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Alimentation

L'Isère ouvre son ombrelle au milieu du Salon

Le président du Département a choisi le stand du Vercors pour lancer publiquement la marque Agri(Is)Here et faire connaître les produits phare de l'Isère.
L'Isère ouvre son ombrelle au milieu du Salon

Que diriez-vous de quelques ravioles aux cèpes... cuisinées par Jean-Pierre Barbier, sous le regard bienveillant d'un maître-restaurateur ? A en juger par la foule qui s'est pressée devant le stand du Vercors, lundi midi, la recette de Mickaël Bokis, chef de l'Angelis à Grenoble, a eu l'air goûteuse. En tout cas, le président du Département, ceint d'un tablier aux couleurs d'Alpes(Is)Here, a semblé prendre plaisir à endosser son rôle de Master Chef. Jean-Claude Darlet et Pascal Denolly aussi, d'ailleurs.

Pour les deux représentants du monde agricole isérois comme pour le président du conseil départemental, l'enjeu dépasse de très loin le cadre de la photo-souvenir au Salon de l'agriculture. « On monte en gamme sur la présentation de nos produits, se félicite le président de la FDSEA. En termes d'image, c'est bien de les faire mettre en valeur par un jeune cuisinier talentueux. » Plus généralemet, ce type d'animation vise surtout, selon Jean-Pierre Barbier, à « asseoir l'impact de la marque territoriale de l'Isère », une marque « toute neuve » qui doit permettre aux produits isérois d'atteindre la notoriété qu'ils méritent, mais qu'ils n'ont pas encore tout-à-fait. D'ailleurs, le Département travaille à rallier au panache de la nouvelle marque quelques produits phare, comme la noix de Grenoble, le bleu du Vercors-Sassenage ou le saint-marcellin. Ces stars locales n'ont certes pas besoin de la puissance de feu du conseil départemental pour se faire connaître. Mais elles peuvent jouer les « locomotives », capables d'entraîner dans le sillage de leur notoriété des productions iséroises plus confidentielles.

Qualité et équité

« Nous avons des produits et des agriculteurs d'excellence, insiste le président Barbier. Je veux assurer leur promotion à travers la marque Agri(Is)Here. C'est une marque ombrelle, sous laquelle tous les produits isérois qui le souhaitent pourront s'abriter. » A condition qu'ils répondent au cahier des charges élaboré collectivement par l'ensemble des acteurs du goût isérois, qu'ils soient consommateurs, producteurs, transformateurs, artisans, distributeurs ou meilleurs ouvriers de France. Le président du Département résume ce cahier des charges en trois mots : « Origine, qualité et surtout équité ». C'est sans doute là que réside l'originalité de la démarche. La nouvelle marque de territoire ne se contente pas de garantir la qualité d'un produit agricole. Elle certifie également à l'acheteur potentiel que le prix payé au producteur lui permet de « vivre dignement », tout en restant « abordable pour le consommateur ».

En ce 26 février, le lancement de la marque Agri(Is)Here sur les stands du Vercors, puis de la région Aura, répond à un double objectif stratégique : faire connaître les produits et la marque. Rien n'a été négligé. Ni la présence des élus, venus en force, ni les animations culinaires, ni les démonstrations, ni les rencontres avec les confréries. De vercouline en marcelline, de pressée d'huile de noix en moulage de fromage ou en dégustations de vins de l'Isère, les visiteurs du Salon ont pu goûter – et s'étonner - de la diversité des produits dauphinois. « Comme Savoie-Mont-Blanc, la marque Agri(Is)Here ne s'adresse pas seulement aux habitants de notre territoire, précise Jean-Pierre Barbier. Mais nous ne l'avons pas non plus créée pour lutter contre Savoie-Mont-Blanc : ça n'aurait pas de sens. Il y a de la place pour tout le monde. » A la table des gastronomes, le gratin dauphinois ou le saint-marcellin ont la même légitimités que la tartiflette ou le beaufort. Encore faut-il que le monde entier le sache. Deux jours durant, le Salon international de l'agriculture a joué à fond son rôle de chambre d'échos.
MB