Groupement de défense sanitaire
La BVD, une maladie à deux visages
Jeudi dernier, le GDS 38 a organisé sa traditionnelle journée sanitaire. Cette année, le virus de la BVD a été mis à l'honneur. Plusieurs interventions ont pu permettre aux éleveurs de mieux comprendre pourquoi la lutte contre cette maladie est importante pour la vie économique de leurs exploitations.
« Cette maladie n'est pas simple à gérer. Il y a un seul virus avec deux manières de s'exprimer. Ce ne sont pas les symptômes les plus spectaculaires qui sont les plus graves. Au contraire, ce sont ceux qui avancent insidieusement, à pas de loup, qui font le plus de dégâts sur l'économie d'une exploitation ». Jeudi dernier, lors de la journée sanitaire annuelle du GDS 38, Marie-Ange Arcangioli, enseignante à l'école vétérinaire de Lyon, faisait partie des intervenants pour parler aux éleveurs de la BVD (diarrhée virale bovine), ou plus communément appelé maladie des muqueuses. Cette maladie est connue depuis une cinquantaine d'années, mais aucun dépistage automatique n'est réalisé car elle ne fait pas partie des maladies réglementées, comme peuvent l'être la tuberculose ou l'IBR (rhinotrachéïte infectieuse bovine).
Stopper le virus, une priorité
Le choix de ce thème n'est pas anodin : « Aujourd'hui, la pression monte sur la BVD. Il y a une forte demande des éleveurs pour qu'on s'en occupe. On veut essayer de stopper collectivement la circulation de ce virus », commente Michel Boursier, président du GDS Isère. Ainsi, les quelque 140 éleveurs présents ont pu, au cours de la journée, prendre connaissance de plusieurs notions concernant le diagnostic, le dépistage ou encore la vaccination de ce virus. Jean-Luc Champion, vétérinaire conseil du GDS des Hautes-Alpes et de la Socahp (société coopérative de l'agneau de Haute-Provence) a même étendu le sujet, en présentant la border disease, maladie virale des moutons proche de la BVD.
Comme l'a rappelé Marie-Ange Arcangioli, cette maladie pose de nombreux problèmes au niveau de la reproduction. Si les bovins sont en contact avec le virus, ils développeront des anticorps et l'élimineront naturellement. Le problème, c'est qu'en période de gestation, cela peut causer des avortements ou des retours de chaleur. Et par conséquences causer des pertes économiques pour l'éleveur. Par contre, si l'animal est en contact avec le virus entre le 30e et le 125e jour de gestation, soit cela conduit à un avortement, soit le veau continue à se développer. Dans ce dernier cas, le système immunitaire du veau reconnaît le virus comme faisant partie intégrante de son propre organisme et à la naissance, le veau ne développera jamais d'anticorps. C'est ce qu'on appelle un veau IPI, infecté permanent immunotolérant*.« Ce sera une bombe à virus dans votre élevage car il va développer la maladie des muqueuses et contaminer tous les animaux à son contact, ajoute l'enseignante. C'est la forme la plus spectaculaire de la maladie. Le veau bave, a de la fièvre, de la diarrhée. Il ne rumine pas et rechigne à se déplacer. Des ulcères peuvent se développer sur ses muqueuses. Près de 93 % de ces animaux meurent avant l'âge de trois ans. Dès qu'ils sont dépistés, il faut veiller à les éliminer de l'élevage ».
Vers une lutte collective
Des mesures peuvent être prises pour dépister au plus tôt la maladie, ou la maîtriser, par le biais des contrôles lors d'achats d'animaux et de la vaccination. Le GDS 38 met en place des plans sanitaires pour aider les éleveurs à assainir leur cheptel, mais cela ne suffit pas. « Pour s'en sortir, il va falloir éliminer collectivement les IPI », alerte Edwige Vennereau, vétérinaire au GDS 38. Jacky Gros, secrétaire adjoint du GDS 38, ajoute : « La BVD est en pleine évolution. L'idée est de s'organiser collectivement pour l'éradiquer. Des pistes de travail sont évoquées comme trouver tous les IPI, déterminer le statut des élevages par des analyses sur le lait et des prises annuelles, s'assurer lors des achats, des mises en pension, ou des montées en alpage de déplacer que des animaux garantis non IPI et s'ils ne le sont pas, les contrôler, vacciner les femelles gestantes exposées au virus en particulier lors des rassemblements d'animaux comme les comices ou les alpages ». Autre idée évoquée : envoyer une lettre aux éleveurs pour leur rappeler de pratiquer des tests sur les veaux, notamment ceux issus de mères achetées alors qu'elles étaient encore en période de gestation, car cela veut dire qu'elles ont circulé pendant la période à risque. Mais, ce qu'espère surtout le GDS 38, c'est un futur arrêté préfectoral rendant obligatoire l'élimination des IPI.
