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CING

La communication en pratiques

Réuni en assemblée générale le 10 septembre, le CING est revenu sur les 80 ans de la noix de Grenoble, année charnière qui a conduit la profession à mieux communiquer sur ses pratiques. Un enjeu à la fois sociétal et commercial.
La communication en pratiques

Elle a beau avoir 80 ans, elle va de l'avant. Ou plutôt au devant des consommateurs. Que ce soit sur les pistes de ski, les réseaux sociaux ou dans la campagne autour de chez elle, la noix de Grenoble a depuis longtemps compris que, pour se faire connaître, il fallait com-mu-ni-quer. Ce qui est nouveau, c'est qu'elle ne le fait plus seulement sur son bon goût et ses vertus. Sentant le vent tourner, notamment lors des débats récurrents sur les phytos, les responsables de la filière ont pris les choses en main. Yves Borel, le président du Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble (CING), ne s'est pas privé de le rappeler lors de l'assemblée générale qui s'est tenue le 10 septembre à Chatte.

Règles de bonne conduite

Brandissant le tout nouveau Guide des bonnes pratiques, l'élu a évoqué la genèse du document dont il avait annoncé la parution quelques mois plus tôt. « Ce guide, pour lequel je remercie Jean-Luc Revol de nous avoir cassé les pieds, est sorti en juin, à l'occasion des 80 ans de la noix de Grenoble, a déclaré le président du CING. Il montre à nos concitoyens ce que nous faisons, en précisant les règles de bonne conduite et certains points de notre cahier des charges. Nous en avions parlé en février, lors de la réunion avec les riverains de Vinay. Nous avons tenu parole : c'est une très bonne chose. Lorsque nous avons été au festival de L'Albenc avec Christian Nagearaffe, début septembre, nous avons constaté que la présidente de l'association qui nous avait mis en cause avait désormais un discours plus nuancé. C'est donc un travail qu'il faut continuer. »

Pour Christian Nagearaffe, nuciculteur dans la Drôme et administrateur du CING, ce guide est également destiné aux producteurs. Non seulement pour les aider à « expliquer leurs pratiques », mais aussi pour rappeler, notamment à « quelques brebis galeuses » qui entachent l'image de la profession, les règles de bonnes conduites, les mesures réglementaires et les points du cahier des charges en faveur de pratiques respectueuses de l'environnement et du voisinage. « Nous sommes aussi là pour faire la police chez nous et expliquer aux paysans qu'il vaut mieux ne pas traiter la première rangée de noyers quand elle se trouve à côté d'une villa », a renchéri Yves Borel.

Le ton et la responsabilité du discours ont séduit les politiques. Se disant « choqué par la levée de bouclier » dans son village à l'annonce de 2,5 hectares de plantations nouvelles, Bernard Pérazio, adjoint à Auberives-en Royans et vice-président du Département en charge de la voirie, a assuré les nuciculteurs de son soutien. « Il faut que l'on soit réactif, a-t-il insisté. Il en va du maintien de l'activité dans notre région, mais aussi de la notoriété du produit auprès des consommateurs. Des solutions alternatives existent. Elles sont coûteuses, j'en ai bien conscience. Mais si tout le monde s'engage dans cette direction, les coûts vont diminuer. » L'élu estime que cette stratégie est payante et que les producteurs vont rapidement en récolter les fruits. « Regardez les articles de presse aujourd'hui : ils sont à des années lumière de ce qui s'écrivait l'an dernier. Nous sommes dans une phase positive. Il y a une prise de conscience. Il faut poursuivre dans ce sens. »

Enjeux commerciaux

C'est prévu. Après la récolte, le CING envisage de nouvelles rencontres avec les riverains pour aller plus loin dans les discussions. Au-delà des éventuels conflits d'usage, Arnaud Rivière, son vice-président, grossiste de profession, a par ailleurs souligné que les enjeux commerciaux étaient considérables. « Nos clients sont en train d'évoluer, a-t-il indiqué. Carrefour vient de lancer Act for food, un programme mondial d'actions qui va obliger les fournisseurs à aller vers moins de pesticides. Auchan va là-dessus également, mais aussi Leclerc, Casino... Ce ne sont pas seulement les consommateurs qui vont nous pousser à évoluer, mais aussi la grande distribution. »

Anticipant ce processus, le CING a recruté en alternance une étudiante-ingénieure de l'Isara. La mission de Romane Roosz : étudier la noix de Grenoble sous toutes ses coutures pour fonder scientifiquement les allégations de santé et les déclarations nutritionnelles associées au petit fruit à coque. « Il faut que nous ayons des éléments pour démontrer que nous avons des produits sains et de qualité », justifie Christian Nagearaffe. Des éléments tangibles qui, selon la directrice du CING, Catherine Petiet, pourraient également enrichir le cahier des charges de la noix de Grenoble et lui permettre, à terme, de mieux se démarquer.

Marianne Boilève

Prévision de récolte 2018

Trop d'eau au printemps, pas assez cet été. Les caprices de la météo ont une fois de plus malmené les vergers de noyers. Les récoltes de noix de Grenoble, qui ont commencé le 25 septembre, s'annoncent donc compliquées. En effet, selon les prévisions, la production devrait être en légère baisse en volume, avec une grande disparité entre les secteurs, et notamment entre vergers irrigués et non-irrigués. De plus la sécheresse et la canicule ont entraîné un certain nombre de noix « brûlées », ce qui va nécessiter de procéder à un tri assez fin. Pour ce qui est des calibres, la tendance est plutôt bonne. La majorité est supérieure à 30 mm, mais il risque d'y avoir près de 15% de sous-calibres dans les zones en excès d'eau.

 

Etude Fernor : les producteurs s'impliquent

Lancée l'an dernier, l'étude qui doit permettre au CING de décider s'il est opportun d'intégrer la variété fernor dans le cahier des charges de l'AOP, est entrée dans sa phase opérationnelle. Après un premier travail de recensement des parcelles auprès des adhérents (116 réponses), le groupe professionnel de suivi a défini un ensemble de critères pertinents, les modalités de l'analyse sensorielle et validé les données objectives à recueillir. Une cinquantaine de parcelles (22 plantées en fernor, 27 en franquette), réparties en fonction des zones, des classes d'âge et du mode de production (irrigation, biologique...) sont désormais suivies. Les données collectées (itinéraire technique, rendement, prix sur cinq ans...) nourriront le débat sur l'intérêt d'introduire fernor dans l'appellation et, le cas échéant, permettront de construire l'argumentaire nécéssaire pour la demande auprès de l'Inao.