La FNSEA et JA ont lancé un Observatoire de l’origine
« Origine Info ne suffit pas », a d’emblée attaqué Arnold Puech d’Alissac, président de la commission chaîne alimentaire de la FNSEA. Le dispositif français créé en 2024 et qui vise à indiquer l’origine des principaux ingrédients des produits alimentaires transformés doit assurer la transparence pour les consommateurs. « Mais ça ne fonctionne pas », a indiqué en substance Olivier Andrault, chargé de mission alimentation et nutrition à UFC-Que Choisir. Son association de consommateurs a analysé 243 produits transformés. « Dans 69 % des cas, aucun n’indiquait d’origine précise », a-t-il souligné. Pire, sur des produits similaires, certains industriels étaient capables de tracer 70 % des ingrédients et d’autres seulement 10 %. « Ce qui prouve que ce n’est pas un problème technologique mais bien un problème de marques », a-t-il lancé, rappelant le souhait des consommateurs de « connaître l’origine précise du pays de provenance des ingrédients ». C’est cette transparence que l’Observatoire de l’origine veut assurer tout au long de la chaîne alimentaire, de la fourche à la fourchette. Cette origine est connue, elle est traçable mais « le vrai chantier que l’on a devant nous est cette capacité à amener cette information tout au bout de la chaîne, notamment jusque dans les cuisines de la restauration professionnelle », a indiqué Frédérique Le Houx, membre de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania).
Approvisionnement
Un autre écueil est à éviter : celui de la disponibilité des produits. « Le recul de la ferme France et son corollaire, la baisse de production, constituent une source d’inquiétude », pour Pascal Richez, chargé des relations agricoles du groupe Mousquetaires (Intermarché). La solution pourrait venir des contrats tripartites qui se sont développés entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs. Mais ceux-ci ne parviennent pas à pourvoir aux demandes des consommateurs. Si le groupe Mousquetaires parvient à fournir 99 % de ses rayons en viande bovine et porcine « 100 % française », ce chiffre n’atteint que « 65 % pour la volaille », a-t-il indiqué. Est-ce une question de coûts de production ? Franck Chaumier, président Restauration de l’Union nationale des métiers de l’hôtellerie et de la restauration (UIMH), l’assure à mots à peine couverts : « La carotte des sables des Landes est deux fois plus chère que celle d’Espagne », a-t-il dit, quand Olivier Feno Feydel, président de l'Union nationale du commerce de gros en fruits et légumes (UNGCFL), a pointé l’empilement des règlementations qui pèse sur les entreprises. Les 21 signataires parmi lesquels la Restauration collective, les approvisionneurs professionnels (Groupe Métro, Pomona…) se sont accordés à respecter la transparence sur l’origine et souhaitent la valoriser auprès du plus grand nombre. Tous se réuniront courant mars pour un premier tour de table afin de dresser un état des lieux plus précis. « On espère se revoir au Salon de l’agriculture 2027 pour un point d’étape », a promis Jordy Bouancheau, membre du conseil d’administration de Jeunes agriculteurs.
Christophe Soulard
TRANSPARENCE / Lors d’une conférence de presse sur le Salon international de l’agriculture, la FNSEA et Jeunes agriculteurs, rejoints par dix-neuf autres associations, ont lancé l’Observatoire de l’origine. L’objectif principal est de généraliser l’affichage « Origine France » sur les produits mais aussi en restauration.