L'Isère applaudit sa louveterie
Les salons de la préfecture de l'Isère accueillaient le mercredi 18 juillet une cérémonie de remise de médailles aux lieutenants de louveterie honoraires et des cartes de service à huit nouveaux louvetiers. L'occasion, pour Lionel Beffre, préfet de l'Isère de saluer le service d'intérêt général rendu par « une institution à l'histoire plus que millénaire », créee sous le règne de Charlemagne, dont les maîtres-mots sont le « sens de la mesure, la diplomatie et la connaissance du terrain ».
L'ombre du loup planait au-dessus du discours d'ouverture du préfet. « Si il n'est plus l'objet d'une peur quotidienne auprès de la population, il n'en reste pas moins un sujet de préoccupation majeur, en particulier pour les éleveurs », réaffirme-t-il. En effet, on dénombre une augmentation des attaques de loups dans le département, avec au 6 juillet dernier, 66 attaques recensées. Des chiffres cohérents avec la croissance observée de la population (autour de 20%). Face à cette menace, le préfet indique que le nombre de prélèvements de loups a été relevé de 40 à 43 tirs potentiels.
Cependant, pour répondre à ces attaques, le simple relèvement du plafond de tirs n'est pas suffisant soutient le préfet. Il donne quatre pistes pour rendre plus efficace la lutte : le « renforcement du partage d'informations », « travailler de manière plus coordonnée avec la totalité des acteurs », l'amélioration de la prévention ainsi que « la formation des éleveurs référents à l'utilisation des chiens de protection ».
Philippe Cornet chef de service départemental de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) explique, de son côté, que si le loup est une menace sérieuse dans un département ayant une grande tradition pastorale, il reste plus un « prédateur saisonnier » du fait que les meutes attaquent surtout les troupeaux quand les louves mettent bas. Cela ne veut pas dire pour autant que l'ONCFS et les louvetiers n'interviennent qu'en été. Les autres saisons, ils conduisent des missions de repérage d'indices afin de mieux anticiper la localisation des futures attaques.
En dehors du loup, la majeure partie des interventions des lieutenants de louveterie sont menées contre les autres animaux « susceptibles de causer des dégâts » à savoir le sanglier, le blaireau et le renard.
Accueillir les nouveaux louvetiers
La cérémonie était aussi celle de la relève. Philippe Cornet était en charge du recrutement des nouveaux louvetiers. Il explique que les critères déterminants, compétences cynégétiques mises à part, sont principalement la motivation et le temps libre. Concernant le profil, il affirme qu'ils ont d'abord une attache avec la chasse et que de ce fait beaucoup ont également des liens avec le monde agricole.
Antoine Delamarche fait partie de ces huit nouveaux louvetiers. Grenoblois, il n'a pas de lien particulier avec l'agriculture. Il a décidé de se tourner vers cette activité avant tout pour « diversifier les pratiques ». Il vient néanmoins d'une famille de chasseurs et son père, aujourd'hui retraité a été lui-même louvetier.