La Ferme de Bonne a un an
La Ferme de Bonne a fêté sa première année d'activité. Ce magasin de producteurs a organisé pour l'occasion des dégustations, le temps d'un week-end fin avril. Une dizaine de dépôts-vendeurs ont pu installer leurs stands pour faire découvrir leurs produits et échanger avec les clients. « Il y avait une haie d'honneur des dépôts-vendeurs pour rentrer dans le magasin. « Cela donnait un côté champêtre à la ville », raconte Sylvain Bernard, un des neufs associés du magasin et producteur de fromage de chèvre à Mont-Saint-Martin (Chartreuse). Le but était aussi de faire découvrir les nouveaux produits qui iront rejoindre les rayonnages du magasin. « Les clients sont souvent frileux à tester leurs envies », explique-t-il. C'était aussi le bon moment pour échanger avec leurs clients sur leur exploitation. « « D'où ça vient ? », c'est la première question que l'on nous pose. Les gens sont curieux de savoir comment ça se passe dans nos exploitations ».
S'installer au centre-ville
Si ce commerce intéresse, c'est parce qu'il est le premier magasin de producteurs dans le centre-ville de Grenoble. Depuis un an, les producteurs ont dû s'adapter à la clientèle. « Dans les magasins de producteurs en périphérie, les gens viennent faire les courses pour la semaine. Ici, ce sont plutôt des achats au jour le jour. Les paniers sont plus petits mais plus réguliers », explique l'éleveur. La hausse de fréquentation s'est aussi rapidement faite sentir, demandant de nouvelles embauches. « On a recruté après trois mois d'ouverture un temps plein, et à six mois un temps partiel », détaille Sylvain Bernard. Selon le prévisionnel de la chambre d'agriculture de l'Isère basé sur les autres magasins situés en périphérie, la première embauche ne devait avoir lieu qu'au bout d'un an.
Etre situé à la Caserne de Bonne était un bon choix, selon l'associé. « Le centre commercial nous ramène du monde. On est un peu à l'écart donc certains ont du mal à nous trouver la première fois. On nous découvre souvent en passant devant ». Quant à être situé plus proche du centre-ville, il n'en est pas question. « Il nous faut un loyer et une surface correcte. C'était très difficile à trouver. On a eu un coup de cœur pour ce local. » Au départ, le magasin de producteurs était une demande de la Métro et devait se situer vers le marché de l'Estacade. « Quand il y a tout au même endroit, les clients viennent car ils sont sûrs de trouver ce qu'ils veulent. Cela aurait créé une zone alimentaire ». Malheureusement, le local ne correspondait pas à leurs attentes.
Adapter les volumes
Côté production, le magasin a subi également quelques changements depuis un an. Le nombre de dépôts-vendeurs a doublé, passant de 15 à 30. De nouveaux produits ont fait leur apparition : des compléments alimentaires, des bières, de nouveaux fruits d'été... « Ce sont soit des producteurs qui viennent proposer leurs produits, des demandes de clients ou encore notre volonté d'ajouter de nouveaux. Par exemple, on a raté les cerises l'année dernière, on les a ajouté cette année. » Le fonctionnement des livraisons a également changé. « Au départ, on livrait plusieurs fois dans la semaine pour s'adapter à la demande. On a eu des ruptures mémorables. Mais peu à peu le magasin a pris sa place dans les volumes de chaque producteur », raconte l'associé. Aujourd'hui, les producteurs ne livrent qu'une fois dans la semaine et réajustent d'une livraison supplémentaire, si besoin est.
Malgré la hausse de clientèle, un agrandissement de la surface n'est pas prévu au programme. « On a encore de l'espace à remplir dans ce magasin. On a aussi à cœur de garder une taille humaine », explique Sylvain Bernard. L'année 2018 consistera donc à « évoluer tranquillement », « caler les volumes de livraison » et intégrer le nouvel associé. En un an, deux associés ont quitté le magasin et un est rentré depuis peu en tant qu'associé-stagiaire. Même si cette année a demandé beaucoup de travail à l'équipe, Sylvain Bernard ne regrette pas : « Au début, j'avais beaucoup de revendeurs et je faisais un à trois marchés par semaine. Aujourd'hui, j'écoule 90% de ma production dans les magasins de producteurs, entre celui-ci et celui de Claix. »
Virginie Montmartin