Pour Didier Vachon, l'indicateur est important. Le directeur de France Bleu Isère attend non sans une certaine impatience les résultats du sondage Médiamétrie mesurant les scores des différentes radios en Isère. Et 2016 sera un bon cru. 104 000 auditeurs quotidiens, 11 300 de plus à l'écoute de la radio départementale. « C'est une bonne progression et nous place au deuxième rang derrière France Inter et même nous sommes leader sur la tranche 9h30-11h », se réjouit l'élégant quinquagénaire. Quand on sait que le département de l'Isère compte presque une cinquantaine de radios sur l'ensemble de son territoire, faire 10% d'audience est effectivement flatteur.
40 et plus
Mais France Bleu Isère ne cherche pas à séduire tous les publics, question d'éviter la dispersion. « Nous nous adressons aux 40 et plus, indique Didier Vachon. Nous ne voulons pas conquérir les 15-25 ans, zappeurs et habitués du mulimédia. Ils nous rejoindront plus tard. Nous sommes un peu sur le même auditoire que la PQR ou la PHR ».
En termes géographiques, si la radio souffre un peu de la concurrence des autres radios dans l'agglomération grenobloise où elle n'atteint que la 4 ou 5ème place, elle gagne globalement partout dans le département. « Le milieu agricole nous écoute bien. Il nous arrive fréquemment d'avoir des auditeurs dans leur tracteur qui nous appellent en direct », indique Didier Vachon.
Pour conquérir cette place prépondérante, la radio locale a deux émissions, fer de lance : Les experts à 9h30 et On cuisine ensemble, à 10 heures, qui bat tous les records. « Nous n'avons pas suivi une mode, mais au contraire l'avons lancée, se défend le directeur de l'antenne iséroise. Mais pas nous, le réseau France Bleu. Cela fait de très nombreuses années que nous parlons de cuisine à cette heure-là. Aujourd'hui, le réseau France Bleu est cohérent dans toute la France. Nous avons le même découpage horaire, mais nous interprétons ensuite la démarche nationale dans nos départements ». L'identité nationale de la radio est donc déclinée et adaptée localement. Et en Isère, c'est en invitant des chefs restaurateurs, des artisans des métiers de bouche, des producteurs locaux à venir parler de leurs produits de leur savoir-faire et de leur passion, que la déclinaison prend forme. Avec le succès que l'on connaît. « C'est une de nos façons de faire de la proximité, parce que nous sommes bien un média proche des gens ».
Jean-Marc Emprin