Le Pont-de-Beauvoisin
La Cuma relancée avec dix exploitations
PARTAGE/Les contraintes croissantes en matière de traitements des cultures ont déclenché la réactivation d'une ancienne coopérative de drainage dans le secteur du Pont-de-Beauvoisin. Un projet qui a abouti grâce à un solide accompagnement et à la volonté d'une dizaine d'exploitants.
La coopérative d'utilisation de matériel agricole (Cuma) du Pont-de-Beauvoisin vient de renaître de ses cendres. « Dans ce secteur où la plupart des agriculteurs sont plutôt individualistes, nous n'avions qu'une vieille Cuma destinée au drainage, quelques adhérents à la Cuma de l'avant-pays savoyard pour des travaux de compostage, d'épandage de fumier, et des exploitants possédant du matériel en commun, indique Jean-Paul Gavrend, l'un des associés du Gaec de Beauchiffray, à Saint-Jean-d'Avelanne, et président de cette structure rénovée. Le fait de partager un pulvérisateur à quatre exploitants, et que la réglementation nous oblige à renouveler ces équipements plus fréquemment, a permis d'entamer la réflexion sur une Cuma ».
Des agriculteurs suivis de près
Compétente pour l'accompagnement de projets collectifs, la chambre d'agriculture n'a pas laissé passer cette occasion de relancer une Cuma. « En 2008, lorsque l'idée a émergé, un autre associé du Gaec de Beauchiffray, Michel Maurin, a participé au festival des groupes organisés à Dôle, dans le Jura, et à un atelier sur les Cuma et les banques de travail », relate Brigitte Berthier, la conseillère territoriale des vals du Dauphiné.
Ensuite, « la Chambre ne nous a plus lâchés, se remémore Jean-Paul Gavrend. Elle s'est chargée de recenser les agriculteurs du secteur, de les convoquer à des réunions d'information, ce qui a permis d'identifier des collègues du Pont-de-Beauvoisin, de Saint-Jean-d'Avelanne, mais aussi de Pressins, de Saint-Albin et de Saint-Martin-de-Vaulserre, que je ne serais jamais allé chercher, car je ne connaissais pas leur façon de travailler et ne soupçonnais pas qu'ils pourraient être intéressés ».
C'est ainsi qu'un stage réunissant huit agriculteurs a eu lieu au cours de l'hiver dernier. Organisé par la Chambre d'agriculture et la fédération départementale des Cuma, il était animé par un consultant en organisation du travail et en relations humaines. « Cette série de rencontres a permis à ces huit exploitations en polyculture-élevage, mais aussi grandes cultures et élevage bovin allaitant, de se former sur le fonctionnement d'une Cuma, mais surtout d'apprendre à mieux se connaître et de faire part de leurs objectifs individuels afin de définir des objectifs partagés, ce qui est un préalable indispensable pour partir sur de bonnes bases », souligne Brigitte Berthier.
Couplée à une banque de travail
C'est dans le cadre de ce stage que « la problématique de la banque de travail a émergé, car l'un de nos voisins était embêté de ne pas pouvoir rendre les services qu'on lui rendait, raconte Jean-Paul Gavrend. Même si tous les membres de la Cuma n'adhèrent pas à la banque de travail, aucun des agriculteurs qui en avait besoin n'a rechigné à la mettre en place, car chacun peut ainsi travailler de façon claire et transparente ».
Désormais fort de dix exploitants agricoles, le groupe possède un épandeur de fumier, un pulvérisateur, un distributeur d'engrais, un rouleau de type Cambridge avec un semoir à petites graines, un déchaumeur et, depuis cette année, un enfouisseur d'engrais pour maïs, qui « suscite l'intérêt de non-adhérents, selon le président de la Cuma, car il permet d'économiser des engrais et que la Dauphinoise a stoppé l'enfouissement d'ammoniaque, faute de pouvoir s'approvisionner ».
Des débuts encourageants
Cette coopérative où les décisions sont entièrement collégiales envisage maintenant l'acquisition d'un broyeur de prairie. « Mais, nous devons tout d'abord asseoir les fondations du groupe et vérifier que le partage du matériel fonctionne bien, même si la banque de travail permet d'optimiser l'utilisation des différents outils au cours des fenêtres d'intervention », estime Jean-Paul Gavrend. Il faut aussi maintenir le niveau d'endettement à un niveau raisonnable, car l'ensemble des investissements a été financé par des emprunts bancaires.
