs en situation fragile (numéro unique : 04 74 20 81 49).
Un rôle crucial pour la réussite des installations
Pour l'élu, « celles et ceux qui se préparent à devenir agriculteurs ne doivent pas entrer dans cette profession à reculons. C'est le pourquoi le conseil général les aide à s'installer, même si l'agriculture est de plus en plus soumise à une tutelle administrative pointilleuse, même si on l'accuse de nous faire consommer des pesticides, même si le foncier agricole continue de se réduire comme peau de chagrin. Les candidats à l'installation n'ont pas à rougir du métier qu'ils feront demain. Mais la confiance des consommateurs passe par la qualité et la traçabilité. Et, sur le foncier, les élus doivent se donner les moyens de mettre leurs actes en cohérence avec leurs propos. Si on veut inciter les jeunes à s'installer, il faut que l'avenir de l'agriculture soit aussi clair que possible ».
Des journées comme celle du 2 décembre contribuent à l'éclairer. Les chiffres de l'installation l'attestent : les candidats à l'installation en agriculture sont de mieux en mieux préparés. De plus en plus âgés, ils possèdent généralement un diplôme de niveau IV (bac, BPREA...) voire plus.
Cécile Fandos
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Les installations en 2010
Reprise des installations en lait
Le forum organisé par les Jeunes agriculteurs de l'Isère dans le cadre de la quinzaine régionale de l'installation et de la transmission est traditionnellement l'occasion de présenter les chiffres de l'installation de l'année en train de se terminer.
Bonne nouvelle : après un net recul l'an dernier (douze dossiers de moins qu'en 2008), « les installations repartent à la hausse en 2010, a indiqué Cécile Lauranson, la directrice adjointe de l'association départementale pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles (Adasea), jeudi 2 décembre, lors du forum organisé par les Jeunes agriculteurs de l'Isère dans le cadre de la quinzaine régionale de l'installation et de la transmission. Avec onze dossiers ayant déjà reçu un avis favorable de la commission départementale d'orientation de l'agriculture depuis le début de l'année, contre seulement sept tout au long de l'année 2009, c'est notamment l'élevage bovin laitier qui repart à la hausse, tout comme les élevages bovin allaitant, de volailles et le maraîchage ».
Comme l'an dernier, la part des femmes et des hors cadre familial parmi les agriculteurs nouvellement installés progresse.
Enfin, avec 33 hectares de terrains par unité de travail humain en moyenne, la surface des exploitations sur lesquelles les nouveaux agriculteurs isérois s'installent se maintient aux niveaux de 2008 et 2009, soulignant la difficulté à trouver du foncier dans le département.
C.F.
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Un cadre juridique précis
Plus tôt, le conseiller en organisation du travail de la chambre d'agriculture, Guy Jauneau, a d'abord cadré le débat en rappelant la définition juridique de l'entraide, établie en 1962, suite à l'essor de la mise à disposition de matériel qui a accompagné la mécanisation des exploitations à partir des années 1950. Même si elle n'est pas toujours très structurée, « l'entraide ne permet pas n'importe quoi, a notamment prévenu le technicien. Il y a des normes à respecter. Par exemple, s'il n'y a pas de prestation de service, le principe de réciprocité s'applique. L'objectif est l'équilibre des échanges. C'est pourquoi ces derniers doivent être enregistrés. Si le montant du solde versé aux voisins qui ont donné un coup de main dépasse la valeur des services reçus, l'administration peut remettre en cause le caractère d'entraide ». Et si l'on s'organise en banque de travail, « il faut bien en préciser les règles de fonctionnement et enregistrer les contributions de chacun, car dans le cadre d'un contrôle fiscal par exemple, on peut demander à un agriculteur de justifier du temps passé sur une autre exploitation s'il a été rétribué pour ce travail ». Et puis, « comme les engins agricoles sont de plus en plus puissants, un petit écart entre le travail fourni chez les voisins et celui qu'ils effectuent sur la ferme peut peser sur les comptes de l'exploitation », a signalé Aurélien Clavel, le président des Jeunes agriculteurs de l'Isère.Le responsable professionnel a ensuite souligné l'importance des échanges entre agriculteurs, « qui ont de moins en moins droit à l'erreur et exercent un métier où les suicides ne sont pas rares ». « Rien n'est pire que l'absence de communication », a renchéri Christian Nucci, le vice-président du conseil général en charge de l'agriculture, en faisant référence au Sillon dauphinois, la structure mise en place avec la chambre d'agriculture, la mutualité sociale agricole et les services de l'Etat pour venir en aide aux agriculteurs en situation fragile (numéro unique : 04 74 20 81 49).
Un rôle crucial pour la réussite des installations
Pour l'élu, « celles et ceux qui se préparent à devenir agriculteurs ne doivent pas entrer dans cette profession à reculons. C'est le pourquoi le conseil général les aide à s'installer, même si l'agriculture est de plus en plus soumise à une tutelle administrative pointilleuse, même si on l'accuse de nous faire consommer des pesticides, même si le foncier agricole continue de se réduire comme peau de chagrin. Les candidats à l'installation n'ont pas à rougir du métier qu'ils feront demain. Mais la confiance des consommateurs passe par la qualité et la traçabilité. Et, sur le foncier, les élus doivent se donner les moyens de mettre leurs actes en cohérence avec leurs propos. Si on veut inciter les jeunes à s'installer, il faut que l'avenir de l'agriculture soit aussi clair que possible ».
Des journées comme celle du 2 décembre contribuent à l'éclairer. Les chiffres de l'installation l'attestent : les candidats à l'installation en agriculture sont de mieux en mieux préparés. De plus en plus âgés, ils possèdent généralement un diplôme de niveau IV (bac, BPREA...) voire plus.
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Bonne nouvelle : après un net recul l'an dernier (douze dossiers de moins qu'en 2008), « les installations repartent à la hausse en 2010, a indiqué Cécile Lauranson, la directrice adjointe de l'association départementale pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles (Adasea), jeudi 2 décembre, lors du forum organisé par les Jeunes agriculteurs de l'Isère dans le cadre de la quinzaine régionale de l'installation et de la transmission. Avec onze dossiers ayant déjà reçu un avis favorable de la commission départementale d'orientation de l'agriculture depuis le début de l'année, contre seulement sept tout au long de l'année 2009, c'est notamment l'élevage bovin laitier qui repart à la hausse, tout comme les élevages bovin allaitant, de volailles et le maraîchage ».Comme l'an dernier, la part des femmes et des hors cadre familial parmi les agriculteurs nouvellement installés progresse.
Enfin, avec 33 hectares de terrains par unité de travail humain en moyenne, la surface des exploitations sur lesquelles les nouveaux agriculteurs isérois s'installent se maintient aux niveaux de 2008 et 2009, soulignant la difficulté à trouver du foncier dans le département.
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