La foire de Beaucroissant ne connut pas d'interruption pendant la Grande guerre. Dans sa thèse de doctorat en histoire, « Une foire de champs : la foire de Beaucroissant », Bernadette Larcher note cependant que « l'activité foraine ne disparaît pas, mais baisse considérablement ». Le registre des délibérations de la commune indique le 12 août 1917 : « Il n'y a plus de curiosités ; seuls quelques marchands de bestiaux viennent à la foire. » La guerre complique tout. « Faute de moyens de transports, ni bétail ni marchandise ne pouvaient circuler, encore moins les baraques foraines, condamnées à être remisées. De plus, les hommes étant partis au front et les femmes étant surchargées de travail, les allées de la foire sont désertées. » En 1917, c'est la gestion même de la foire qui devient complexe en raison d'un « conseil municipal exangue (...) Il ne reste que deux conseillers municipaux » et l'administration devait gérer « le ravitaillement civil et les réquisitions militaires », ce qui ne « laisse guère le temps de s'occuper de la foire locale ». Après guerre, le maire tire le bilan de ces années difficiles et décide de créer une régie directe pour empocher les recettes de la foire qui sont les seules ressources de la commune. Mademoiselle Richard sera régisseur de la foire durant 65 ans, de 1919 à 1984. Pagtrick Bouchet lui a succédé à cette date.