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Sassenage

La conduite d'attelage, « cela ne s'improvise pas »

Cheval de trait / Développer la traction animale et la formation à l'attelage font partie des nombreux chantiers de l'association Isère cheval vert. Dominique Gallien, responsable de la société Atout trait à Sassenage, fait partie des personnes coordonnatrices de ce chantier régional.
La conduite d'attelage, « cela ne s'improvise pas »
Quand on lui demande pourquoi il a choisi de travailler avec les chevaux de trait, Dominique Gallien répond spontanément : « J'ai découvert le cheval tardivement, à 18 ans. Comme je suis assez costaud, je suis allé vers les chevaux de trait, un peu laissés à l'abandon. J'étais attiré par leur puissance et surtout leur polyvalence ».

Une activité qui ne se pratique pas à la légère
En 2003, après avoir passé cinq ans à travailler dans une collectivité à l'aménagement et l'entretien des espaces verts, il crée son entreprise spécialisée en traction animale. « J'avais proposé aux élus d'essayer de faire l'entretien avec des chevaux de trait, mais ils n'ont pas voulu. Puis, comme je ne voulais pas devenir fonctionnaire, à la fin de mon contrat, je me suis lancé », raconte-t-il.
C'est dans ses conditions qu'Atout trait est né. Basée aujourd'hui au centre équestre de la Chevauchée de la renardière, à Sassenage, elle est spécialisée en traction animale, que ce soit pour des travaux forestiers et agricoles ou des animations plus touristiques avec des promenades ou des randonnées en attelage. « Aujourd'hui, l'activité touristique se développe un peu plus que les autres, même si le débardage représente 40 % du chiffre d'affaires », précise-t-il.
L'attelage intéresse de plus en plus de monde, et pas forcément des professionnels, ce qui inquiète Dominique Gallien. « C'est un phénomène de mode et c'est un peu le revers de la médaille pour les gens qui se battent vraiment pour la reconnaissance des formations en attelage. Des associations, des particuliers se lancent là-dedans, mais des accidents arrivent car il y a des règles à respecter. Ce n'est pas une activité qui se pratique à la légère, surtout lorsque l'on a plusieurs personnes dans la calèche, explique-t-il. Il faut avoir conscience des risques, et être formé à la conduite de l'attelage. Cela ne s'improvise pas ».

Un certificat de spécialisation bientôt enseigné dans la région
Car les formations en la matière peuvent être assez variées et pas forcément reconnue par l'Etat, « j'ai eu beaucoup de mal à en trouver une et il faut beaucoup de volonté pour y arriver. J'ai passé un diplôme de meneur accompagnateur de tourisme équestre en attelage reconnu par la fédération française d'équitation, mais pas par l'Etat. Alors que mon diplôme d'accompagnateur en tourisme équestre est reconnu par le ministère de la Jeunesse et des Sports », témoigne le professionnel. Et d'ajouter : « Nous sommes nombreux à nous battre pour former correctement les gens ». Le certificat de spécialisation utilisateurs de chevaux attelés, créé en 2005 et délivré par le ministère de l'Agriculture, répondrait parfaitement à cette demande. Mais, ce certificat n'est pour l'instant pas enseigné en Rhône-Alpes. L'association Isère cheval vert, les lycées horticoles de Saint-Ismier et de Contamines-sur-Arves (Haute-Savoie), et la FRcivam (fédération régionale des centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural) de Rhône-Alpes mènent des discussion « pour que ce certificat soit dispensé dans la région. La Draaf (direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt) nous aide à monter le dossier », détaille Dominique Gallien. Quant à la date de réalisation de ce projet, pour l'instant, il avoue ne pas la connaître : « Elle reste floue, car nous avons encore un an d'étude de marché. Mais, visiblement Isère cheval vert chapeauterait le dossier et des comités entre les différents partenaires sont mis en place pour aboutir au plus vite à l'enseignement de ce certificat ».
Lucile Ageron