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Réglementation

L’installation, pas à pas

Afin de répondre aux attentes des porteurs de projet souhaitant s’installer en agriculture biologique, la chambre d’agriculture de l’Isère a organisé une rencontre en avril dernier pour présenter aides et conseils.
L’installation, pas à pas

En 2019, il y aura 600 fermes en agriculture biologique en Isère soit 12% des fermes du département. En 2018, 82 nouveaux engagements ont été enregistrés. Mais avant d'entrer dans ces chiffres, l'agriculteur doit s'installer. Afin d'aider les futurs installés, la chambre d'agriculture de l'Isère a invité les porteurs de projets dans l'exploitation de Xavier Moget, maraîcher en agriculture biologique installé en 2007 à Sassenage. Autour de la table, chaque profil est différent : reconversion professionnelle, diversification d'une exploitation, étudiant agricole... et il en va de même pour les projets qui vont du maraîchage à l'élevage en passant par la nuciculture et les plantes aromatiques et médicinales. Qu'importe le projet, sur le parcours de l'installé, plusieurs jalons sont à respecter. A commencer par trouver le foncier. C'est malheureusement le premier point bloquant pour plusieurs porteurs de projet. « On travaille pour éviter que les exploitations sans reprise partent à l'agrandissement et soient utilisées pour l'installation des jeunes installés », rassure Jérémy Jallat, éleveur laitier à Saint-Nizier-de-Moucherotte.

Porteur recherche foncier

Quand le terrain est trouvé, il faut penser à la conversion des parcelles. « Si vous vous installez dans une ferme conventionnelle, vous pouvez demander des aides à la conversion », précise Marie Mallet, conseillère bio à la chambre d'agriculture de l'Isère. « Vous pouvez entamer votre conversion pendant que vous montez le projet pour gagner quelques mois », conseille Xavier Moget. Un porteur de projet a une partie de son foncier en friches et s'interroge sur la mesure à prendre. « Faites constater les friches avant tout, car vous obtiendrez une réduction du temps de conversion. Surtout ne commencez pas à travailler la terre avant la constatation ! », conseille de nouveau le maraîcher.
Ensuite, il faut faire maturer le projet. C'est là que le réseau entre en jeu. « Faites des enquêtes métier, des stages, aller voir les financements, les investissements... », conseille Valérie Laborde du point installation. Et de se former si on le souhaite. « En intégrant un réseau, vous pourrez accéder à des formations techniques, souvent courtes, dans toutes les productions agricoles », explique Rémi Colomb, conseiller technique maraîchage de l'Adabio. Les partenaires rappellent aussi l'intérêt de les contacter pour mener des études de faisabilité du projet, de répondre à des interrogations techniques. Il n'est pas utile d'attendre un avancement important dans son projet d'installation pour commencer.

Organisme certificateur

Dans le cadre d'une installation en agriculture biologique, il faut aussi entamer la procédure de certification en bio. « Vous devez choisir un organisme certificateur parmi la dizaine qui existe en France. Ensuite, vous adressez le devis de l'organisme au guichet unique de la direction départementale des territoires pour bénéficier des aides à la conversion. Enfin, vous le notifiez à l'Agence Bio », explique Marie Mallet. Certains conseils sont bienvenus : « Ne signez pas le devis donné. Envoyez-le non signé à la DDT pour que les aides régionales et européennes puissent être décidées. Et respectez bien l'ordre administratif », rappelle Rémi Colomb. Il faut aussi choisir un organisme certificateur qui connait la production citée et avec qui le contact est facilité. « Vous allez voir le technicien tous les ans pour renouveler votre certification », rappelle Xavier Moget. Les porteurs de projet présents s'interrogent aussi sur le fonctionnement d'un contrôle. « Il faut compter une demi-journée de préparation et une demi-journée de contrôle. On vous liste les documents que vous devez rassembler : la comptabilité, les factures, le cahier d'élevage... », raconte Jérémy Jallat. « On compare le nombre de surfaces déclarées en bio, la production de l'exploitation, les produits phytosanitaires et on vérifie que tout le fonctionnement est cohérent », ajoute Xavier Moget. Si certains doutes persistent, il faudra partir à la rencontre des exploitants.

Virginie Montmartin