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Apprentissage

L'entreprise en prise d'adolescence

Initié par l'association Entreprendre pour apprendre, le salon de la mini-entreprise s'est tenu le 16 mai à Grenoble. Une quarantaine de collèges et de lycées ont exposé leurs produit. Et fait l'article au chaland.
L'entreprise en prise d'adolescence

Avant même qu'il ait pu franchir les portes du Salon, Maël et Olivier, bons commerciaux, sautent sur le chaland. « Vous connaissez le Tawashi'Care ? » Pas le moins du monde. Les deux adolescents entreprennent le malheureux prospect lui vantant les mérites de leur éponge démaquillante en chaussette recyclée. Normal : après des mois de travail, les deux jeunes garçons sont ravis de présenter leur produit au Salon académique des mini-entreprises-EPA, qui s'est tenu au palais des Congrès de Grenoble le 16 mai.

Bio et techno

Porté par l'association EPA-Auvergne-Rhône-Alpes (Entreprendre pour apprendre), ce rendez-vous de la mini-entreprise a, cette année, accueilli une quarantaine de collèges et de lycées de la région, venus présenter leur projet. De la « bougie surprise qui n'éclaire que celui qui la tient », proposée par des élèves du collège Nelson-Mandela (Pont-de-Claix), au « distributeur automatique de produits de première nécessité », mis au point par les 1ères Techno du lycée Charles-Gabriel Pravaz (Pont-de-Beauvoisin), en passant par Chewbastage, un « annuaire mettant en relation des entreprises et des futurs stagiaires », imaginé par les Terminales/CAP du lycée Philibert Delorme (L'Isle-d'Abeau), les projets étonnent par leur diversité.

Signe des temps, deux grandes tendances se dégagent : le recyclé, voire le bio, et la techno. Au rayon des gadgets pour geeks, on retiendra la clé USB personnalisable (lycée professionnel Jeanne d'Arc à Péage-de-Roussillon) ou la housse anti-onde pour smartphone, présenté par les 2ndes de l'Itec Boisfleury (Corenc), voire la pochette anti-démagnétisante pour cartes, réalisée à partir de matériaux récupérés et recyclés, compromis trouvé par les 3èmes du collège Martin Luther King (Charvieu-Chavagneux), pour concilier innovation et préoccupations environnementales. Les adeptes du « rien ne se perd, tout se transforme », auront quant à eux le choix  entre un tapis de douche, des éponges, des sets de bureau, des boucles d'oreilles, des sacs et des trousses fabriqués à partir de matériaux récupérés (bois, laine, emballage, bouteilles plastique, chambre à air...).

Pour ce qui est de la mise en valeur des produits locaux, la pêche est un peu plus maigre. Les 1ères Pro de Péage-de-Roussillon, soudés au sein de la mini-entreprise G'Alliance, ont bien essayé de se fournir en local pour leur coffret d'huiles essentielles bio. Cependant, « c'était trop difficile de trouver des fournisseurs : ça nous aurait posé trop de problèmes de déplacements », confie Gaëlle, responsable du service commercial. Les mini-entrepreneurs se sont donc contentés de faire de l'achat-revente. Mais, pour le reste, ils ont tout fait eux-mêmes, du packaging à la vidéo expliquant comment utiliser les huiles essentielles.

Savon local

Partis sur l'idée de vendre des savons de voyage, les 1ères Pro du lycée de la Matheysine, à La Mure, ont eu plus de chance. Ils ont trouvé un artisan-savonnier à Vaulnaveys-le-Haut, qui leur a fourni un savon « trois en un » (corps, cheveu, rasage, s'il vous plaît), fabriqué avec de l'huile de tournesol iséroise. Méline, du service production, aurait bien aimé fabriquer les savons elle-même, mais les aspects techniques et les contraintes réglementaires ont douché ses ambitions. Ce petit bémol mis à part, la jeune fille apprécie l'expérience. « On a vu ce qu'était le milieu de la vente. On s'est planté à certains moments. Pour le moral, c'était un peu les montagnes russes, mais ça a été formateur. » Son professeur, Patricia Altché, confirme. Outre l'intérêt de découvrir les métiers et le fonctionnement d'une entreprise, l'enseignante estime que l'exercice « oblige les élèves à réaliser un travail sur eux-mêmes. Ça les aide à avancer. » En dépit des échecs. Car les efforts sont payants, d'une manière ou d'une autre. Pour Laura, en charge de la comptabilité, la récompense aura été de voir qu'il y avait des « bénéfices au bout de la ligne ».

Marianne Boilève

 

Du local au national

Le Salon des mini-entreprises-EPA permet aux jeunes de faire connaître le travail accompli dans leur mini-entreprise tout au long de l'année scolaire. Le 16 mai, ils ont présenté leurs produits aux visiteurs et testé leurs arguments de vente. Tout au long de la journée, ils ont également été évalués par des jurys. Les lauréats iront représenter la région au Championnat national 29 et 30 Mai prochain à la Cité des Sciences à Paris. Dans les catégories lycée et post bac, la meilleure mini-entreprise-EPA du championnat national défendra les couleurs de la France au Championnat européen.