L'Isère imprime sa marque à Paris
L'Isère s'est une nouvelle fois illustrée de belle manière au Salon de l'agriculture. Avec une trentaine de médailles dans leur besace, producteurs, éleveurs et transformateurs signent une jolie performance avec leurs animaux bien sûr, mais aussi leurs huiles de noix, spiritueux, liqueurs, bières, fromages et même - fait nouveau - leur miel. « C'est satisfaisant sur le plan personnel, c'est une reconnaissance de notre travail, mais aussi de l'excellence de notre territoire », savoure Yann Bresson, qui a reçu la médaille de bronze du Concours général agricole dans la catégorie miel de montagne pour son miel toutes fleurs à dominante de tilleul. Primé l'automne dernier au Trophée Fermier d'or Auvergne-Rhône-Alpes, l'apiculteur de Lancey a le triomphe modeste. « Je fais un miel de qualité et j'ai une certaine pratique, mais je ne suis pas le seul en Belledonne. J'espère que ce genre de prix servira la notoriété du territoire et jouera en faveur de la crédibilité du projet de parc régional auquel je suis très attaché. »
Récompense collective
Sylvain Piltant, propriétaire d'Athos, le cheval du Vercors de Barraquand qui, pour sa première participation au trophée national des chevaux de territoire, a damé le pion à des races réputées comme le camargue ou le mérens, joue lui aussi la carte du partage. « Cette médaille d'argent, c'est le fruit d'un travail collectif, celui d'une association dynamique qui a obtenu la reconnaissance officielle de la race l'an dernier », déclare l'éleveur, président de l'Association nationale cheval du Vercors de Barraquand.
En marge des récompenses, les Isérois ont également profité du Salon pour présenter leur savoir-faire aux Parisiens et prouver que leurs trésors gastronomiques ne se cantonnent pas au gratin dauphinois. Vendredi, jour où l'Isère était invitée sur le stand de la Région du goût, ils ont étonné les curieux en mettant en avant la diversité des productions locales, et surtout les produits de la marque Is(h)ere, qu'il s'agisse du safran, des bières, des noix caramélisées, d'escargots ou d'un pâté au bleu. Raoul Attanasio, le liquoriste de Corps, leur a d'ailleurs fait découvrir le génépi et déguster ses produits estampillé La Salettina. Les producteurs de noix ont quant à eux improvisé une petite séance de cassage de noix de Grenoble avec les enfants, animation qui a permis de discuter avec les parents et de leur faire comprendre, comme l'a rappelé Jean-Claude Darlet, le président de la chambre d'agriculture, qu'« acheter des noix de Grenoble, c'est faire vivre tout un territoire ».
Attentifs aux produits
Vers midi, Cédric Bayle et Franck Brun, maîtres-restaurateurs et chefs de l'Xtrème (Saint-Jean-de-Bournay), se sont mis aux fourneaux pour préparer douceurs et amuse-bouches à base de produits isérois. Entre toasts au saint-marcellin sur petit lit d'oignon, bleu de Sassenage-Vercors et compote de poire de Seyssuel, et madeleines au miel de Belledonne, les gourmets ont pu ainsi réviser leurs classiques. « Les Parisiens sont attentifs aux produits, remarque Pascal Denolly, le vice-président de la chambre d'agriculture. Au-delà de la dégustation, on sent un intérêt grandissant pour les origines des produits et les manières de faire. Le fait d'avoir associé des maîtres-restaurateurs à l'opération apporte également un plus : auparavant, on se contentait de couper un saint-marcellin en huit et de le faire goûter. Aujourd'hui, on propose des recettes. Dans un salon comme celui-là, les gens attendent plus que des produits bruts. Et ça permet de parler également du rôle du Pôle agroalimentaire isérois, qui fédère les différents maillons de la chaîne. »