La fauche à plat préférable aux andains
Le temps était menaçant à Chateauvilain le 25 avril, mais en croisant les doigts, Isère conseil élevage a pu organiser une démonstration de fanage pour les ensilages. C'est l'époque qui veut ça. Même si la saison semblait plutôt lente à se mettre en place, la chaleur soudaine a accéléré la pousse de l'herbe obligeant à penser ensilage. « Nous n'aurions pas cru accompagner les ensilages d'herbe si tôt », admet Pierre Gonin d'Isère conseil élevage, lors de la présentation de la rencontre.
Plus c'est court, meilleur c'est
La petite demi-journée, si elle s'est terminée par l'essai grandeur nature de trois types de matériels, a d'abord été l'occasion de rappeler un certain nombre de consignes pour obtenir un ensilage de qualité. « Il est important de mesurer le degré de séchage », rappellent les techniciens. Pour cela ICE met à disposition un appareil portatif (moister tracker) permettant de le contrôler sur le champ. « Il faut un fourrage riche en UF et en azote, insistent-il. Et pour cela, plus le temps de séchage sera court, moins il y aura de perte de valeur alimentaire ». Et de préconiser un délai entre la coupe et l'ensilage de moins de 48 heures, idéalement une nuit dehors. L'important est d'atteindre un taux de matière sèche supérieur à 35 %. C'est possible mais chacun n'est pas armé de la même façon face à ce défi.
Tout commence par la fauche. Certains coupent et rassemblent en « faux » andains. La pratique est courante et permet de penser qu'il y a gain de temps. En réalité, l'épaisseur de matière est forcément un peu épaisse et la partie inférieure ne sèche pas. Une préconisation est donc de faucher à 7 cm de haut afin de permettre une circulation sous-jacente et entamer un début de dessication. Des essais ont également été réalisés à plat dans le vaste champ mis à disposition par le Gaec de la ferme des Deux étangs. Cette partie était visiblement plus avancée. « C'est normal, ce qui compte, ce sont les watt/mètre carré. Et là, l'exposition est maximale », surtout si l'on couple la méthode avec la hauteur de 7 cm. Vient ensuite l'épreuve de l'andainage. Il doit être réalisé le plus tard possible », préconise Isère conseil élevage.
Méthode ancienne et au top
Celui effectué avec l'andaineur de marque Roc est correct, mais plutôt lent, même si le tracteur avance relativement vite. Il faut faire un aller-retour pour ramener deux andains extérieurs sur celui situé au centre. « Il faut commencer très tôt avant l'ensileuse », estiment certains témoins de la scène. Malgré tout, l'engin situé en frontal est maniable, réalise un travail très correct et ne devrait pas ramasser de cailloux, la hantise des entrepreneurs ou des possesseurs d'ensileuse.
L'appareil Elho, aérateur et andaineur, a donné un travail tout aussi rapide que le précédent.
La machine qui a le plus étonné les spectateurs a été sans conteste le râteau « soleil » qui permet de rassembler en un seul passage 8 mètres d'herbe. Le résultat n'était pas parfait quand les andains sont importants et encore assez verts la partie andain, mais l'engin utilisé date d'une huitaine d'années. Certaines dents étaient donc usées, mais surtout un peu faibles en diamètre par rapport à la charge à remuer. Mais l'exploitant, Jacky Gros, indique qu'il possède une première version, les suivantes ont été renforcées par le constructeur et devraient moins poser ce problème. En revanche, sur la partie fauchée à plat, le résultat était parfait. Et extrêmement rapide. La couche moins épaisse ressemble au foin sec pour lequel la machine a été conçue à l'origine. Elle est donc adaptée. Ce qui fait dire aux éleveurs présents, bluffés, que les méthodes à l'ancienne, fauche à plat et soleil, « marchent toujours ».
Tous les résultats (matière sèche et valeur nutritive) des huit modalités testées sur le site de Chateauvilain seront bientôt disponibles.