L'esprit de résistance primé au festival des Pastoralismes
Les images sont belles, la réalité bien plus rude. Aussi abrupte que la pentes des estives et le mur d'incompréhensions auquel se heurtent les bergers du monde entier. Le palmarès de la 15ème édition du festival du film Pastoralismes et Grands espaces, qui s'est déroulé la semaine dernière à Grenoble, met l'accent sur le combat d'un monde contre un autre. Que ce soit No way (un berger néerlandais en lutte pour sauver mon métier, Grand prix du jury), Notre raison d'être (les défis des pasteurs transhumants au Sénégal, prix Espoir), ou Le Goût de la réglisse (mention spéciale du jury), chaque film livre le récit d'une « adaptation » aux impératifs catégoriques de nos sociétés (la mécanisation, la concurrence, la présence de grands prédateurs...) et renvoie le spectateur à ses contradictions. Dans Le Goût de la réglisse par exemple, la réalisatrice n'aborde pas seulement la question de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées. Elle s'intéresse surtout aux conséquences sur l'élevage extensif et le travail des hommes : l'abandon des quartiers les plus dangereux, donc les territoires les plus difficiles, les répercussions sur les troupeaux, l'impact économique et humain sur les exploitations. Ce qui fait dire à Pierre Witt, photographe et membre du jury, que malgré sa couleur assez sombre, ce palmarès a « le mérite de poser la question de ce à quoi on tient ».
MB