Il est trop tôt pour prédire le devenir de cette jeune Cuma, mais « les premières utilisations se sont bien déroulées et la banque de travail monte progressivement en puissance, informe Jean-Paul Gavrend. Un jour, nous avons même eu tout le matériel du voisin pour semer le blé chez nous, tandis que notre téléscopique a charrié 750 tonnes de fumier en une seule journée lors du dernier chantier, mais pas une seule chez nous ».
Cécile Fandos
Des agriculteurs suivis de près
Compétente pour l'accompagnement de projets collectifs, la chambre d'agriculture n'a pas laissé passer cette occasion de relancer une Cuma. « En 2008, lorsque l'idée a émergé, un autre associé du Gaec de Beauchiffray, Michel Maurin, a participé au festival des groupes organisés à Dôle, dans le Jura, et à un atelier sur les Cuma et les banques de travail », relate Brigitte Berthier, la conseillère territoriale des vals du Dauphiné.
Ensuite, « la Chambre ne nous a plus lâchés, se remémore Jean-Paul Gavrend. Elle s'est chargée de recenser les agriculteurs du secteur, de les convoquer à des réunions d'information, ce qui a permis d'identifier des collègues du Pont-de-Beauvoisin, de Saint-Jean-d'Avelanne, mais aussi de Pressins, de Saint-Albin et de Saint-Martin-de-Vaulserre, que je ne serais jamais allé chercher, car je ne connaissais pas leur façon de travailler et ne soupçonnais pas qu'ils pourraient être intéressés ».
C'est ainsi qu'un stage réunissant huit agriculteurs a eu lieu au cours de l'hiver dernier. Organisé par la Chambre d'agriculture et la fédération départementale des Cuma, il était animé par un consultant en organisation du travail et en relations humaines. « Cette série de rencontres a permis à ces huit exploitations en polyculture-élevage, mais aussi grandes cultures et élevage bovin allaitant, de se former sur le fonctionnement d'une Cuma, mais surtout d'apprendre à mieux se connaître et de faire part de leurs objectifs individuels afin de définir des objectifs partagés, ce qui est un préalable indispensable pour partir sur de bonnes bases », souligne Brigitte Berthier.
Couplée à une banque de travail
C'est dans le cadre de ce stage que « la problématique de la banque de travail a émergé, car l'un de nos voisins était embêté de ne pas pouvoir rendre les services qu'on lui rendait, raconte Jean-Paul Gavrend. Même si tous les membres de la Cuma n'adhèrent pas à la banque de travail, aucun des agriculteurs qui en avait besoin n'a rechigné à la mettre en place, car chacun peut ainsi travailler de façon claire et transparente ».
Désormais fort de dix exploitants agricoles, le groupe possède un épandeur de fumier, un pulvérisateur, un distributeur d'engrais, un rouleau de type Cambridge avec un semoir à petites graines, un déchaumeur et, depuis cette année, un enfouisseur d'engrais pour maïs, qui « suscite l'intérêt de non-adhérents, selon le président de la Cuma, car il permet d'économiser des engrais et que la Dauphinoise a stoppé l'enfouissement d'ammoniaque, faute de pouvoir s'approvisionner ».
Des débuts encourageants
Cette coopérative où les décisions sont entièrement collégiales envisage maintenant l'acquisition d'un broyeur de prairie. « Mais, nous devons tout d'abord asseoir les fondations du groupe et vérifier que le partage du matériel fonctionne bien, même si la banque de travail permet d'optimiser l'utilisation des différents outils au cours des fenêtres d'intervention », estime Jean-Paul Gavrend. Il faut aussi maintenir le niveau d'endettement à un niveau raisonnable, car l'ensemble des investissements a été financé par des emprunts bancaires.
Il est trop tôt pour prédire le devenir de cette jeune Cuma, mais « les premières utilisations se sont bien déroulées et la banque de travail monte progressivement en puissance, informe Jean-Paul Gavrend. Un jour, nous avons même eu tout le matériel du voisin pour semer le blé chez nous, tandis que notre téléscopique a charrié 750 tonnes de fumier en une seule journée lors du dernier chantier, mais pas une seule chez nous ».