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Innovation

L'insémination nouvelle génération

Un nouveau pistolet vient d'être conçu par les coopératives Eliacoop, Codelia et Cecna, pour inséminer les vaches. Il est tout juste opérationnel.
L'insémination nouvelle génération

Dans le monde de l'insémination, c'est une petite révolution. Composé d'un nouveau pistolet et d'un protocole spécifique, « XtremiA », est le dernier concept d'insémination mis en œuvre par les coopératives Eliacoop, Codelia et Cecna, avec la start-up qu'elles ont créé, Elexinn. Il a pour but d'optimiser les résultats de fertilité des bovins.

Un protocole spécifique

Ce sont les matériaux qui le composent qui rendent ce pistolet innovant. Entièrement constitué de plastiques, il allie différentes matières qui s'adaptent aux contraintes anatomiques de l'animal que le technicien rencontre lors de la réalisation d'une insémination artificielle profonde. « Nous avons désormais en main un pistolet suffisamment rigide pour franchir le col sans difficulté, mais également suffisamment souple dans un second temps pour aller, doucement et facilement, jusqu'à 25 cm dans la corne utérine du côté pré-ovulatoire », explique Laura Balberini, chef de projets génétiques à Eliacoop.

L'utilisation du pistolet « XtremiA » est indissociable du respect d'un protocole spécifique. En effet, cette technique est utilisée uniquement après la réalisation d'une échographie, qui permet de vérifier que l'animal est effectivement apte à être inséminé, mais aussi d'identifier le côté pré-ovulatoire afin de déposer ensuite la semence dans la bonne corne utérine (l'espèce bovine étant une espèce mono-ovulante). L'utilisation de ce matériel sera spécifiquement réalisé dans les élevages équipés de matériel de contention. « Nous serons intransigeants sur cette question, car cette technique nécessite la plus complète tranquillité de l'animal », précise Jacky Martin, responsable technique à Eliacoop.

Plus de technicité

L'objectif de cette technologie étant d'optimiser les chances de succès des inséminations, l'inséminateur pourra refuser de l'appliquer si l'échographie n'est pas suffisamment convaincante. « XtremiA » n'a pas vocation à être utilisé systématiquement », prévient Jacky Martin. Elle est particulièrement adaptée pour la semence sexée, car ces paillettes sont aujourd'hui cinq à six fois moins concentrées en nombre de spermatozoïdes que les paillettes de semence classique, ce qui est un nombre physiologiquement faible pour maximiser les chances de réussite à l'insémination. Elle peut aussi être utilisée chez les vaches laitières hautement productrices, puisque, du fait de leur productivité, ces animaux ont généralement une circulation hormonale accélérée, qui diminue l'activité de la muqueuse utérine dont le rôle juste avant fécondation est de faciliter la remontée des spermatozoïdes dans la corne. Ces derniers auront donc plus de difficultés à accéder à l'ovocyte du fait d'une remontée plus lente, ce qui pénalisera leurs résultats de fertilité. Le système de dépose profonde de semence permet donc de pallier ce problème. Cette technique peut aussi représenter une alternative pour des animaux en situation de plus de trois inséminations artificielles ou « repeat breeding » dont la cause est d'origine utérine et non hormonale. Les spermatozoïdes étant déposés plus loin, ils ne se trouvent pas en contact direct avec les cellules anti-inflammatoires de l'utérus. Selon Jacky Martin, « ce nouveau concept d'insémination remet de la technicité dans le geste d'insémination ».

2 000 inséminations

Le projet a démarré en 2012 et a mobilisé plus de 150 personnes pour son développement. Après deux années de recherche et développement, la version prototype du pistolet a été proposé à neuf inséminateurs qui ont expérimenté le produit pendant 50 % de leur temps de travail. Au total, plus de 2 000 inséminations ont été réalisées de cette façon. Ces essais ont montré une amélioration des taux de vêlage de 42,3 % dans le cadre de l'insémination artificielle classique, et de 48,73 % dans le cadre d'«XtremiA » en semence sexée. Le coût pour l'éleveur est de 15 euros pour une insémination artificielle profonde.

Isabelle Brenguier

Visite de l'EARL de l'Epérimont

Jean-Yves Bouchier, éleveur laitier à Prelenfrey-Le Gua, et président du GDS de l'Isère accueillait le 27 janvier l'une des assemblées de section d'Eliacoop. L'occasion de présenter son élevage : l'EARL de l'Eperimont.
Installée sur les contreforts du Vercors à 1 000 mètres d'altitude, l'exploitation de Jean-Yves Bouchier et de son épouse est centrée sur l'élevage. Ainsi, ils élèvent 63 montbéliardes (pour un quota de 638 000 litres de lait, sur une surface de 138 hectares) et une quinzaine de veaux de lait par an. L'éleveur nourrit ses animaux en ration sèche (herbe et concentrés). En raison d'un parcellaire difficile, il a arrêté le maïs, il y a quatre ans. « J'avais peu de possibilité, je devais tout le temps en acheter à l'extérieur. Et puis, je n'ai pas la culture du tracteur », explique Jean-Yves Bouchier. Le fonctionnement de l'atelier bovin est assuré par 1,5 UTH (Unité de travail humain). L'éleveur et son épouse ont un salarié à 80 % depuis 16 ans. Des activités de pension de chevaux, de bûcheronnage et de travaux publics viennent en complément.
I.B.