Trophée « Marianne de la parité »
La compétition aux conseils d'élus féminisés est ouverte
L'association des femmes élues de l'Isère s'est associée à l'initiative du réseau de promotion de la parité dans les instances élues « Elles aussi » afin d'encourager les partis politiques à ouvrir plus largement leurs listes aux femmes lors des élections des conseillers territoriaux, en 2014. Le département comprenant 47 % de conseillères régionales (grâce à la loi sur la parité en politique de 2000), mais moins de 9 % de conseillères générales, l'association ne s'y prend pas trop tôt !
Décerner des trophées afin de distinguer les communes et les intercommunalités particulièrement respectueuses du principe de la parité entre hommes et femmes, l'idée a séduit l'association des femmes élues de l'Isère (AFEI, descendante de la première association française de femmes élues : l'association des conseillères municipales de l'Isère, créée en 1945). Née en 2009 dans le Rhône, cette initiative du réseau de promotion de la parité dans les instances élues « Elles aussi » va donc être reprise dans une série de départements français, dont l'Isère, à une période où les collectivités se préparent à de profonds changement. Du fait du mode de scrutin retenu dans la réforme en cours, « on peut présumer que les conseillers territoriaux qui remplaceront les conseillers généraux et régionaux seront essentiellement des hommes, estime Brigitte Périllié, la présidente de l'AFEI. Mais la réforme des collectivités impose aussi la parité dans les communes de 500 à 3 500 habitants, alors qu'elle n'est obligatoire que pour les communes de plus 3 500 habitants actuellement ».
Une échéance : 2014
Pour aider les collectivités à préparer l'échéance des prochaines élections locales (en 2014), « nous recueillons auprès des communes et des communautés de communes la composition de leurs conseils et de leurs exécutifs afin d'y dénombrer les femmes. Un comité de sélection se réunira dans le courant du mois de janvier pour dresser la liste des collectivités se rapprochant le plus de la parité et établir un classement en fonction des critères définis par « Elles aussi ». Puis un jury (composé de représentants de l'AFEI, mais aussi de l'observatoire isérois de la parité, des associations des maires et des maires ruraux de l'Isère, de celle des anciens maires et adjoints ainsi que de différents partis politiques) se réunira pour désigner les destinaires des premières « Marianne de la parité » décernées dans le département. Mais la remise des trophées ne pourra pas avoir lieu avant la fin des élections cantonales des 20 et 27 mars prochains », détaille Brigitte Périllié, par ailleurs vice-présidente du conseil général en charge (notamment) de l'égalité homme-femme.
Ce faisant, « notre objet n'est pas d'évincer les hommes, précise immédiatement l'élue, également administratrice du réseau « Elles aussi ». Nous ne prétendons pas faire de la politique mieux que les hommes. Mais quand on voit que l'assemblée départementale est masculine à 91 % alors que les femmes constituent la moitié de l'humanité, on se demande dans quel monde on vit ! Les collectivités doivent pouvoir prendre en compte les aspirations des femmes. Or, notre société est culturellement très sexuée. Du fait des rôles sociaux qu'on leur assigne, les femmes politiques peuvent donc avoir des priorités sensiblement différentes de celles de leurs homologues masculins. Moi-même, je peux témoigner que, lors des discussions sur le budget 2011 du conseil général de l'Isère, ce sont des femmes qui m'ont soutenue pour défendre la ligne budgétaire finançant les actions de défense des droits des femmes, de lutte contre les discriminations à l'égard des femmes ou en faveur de l'égalité homme-femme. Il y a des associations qui risquent de fermer si nous ne les finançons plus, mais, même si certains ont pu me témoigner leur soutien en dehors de l'hémicycle, les conseillers généraux de sexe masculin sont restés muets lors de ce débat ».
La politique et au-delà
La récente enquête nationale sur les violences envers les femmes ayant montré que près de 3 % des Françaises (soit environ 500 000 femmes) subissent des agressions physiques de la part de leur compagnon, quel que soit leur milieu social, l'AFEI espère que la remise de Marianne de la parité contribuera aussi à prévenir ces violences. « Ces chiffres doivent nous interroger, commente Brigitte Périllié. En tant qu'élus locaux, l'Etat faisant très peu pour prévenir les violences conjugales, qu'avons-nous fait pour réduire ce fléau ? Force est de constater que nous n'avons pris des mesures que depuis une dizaine d'années, quand l'Europe a fait des recommandations en la matière. Mais aussi au moment où entrait en vigueur la première loi sur la parité en politique ».
Cécile Fandos
Une échéance : 2014
Pour aider les collectivités à préparer l'échéance des prochaines élections locales (en 2014), « nous recueillons auprès des communes et des communautés de communes la composition de leurs conseils et de leurs exécutifs afin d'y dénombrer les femmes. Un comité de sélection se réunira dans le courant du mois de janvier pour dresser la liste des collectivités se rapprochant le plus de la parité et établir un classement en fonction des critères définis par « Elles aussi ». Puis un jury (composé de représentants de l'AFEI, mais aussi de l'observatoire isérois de la parité, des associations des maires et des maires ruraux de l'Isère, de celle des anciens maires et adjoints ainsi que de différents partis politiques) se réunira pour désigner les destinaires des premières « Marianne de la parité » décernées dans le département. Mais la remise des trophées ne pourra pas avoir lieu avant la fin des élections cantonales des 20 et 27 mars prochains », détaille Brigitte Périllié, par ailleurs vice-présidente du conseil général en charge (notamment) de l'égalité homme-femme.
Ce faisant, « notre objet n'est pas d'évincer les hommes, précise immédiatement l'élue, également administratrice du réseau « Elles aussi ». Nous ne prétendons pas faire de la politique mieux que les hommes. Mais quand on voit que l'assemblée départementale est masculine à 91 % alors que les femmes constituent la moitié de l'humanité, on se demande dans quel monde on vit ! Les collectivités doivent pouvoir prendre en compte les aspirations des femmes. Or, notre société est culturellement très sexuée. Du fait des rôles sociaux qu'on leur assigne, les femmes politiques peuvent donc avoir des priorités sensiblement différentes de celles de leurs homologues masculins. Moi-même, je peux témoigner que, lors des discussions sur le budget 2011 du conseil général de l'Isère, ce sont des femmes qui m'ont soutenue pour défendre la ligne budgétaire finançant les actions de défense des droits des femmes, de lutte contre les discriminations à l'égard des femmes ou en faveur de l'égalité homme-femme. Il y a des associations qui risquent de fermer si nous ne les finançons plus, mais, même si certains ont pu me témoigner leur soutien en dehors de l'hémicycle, les conseillers généraux de sexe masculin sont restés muets lors de ce débat ».
La politique et au-delà
La récente enquête nationale sur les violences envers les femmes ayant montré que près de 3 % des Françaises (soit environ 500 000 femmes) subissent des agressions physiques de la part de leur compagnon, quel que soit leur milieu social, l'AFEI espère que la remise de Marianne de la parité contribuera aussi à prévenir ces violences. « Ces chiffres doivent nous interroger, commente Brigitte Périllié. En tant qu'élus locaux, l'Etat faisant très peu pour prévenir les violences conjugales, qu'avons-nous fait pour réduire ce fléau ? Force est de constater que nous n'avons pris des mesures que depuis une dizaine d'années, quand l'Europe a fait des recommandations en la matière. Mais aussi au moment où entrait en vigueur la première loi sur la parité en politique ».