La Chartreuse a plus d'une ressources
Découvrir un territoire par les témoignages de ses créateurs ou repreneurs d'entreprises, c'est se rendre compte d'un potentiel économique souvent méconnu. C'est la raison pour laquelle le parc naturel régional de Chartreuse organisait courant octobre une journée de la création et reprise d'entreprise en partenariat avec les acteurs économiques du territoire.
Où l'on apprend, au détour d'une table ronde, qu'il existe des gisements d'emplois insoupçonnés, notamment dans la croissance verte, et qu'il suffit d'être curieux et malin pour les faire siens. Olivier Pyot a repris l'entreprise éponyme en 2008. « Avant, je ne faisais que de la couverture et de la zinguerie. Aujourd'hui, le métier est plus complet et je recherche de nouvelles compétences », explique le dirigeant qui emploie plus d'une dizaine de salariés à Saint-Laurent-du-Pont. Au fil des années, s'inscrivant dans le créneau de la rénovation et de la performance énergétique, les chantiers ont pris de l'ampleur. « Ce n'est pas la routine et pourtant, j'ai du mal à trouver de la main-d'œuvre », regrette Olivier Pyot. « Les bâtiments évoluent avec pour objectif de produire plus d'énergie qu'ils n'en consomment. Donc automatiquement, les métiers évoluent. Il existe des possibilités de s'épanouir. » Les conditions de travail ont aussi beaucoup progressé. « En artisanat et dans la proximité, il y a une carte à jouer », estime le dirigeant d'entreprise dont les carnets de commande sont remplis.
De nouveaux produits
Christophe Imbert est éducateur sportif, accompagnateur de montagne et moniteur de VTT au Sappey-en-Chartreuse. Il surfe sur l'engouement de sa clientèle pour le vélo à assistance électrique (VAE). Il n'y a jamais eu autant de personnes qui remontent en Chartreuse à vélo. Ces nouvelles pratiques réclament néanmoins quelques conseils. « Nous sommes dans un territoire atypique. Il existe des opportunités pour créer de nouveaux produits », indique l'éducateur sportif qui multiplie les activités de plein air pour pallier le manque de neige. Il s'oriente aussi vers une clientèle entreprise « pour lisser la saisonnalité ». Autoentrepreneur comme 98% de ses confrères il déclare : « Je suis payé pour me promener, mais avant, c'est du boulot. » Point avantageux, l'écomobilité a son pôle formation situé dans l'ancien Creps de Voiron, l'Institut de formation du vélo délivrant un diplôme d'Etat.
Une autre façon de mettre un pied dans les activités en lien avec la croissance verte est de se créer un réseau. Or, le service civique offre une expérience professionnelle aux jeunes âgés de 16 à 25 ans. L'association Unis-cité Isère est partenaire du Pays voironnais sur un programme de sensibilisation à la transition énergétique baptisé « les volontaires de la transition énergétique ». Ces missions indemnisées permettent aux jeunes de parfaire leur projet professionnel, voire d'imaginer créer leur propre activité.
Isabelle Doucet
ParcoursLa capacité de s'entourer
« Informez-vous, formez-vous, faîtes-vous accompagner », pour les conseillers à la création ou la reprise d'entreprise, quel que soit le secteur (commerce, artisanat, industrie, agriculture), la réussite du porteur de projet « dépend de sa capacité à s'entourer ». Les organismes consulaires sont en première ligne, mais il existe aussi tout un cortège d'experts, professionnels du chiffre et du droit, de financeurs etc.La chambre de commerce de Savoie est intervenue dans le cadre de cette journée de création et de reprise pour délivrer quelques conseils aux porteurs de projets. L'aventure commence par un point personnel. La création d'activité réclame beaucoup d'énergie, il vaut donc mieux connaître une certaine stabilité et disponibilité personnelle. Il faut aussi identifier ses besoins en formation et en compétences à acquérir, car un créateur est à la fois responsable de production, technicien, commercial, gestionnaire, manager etc. La connaissance du marché est aussi indispensable : quelle offre, quel service, pour quelle clientèle ? « Le but est de trouver un critère différenciant, de saisir de nouvelles tendances, de bien définir son positionnement et de fixer un objectif en termes de chiffre d'affaires », indique une conseillère de la CCI Savoie.
Les facteurs d'échec trois ans après la création ont évolué. Il y a peu, c'était la comptabilité et la gestion qui pêchaient. Aujourd'hui, c'est le développement commercial et la communication. Le business plan est aussi une étape indispensable, qui permet de fixer un prix et un seuil de rentabilité.Des leviers financiersCaroline Sauvage, de la plateforme Initiative Pays Voironnais, insiste sur l'étape-clé du plan de financement. « De quoi ai-je besoin pour démarrer mon projet ? » Il comprend l'apport personnel et l'emprunt bancaire. Si l'apport est faible, il existe des leviers pour le renforcer via les réseaux comme l'Adie ou Grenoble Alpes initiative active, mais aussi des prêts d'honneur, des cautions bancaires, des garanties ou des aides directes à la création reprise. Restera ensuite à trouver un régime juridique adéquat en fonction du nombre d'associés, de la taille de l'entreprise, du patrimoine, puis un régime fiscal et social.
Faire attention au démarchage abusif, intégrer un réseau, assurer l'entreprise, respecter les obligation administratives et comptables, élaborer des tableaux de bord, mais aussi savoir dire stop si le projet n'est pas viable, sont autant de conseils délivrés lors des tables rondes.ID