La coupe est pleine
Il n'en peut plus. Il est fatigué, découragé. Robert Giraud, éleveur ovin à Lalley, à proximité du col de la Croix-Haute, ne compte plus les attaques de loup et même, tout récemment, de vautour, que son troupeau a subi dans l'alpage du Jocou et même dans un parc dans la commune après avoir redescendu ses brebis l'automne dernier. D'ailleurs, il ne sait même plus comment il va faire cette année, où il va mettre ces bêtes au moment de la redescente. Il ne sait plus non plus si son fils de 21 ans, étudiant à l'Isara qui nourrissait le projet de reprendre l'exploitation, va s'installer. « Nous ne pouvons pas continuer à élever des brebis pour les faire manger par les loups », lâche-t-il, complètement désabusé. « Si rien n'est fait, tout est condamné », déplore ainsi l'éleveur.
Pas de gaieté de coeur
« Nous sommes habitués à travailler pour pas grand chose. Mais là... Le loup, ce sont des pertes. Et c'est aussi tellement de travail supplémentaire. C'est un souci et un stress permanent. Il faut aussi composer avec les patous. Nous sommes toujours dans la crainte qu'il y ait un problème. Cet hiver, nous devrons en garder un dans l'exploitation. Ce n'est pas de gaieté de cœur. Ils ne sont pas obéissants », explique Robert Giraud.