La cave de Bernin cherche des volumes
« Avec 330 hectolitres récoltés en 2015, c'est un peu mieux que la récolte 2014 où il n'y avait eu que 276 hecto. Une misère. Nous n'avions pas pu faire de rosé et cela ne couvre pas les frais dans la mesure où l'on veut rester au même niveau de rémunération, indique Jean-Pierre Amaudru, le président de la cave des vignerons réunis de la Vallée du Grésivaudan. La cave compte aujourd'hui 10 exploitations dont une en cours de reprise. Si elle n'éprouve aucune difficulté à vendre son vin, en revanche, elle déplore la baisse des volumes. Un paradoxe car elle est obligée d'acheter du vin à l'extérieur, notamment du rosé, pour répondre à la demande. « Notre verdesse, les gens reviennent pour en acheter. A Noël, nous avons tout vendu, et le persan aussi », constatent les administrateurs, lors de l'assemblée générale qui s'esty tenue la semaine dernière.
Les coopérateurs ont exploré plusieurs pistes pour renflouer les cuves comme acheter de la vendange ou encore planter de nouveaux hectares. Problème, aujourd'hui, les jeunes vignerons qui plantent ou s'installent vinifient et commercialisent chez eux. Les viticulteurs en profitent pour rappeler quelques fondamentaux. Dans le Grésivaudan, la culture de la vigne demeure un complément de revenu qui réclame de nombreuses heures de travail manuel. Ils espèrent que la nouvelle réglementation incitera de nouvelles plantations, en faisant valoir que sur les coteaux de la rive droite, rien d'autre ne pousse que la vigne.
Cave à vendre
« Nous devons nous battre, insiste Jean-Pierre Amaudru. Les choses évoluent. » La cave sait qu'elle a encore des cartes à jouer, sur un marché porteur, en tant que gardienne du patrimoine viticole local.
Pour l'heure, l'établissement affiche un chiffre d'affaires de 65 400 euros en 2015, en retrait de 20% en raison de la faible récolte 2014. Ses fonds sont solides et lui permettent d'affronter les fluctuations. Au niveau patrimonial, la cave est toujours propriétaire de la cave du Touvet, un dossier qui a du mal à trouver une issue. L'établissement, implanté sur un foncier de 6 000 m2 en zone constructible ne trouve pas d'acquéreur. « La mairie nous en a proposé 25 000 euros. Nous avons refusé », sourit Jean-Pierre Amaudru. Compte tenu du prix du foncier dans le Grésivaudan, les administrateurs ont décidé de demander un devis pour faire raser les murs de la cave et projettent de vendre le terrain nu.