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Tourisme

La Biélorussie rencontre Gîte de France

Venus pour quelques jours en Isère, une délégation biélorusse a visité un gîte en Chartreuse pour découvrir le fonctionnement de l’hospitalité à la française.
La Biélorussie rencontre Gîte de France

« Je suis déjà venu en France mais je voulais revenir avec mes collègues. Ils n'avaient vu que Paris. » Tarasiuk Siarhei, directeur de la fondation internationale pour le développement rural (IFRD) est chargé d'apporter des réponses aux interrogations concernant le développement de l'activité touristique en Biélorussie. Pour Tarasiuk Siarhei, le but est de comprendre quelle stratégie la France met en place pour rendre le milieu rural attractif. « Nous cherchons à aider nos villages locaux car beaucoup de gens quittent le milieu rural pour aller en ville ». Après une délégation française partie visiter quelques gîtes l'an passé en Biélorussie, c'est au tour des biélorusses de visiter les gîtes de Chartreuse. La délégation de quatre Biélorusses a donc beaucoup de questions pour les gestionnaires du gîte visité au Sappey-en-Chartreuse, Bruno et Colette Charles. « Quel type de nourriture servez-vous aux hôtes ? ». Pour Bruno Charles, agriculteur et président du groupement d'alpage de Chamechaude, la réponse est simple : « On présente le vin et le fromage fait de la région, et le reste est en majorité produit à la ferme ».

Adapter le gîte à la clientèle

Les interrogations ont poursuivi sur le développement et la rentabilité d'un gîte. Les clients du gîte de Bruno et Colette Charles viennent en majorité de France, autant pour l'été que pour la saison hivernale. « Il y a beaucoup d'activités sportives à faire comme l'accrobranche ou la randonnée, mais nous ne sommes aussi qu'à 30 minutes de Grenoble », explique l'agriculteur. Afin de mieux faire connaître l'endroit, les Biélorusses ont interrogé sur l'organisation possible d'évènements. « C'est possible mais nous ne le souhaitons pas. Le principe d'un gîte est d'avoir plusieurs groupes qui se rencontrent pour échanger », souligne Bruno Charles.
Mais la France n'est pas la Biélorussie. Certaines choses doivent être adaptées. Par exemple, ce n'est pas le même système de développement touristique car la clientèle n'est pas la même. Selon Claude Crochet, ancien directeur de Gîtes de France présent lors de la visite de la délégation française en Biélorussie, « en France, nous commençons par développer les hébergements, ensuite la restauration et les animations suivent peu à peu. En Biélorussie, ils font l'inverse ». Grâce à une clientèle de proximité en majorité russe, le but serait d'attirer d'abord des clients par l'animation, la restauration et s'ils souhaitent rester pour la nuit dans la zone, qu'ils puissent trouver un gîte. La capacité de développement biélorusse est là : « Il y a beaucoup de potentiel dans les gîtes que nous avons visité mais ils ont quelques problèmes d'organisation, confirme Claude Crochet, par exemple, nous avons conseillé de baisser le nombre de lits disponibles pour que cela soit plus confortable, et de limiter à l'inverse, le nombre de plats par repas pour augmenter la rentabilité ».

Réseauter et investir

Les Biélorusses souhaitent également connaître la logique de réseau suivie par les hébergeurs. « Si nous n'avons plus de place, nous donnons le contact d'un autre gîte du village », confirme Colette Charles. Chaque gîte français n'est pas forcément en concurrence avec les autres. Apprendre à réseauter est important pour le couple. « On travaille avec Gîte de France, on est aussi gîte Panda pour WWF afin de limiter les consommations énergétiques... » raconte Bruno Charles. La question du maillage est actuellement en question en Biélorussie. Concernant le logement, la question du numérique a également été posée : « Avez-vous Internet ? Des installations plus techniques ? », interroge la délégation. « Si les gens recherchent la modernité, ils ne viennent pas ici. En Chartreuse, on ne vient pas juste pour le confort, mais pour la beauté du lieu », explique Colette Charles. Pour Claude Crochet, il ne faut pas brûler les étapes de développement : « Il faut commencer par l'hébergement et ensuite monter en gamme en fonction des possibilités d'investissement. Si on loge chez des gens avec un bon sens de l'accueil, on oublie les petits défauts ». Les leviers de financement touristique sont cependant encore à l'étude, des deux côtés de l'Europe.

Virginie Montmartin