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Aménagements de l'Isère

L'épée de Damoclès

Les aménagements portés par le Symbhi (Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l'Isère) pour protéger la vallée du Grésivaudan et l'agglomération grenobloise contre les risques d'inondation ne sont pas sans conséquence pour les agriculteurs locaux.
L'épée de Damoclès

3 400 hectares. C'est la surface agricole qui a vocation à être utilisée pour la création de champs d'inondation contrôlée dans la vallée du Grésivaudan. Répartis entre Pontcharra et Meylan, ils peuvent recevoir et stocker jusqu'à 35 millions de m3 d'eau et ainsi limiter le débit de l'Isère dans les zones urbanisées de l'aval en cas de crue trentenale. Mais ce n'est pas sans créer de fortes inquiétudes auprès des agriculteurs qui exploitent ces terres. Comme l'explique Elisabeth Perrot, maraîchère à Murianette, « de nombreuses interrogations subsistent. Nous ne savons pas quelles seront les hauteurs d'eau dans nos cultures, ni combien de temps celle-ci va rester avant de s'évacuer. Si elle reste 24 heures, cela pourra peut-être aller. Si elle reste trois jours, tout sera perdu. Et le terrain aussi risque d'être fortement dégradé, alors qu'il est le résultat de décennies de labeur. Si cela se produit une année où les exploitations ont de la trésorerie, nous pourrons faire le dos rond. Si ce n'est pas le cas, certaines ne pourront s'en relever ». Pour André Coppard, responsable à la chambre d'agriculture, « c'est d'autant plus préjudiciable qu'il s'agit de terres agricoles à forte valeur agronomique ».

Des indemnisations insuffisantes

Selon André Mollard, retraité agricole à Gières, propriétaire de parcelles tout le long de l'Isère, « la mise en place de ces champs d'inondation contrôlée peut être une bonne chose. Mais au regard du bénéfice qu'ils peuvent permettre aux grenoblois, il serait juste que les agriculteurs reçoivent une compensation à la hauteur de leur perte. Nous avions demandé à être indemnisé à 100 % mais cela n'a pas été accepté. C'est toujours l'agriculture qui doit payer ». Les agriculteurs concernés le martèle, « le protocole d'indemnisation n'est pas suffisant ». Pour autant, ils estiment que le projet a évolué dans le bon sens. Au départ, les emprises foncières étaient trop importantes et les aménagements de loisirs initialement prévus incompatibles avec une activité de maraîchage. 

IB