La chambre d’agriculture prend la compétence eau
Depuis octobre dernier, les agriculteurs irrigants ont rendu à la chambre d'agriculture de l'Isère leurs fiches signalant les volumes d'eau prélevés en 2017 et la demande de volumes prélevables pour 2018. Après 2017, qui fut une première année test, la chambre d'agriculture est devenue officiellement en 2018 l'organisme unique de gestion collective (OUGC) des prélevements d'eau à usage d'irrigation agricole. « De janvier à mars, la chambre statue sur les attributions de volumes finaux et du calendrier de sécheresse. En mars prochain, le préfet confirmera l'homologation du plan de répartition par le préfet. En avril, les attributions seront envoyées aux irrigants », explique Nathalie Jury de la chambre d'agriculture de l'Isère. Un protocole qui fait grincer les dents de quelques uns des 230 irrigants venus à l'assemblée générale de l'association des irrigants de l'Isère à Bressins. « Comment voulez-vous qu'on déclare des volumes prélevables en octobre alors qu'on ne connaît pas encore nos assolements ? » questionne une agricultrice. « Le but est avant tout de donner les volumes le plus tôt possible », tempère Franck Doucet, président du syndicat.
Un calendrier modifié
Avant de songer à la déclaration volumétrique, encore faut-il dépendre de la chambre d'agriculture de l'Isère. « Les OUGC dépendent d'un périmètre. La chambre d'agriculture de l'Isère s'occupe de l'ensemble du département sauf des nappes de l'est lyonnais, ainsi que les zones de la Galaure et de la Bourne, qui dépendent de l'OUGC de la Drôme. A l'inverse, nous nous occupons de la Valoire. Le but est de ne pas couper les bassins versants », explique Nathalie Jury. Tous les irrigants du département ne sont pas forcément concernés non plus. « Si votre alimentation dépend du réseau d'eau potable, vous n'êtes pas concernés. Si vous faites partie d'une Cuma ou d'une ASA, le fonctionnement est organisé au niveau de la structure collective. C'est uniquement dans le cas d'un pompage individuel que vous devez vous déclarer », précise-t-elle. Chaque année, la démarche sera à refaire car l'attribution dépend à 60% de l'historique du bassin versant, mais également à 40% de son historique personnel.
En plus de la déclaration de prélèvements volumétriques, le calendrier sécheresse est également modifié. Lors d'une alerte de niveau 1, cinq plages horaires de 6 heures ont été choisies, soit 30 heures d'arrêt. Lors d'une alerte renforcée, soit de niveau 2, quatre plages horaires sont rajoutées aux cinq existantes pour un total de 54 heures d'arrêt. Mais il n'est pas rigide. « Pour les grandes cultures, on m'a demandé de remplacer les plages horaires de 6 heures par une seule de 30 heures afin d'éviter d'endommager les machines à chaque redémarrage. Vous aurez le choix entre les deux systèmes », explique Franck Doucet. Même problématique pour les cultures spécialisées : « Les maraîchers, les pépiniéristes et les autres professions horticoles pourront proposer un calendrier spécifique individuel en fonction de certains critères », détaille Nathalie Jury.
Subventions possibles
Afin de pallier les restrictions futures, certaines subventions sont disponibles au niveau régional, voire européen pour investir dans du nouveau matériel. De même, des subventions existent concernant la contribution au service public d'électricité (CSPE). « Pour 2018, l'ADI veut mettre en place un appel d'offre pour maîtriser et négocier le coût de l'énergie, explique Franck Doucet, on doit aussi travailler sur l'efficience de l'irrigation. » « J'ai une position d'accompagnant et non pas de sanction, explique Nathalie Jury, le but est d'avoir une situation normale huit années sur dix et d'éviter les alertes sécheresse. » Le volume attribuable est d'ailleurs majoré de +5% voire 20% en fonction des zones géographiques, afin de pallier les conséquences hydriques du changement climatique.