Lucile Ageron
*Voir notre édition n°2909 du 25 novembre 2010.
Stopper le virus, une priorité
Le choix de ce thème n'est pas anodin : « Aujourd'hui, la pression monte sur la BVD. Il y a une forte demande des éleveurs pour qu'on s'en occupe. On veut essayer de stopper collectivement la circulation de ce virus », commente Michel Boursier, président du GDS Isère. Ainsi, les quelque 140 éleveurs présents ont pu, au cours de la journée, prendre connaissance de plusieurs notions concernant le diagnostic, le dépistage ou encore la vaccination de ce virus. Jean-Luc Champion, vétérinaire conseil du GDS des Hautes-Alpes et de la Socahp (société coopérative de l'agneau de Haute-Provence) a même étendu le sujet, en présentant la border disease, maladie virale des moutons proche de la BVD.
Comme l'a rappelé Marie-Ange Arcangioli, cette maladie pose de nombreux problèmes au niveau de la reproduction. Si les bovins sont en contact avec le virus, ils développeront des anticorps et l'élimineront naturellement. Le problème, c'est qu'en période de gestation, cela peut causer des avortements ou des retours de chaleur. Et par conséquences causer des pertes économiques pour l'éleveur. Par contre, si l'animal est en contact avec le virus entre le 30e et le 125e jour de gestation, soit cela conduit à un avortement, soit le veau continue à se développer. Dans ce dernier cas, le système immunitaire du veau reconnaît le virus comme faisant partie intégrante de son propre organisme et à la naissance, le veau ne développera jamais d'anticorps. C'est ce qu'on appelle un veau IPI, infecté permanent immunotolérant*.« Ce sera une bombe à virus dans votre élevage car il va développer la maladie des muqueuses et contaminer tous les animaux à son contact, ajoute l'enseignante. C'est la forme la plus spectaculaire de la maladie. Le veau bave, a de la fièvre, de la diarrhée. Il ne rumine pas et rechigne à se déplacer. Des ulcères peuvent se développer sur ses muqueuses. Près de 93 % de ces animaux meurent avant l'âge de trois ans. Dès qu'ils sont dépistés, il faut veiller à les éliminer de l'élevage ».
Vers une lutte collective
Des mesures peuvent être prises pour dépister au plus tôt la maladie, ou la maîtriser, par le biais des contrôles lors d'achats d'animaux et de la vaccination. Le GDS 38 met en place des plans sanitaires pour aider les éleveurs à assainir leur cheptel, mais cela ne suffit pas. « Pour s'en sortir, il va falloir éliminer collectivement les IPI », alerte Edwige Vennereau, vétérinaire au GDS 38. Jacky Gros, secrétaire adjoint du GDS 38, ajoute : « La BVD est en pleine évolution. L'idée est de s'organiser collectivement pour l'éradiquer. Des pistes de travail sont évoquées comme trouver tous les IPI, déterminer le statut des élevages par des analyses sur le lait et des prises annuelles, s'assurer lors des achats, des mises en pension, ou des montées en alpage de déplacer que des animaux garantis non IPI et s'ils ne le sont pas, les contrôler, vacciner les femelles gestantes exposées au virus en particulier lors des rassemblements d'animaux comme les comices ou les alpages ». Autre idée évoquée : envoyer une lettre aux éleveurs pour leur rappeler de pratiquer des tests sur les veaux, notamment ceux issus de mères achetées alors qu'elles étaient encore en période de gestation, car cela veut dire qu'elles ont circulé pendant la période à risque. Mais, ce qu'espère surtout le GDS 38, c'est un futur arrêté préfectoral rendant obligatoire l'élimination des IPI.
*Voir notre édition n°2909 du 25 novembre 2010.