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Lait : les eurodéputés appellent à intervenir

FILIÈRE / Les eurodéputés de la commission de l’agriculture du Parlement européen, réunis le 18 mars à Bruxelles, ont unanimement appelé la Commission européenne à intervenir sur le marché laitier européen.

Par A.G.
Lait : les eurodéputés appellent  à intervenir
La productioneuropéenne de lait a augmenté de 5,7 % (+ 650 000 t) en 2025, avec la moitié de cette hausse en Allemagne et en France.

Selon les chiffres de l’observatoire européen du marché laitier, le prix du lait à la ferme dans l’UE a entamé une baisse depuis le mois d’août 2025, à la faveur de conditions météorologiques propices et d’une forte augmentation de la collecte laitière tirée par les prix élevés.  La production a fortement augmenté de 5,7 % (+ 650 000 t) en 2025, avec la moitié de cette hausse en Allemagne et en France. Résultat : le prix moyen du lait à la ferme dans l’UE se situait en décembre 2025 à 48,15  centimes/kg, soit un niveau inférieur de 12 % à celui de décembre 2024. Et surtout, dans de nombreux pays, les coûts de production sont désormais supérieurs aux prix de vente. Une légère hausse du prix du lait est observée depuis janvier, mais celle-ci devrait être remise en cause par la guerre déclenchée au Moyen-Orient qui va entraîner une nouvelle flambée des coûts de production (énergie, engrais…).

Bruxelles rechigne

Pour l’instant, Bruxelles se contente de surveiller le marché et rappelle qu’en 2016, le programme de réduction de la production avait coûté 150 millions d’euros pour diminuer de 1 % la collecte laitière dans l’UE. Aux niveaux de prix actuels, un tel programme coûterait aujourd’hui encore plus cher. La représentante de la direction générale de l’agriculture en charge des marchés, Brigitte Misonne, a souligné que la réserve agricole (dotée de quelque 450 millions d’euros par an) est destinée à tous les secteurs agricoles. Et d’ajouter : « Chaque année nous puisons de plus en plus dedans, notamment pour répondre aux conséquences des aléas climatiques ». Elle a mis en avant plusieurs outils ou facteurs qui pourraient apporter des solutions aux éleveurs laitiers : la récente révision de l’OCM qui impose les contrats écrits par défaut, mais aussi l’accord de libre-échange conclu avec le Mercosur qui va ouvrir des quotas d’exportation de 10 000 t de poudre de lait, 30 000 t de fromage et 5 000 t de lait infantile. n A. G.