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Economie

La Dauphinoise se dévoile

Exercice inhabituel pour la coopérative Dauphinoise. Elle va au devant des élus et décideurs politiques afin d'expliquer toute la dynamique économique que sa présence engendre dans les territoires.
La Dauphinoise se dévoile

Juste avant d'attaquer ses premières assemblées de section à l'intention de ses adhérents, la coopérative Dauphinoise a organisé la semaine dernière une soirée de présentation de ses activités en direction des élus locaux, maires, conseillers départementaux ou régionaux. C'est au sein du Sémaphore de Roussillon, que Jean-Yves Colomb et Georges Boixo, respectivement président et directeur général de la coopérative, ont décrit les axes de développement puis ont répondu aux questions des personnalités présentes.

C'est la première fois que la coopérative se plie à cet exercice, mais ses dirigeants ont bien compris la nécessité d'expliquer aux interlocuteurs politiques, voire financiers, la globalité de son action sur de nombreux départements compris désormais entre la Saône-et-Loire et le Vaucluse, voire même jusqu'à la Corse pour certaines activités. Car aujourd'hui, la société mère, la coopérative historique est un acteur régional incontournable dans les métiers du grain : collecte, production de semence, agro-fourniture... la coopérative a un large champ d'actions. Elle s'est développée aussi grâce au groupe qu'elle a peu à peu formé, dans l'alimentation animale, la production d'œufs et dans des magasins grand public. Au total, le groupe comprend 30 sociétés qui lui permettent par le truchement de complémentarités les unes par rapport aux autres d'offrir une assise relativement solide dans un environnement économique plutôt secoué. « Nous connaissons un contexte économique difficile, analyse Jean-Yves Colomb. Le principal challenge à relever est de sécuriser le revenu des agriculteurs. Sur notre aire d'intervention géographique, nous avons connu un climat très humide au printemps qui a pénalisé le nord de la région. Mais nous devons faire face aussi aux aléas économiques. Avec des prix de produits agricoles durablement bas, le passage est compliqué. Notre rôle est d'apporter de la valeur ajoutée aux productions et de redonner de la compétitivité aux exploitations. »

Rapprochement

Cela n'empêche pas les dirigeants coopératifs de nourrir des projets. D'abord celui du renouvellement des générations d'administrateurs. Une formation spécifique interne est mise en place pour attirer de nouveaux volontaires. En ce qui concerne les secteurs d'avenir, la production d'œufs constitue aujourd'hui un pôle important mais qui doit adapter sa production aux nouvelles demandes. Monoprix dès maintenant, Super U en 2020 ne commercialiseront plus d'œufs de poules élevées en cage. « Nous sommes à la recherche d'une trentaine de bâtiment pour répondre à ces demandes », soulignent les dirigeants. 

D'un point de vue stratégique, un rapprochement avec Valsoleil a permis de développer la filière d'alimentation du bétail bio. Depuis cet été également, le rapprochement avec Baby coque renforce le pôle œufs via Envie d'œufs Sud Est qui structure déjà une filière prometteuse.

Jean-Yves Colomb a évoqué un projet d'union avec Terre d'Alliance, « pas une fusion », précise-t-il, qui va permettre de mettre en commun des moyens matériels (des silos par exemple) pour d'améliorer la compétitivité de l'ensemble. « Nous aurons ainsi des moyens plus importants pour investir dans des filières à valeur ajoutée. » Enfin, cinq coopératives du Sud-Est vont développer de nouveaux magasins grand public en alimentaire sous la marque Frais d'ici.

 

Jean-Marc Emprin