La FNSEA réclame un soutien massif face à la flambée des coûts
GNR et engrais / Reçu, le 30 mars à Matignon par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a réclamé un soutien financier accru pour faire face à l’explosion des charges.
Pour la FNSEA, l’exonération fiscale sur le GNR annoncée le 27 mars - environ 4 centimes/litre pour un effort de 14 millions d’euros sur le mois d’avril – « n'est pas à la hauteur de la crise ». En effet, les prix ont bondi de 50 à 60 centimes le litre. La FNSEA exige une aide de 30 centimes par litre pour compenser l'impact des tensions au Moyen-Orient. En pleine période de travaux, l’urgence concerne également les engrais, dont les tarifs ont grimpé de plus de 15 % en France. Le cumul fuel-fertilisants alourdit les charges de plus de 100 €/ha, dépassant souvent le résultat net à l’hectare des exploitations. « Le Premier ministre m’a dit que les annonces de vendredi n’étaient pas un solde de tout compte et qu’il ferait le point à la fin du mois pour voir ce qu’il serait possible de faire, mais qu’il était prêt à aller plus loin si la guerre devait se poursuivre », rapporte Arnaud Rousseau. La FNSEA demande également la suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) sur les fertilisants, une mesure que la ministre de l’Agriculture a défendu le jour même lors du conseil des ministres européens de l’Agriculture à Bruxelles. Sans succès.
MACF : toujours pas d'avancée
Pourtant, plusieurs délégations (Portugal, Grèce, pays baltes) ont apporté leur soutien à la demande de la France. Annie Genevard propose soit une suspension juridique formelle (par la modification du règlement), soit une mise à zéro technique des valeurs par défaut pour les engrais. À défaut, elle appelle à la mise en place rapide d’un mécanisme de compensation financière pour neutraliser le coût du MACF pour les agriculteurs. Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, s’est une nouvelle fois montré réticent à cette idée. « Nous avons déjà pris des mesures pour réduire les droits de douane. Suspendre le MACF pour les engrais risquerait d’aggraver notre dépendance aux importations », fait-il valoir. Il promet que le plan d’action sur les engrais, initialement prévu pour le mois de juin, tiendra compte de la situation avec des mesures de court et long terme « afin de soutenir la production européenne d’engrais, de réduire les dépendances, tout en aidant les agriculteurs à utiliser les engrais de manière plus efficace et à substituer les engrais minéraux par des engrais biosourcés ». Une réunion « urgente de haut niveau avec les parties prenantes » sur ce plan se tiendra le 13 avril à Bruxelles.
Actuagri et Agra