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Mutualisation

La formation, comme un leitmotiv pour les Cuma

La fédération départementale des Cuma de l'Isère amorce une nouvelle ère, au cours de laquelle la formation sera utilisée comme axe de développement.
La formation, comme un leitmotiv pour les Cuma

Il en est pour qui travailler en Cuma (Coopérative d'utilisation de matériel en commun) est une évidence. Eric Greffe-Fonteymond, président de la fédération départementale des Cuma de l'Isère et président de la Cuma du Pays de Tullins, fait partie de ceux là. « Les Cuma sont des outils qui permettent la maîtrise des charges de mécanisation et par conséquent des coûts de production. Cette maîtrise déjà nécessaire par le passé devient un véritable atout pour faire face aux évolutions futures des marchés », affirme-t-il, le 24 novembre à La Frette, à l'occasion de l'assemblée générale de la structure. Pour autant, même si les participants étaient déjà des convaincus, ils reconnaissent d'une même voix que « ce n'est pas si évident ». De nombreuses difficultés peuvent survenir et entraver cette façon de travailler. Mais, loin de se décourager, les responsables des Cuma cherchent les moyens de faire face. La formation en sera un. Car, selon Eric Greffe-Fonteymond, « les structures collectives seront une des réponses à apporter pour faire face au libéralisme et à l'individualisme qui reviennent en force dans la société ».

Prendre le temps

Pour Daniel Petitjean, agriculteur et responsable de Cuma dans le Rhône, la formation est un facteur permanent de progression que l'on doit mettre à profit. A tout âge. « Certains disent : je suis à cinq ans de la retraite, je n'ai plus ni besoin, ni envie de me former. D'autres viennent de terminer leurs études et estiment tout savoir et vouloir en finir avec les bancs de l'école qu'ils ont fréquenté pendant plus de 15 ans. Je ne suis pas d'accord. Pour moi, la formation, ce ne sont pas les bancs de l'école. La formation, c'est apprendre à réfléchir en groupe. Et tous les sujets peuvent s'y prêter », explique-t-il avec enthousiasme, fort de son expérience« Quand je me suis installé en 1993, j'ai fréquenté une association qui formait les agriculteurs à la comptabilité. Mais au bout d'un certain temps, nous - les adhérents - l'avons transformé pour répondre à nos attentes et mettre en place de nouvelles formations sur des thématiques aussi variées que l'homéopathie, les énergies renouvelables, l'entente au sein des Gaec... En matière de formation, nous pouvons tout imaginer. Moi, je me forme depuis 23 ans ». Cumiste, Daniel Petitjean a partagé cette conviction et cette réflexion au sein du réseau Cuma du Rhône. « Le gène Cuma n'existe pas. Cette façon de travailler s'apprend grâce à des échanges sur ce que c'est et sur ce à quoi cela peut servir. Il faut simplement prendre le temps de réfléchir. Ensemble. C'est tout un processus qui doit émaner des adhérents et des responsables des Cuma », souligne le rhodanien.

Un premier pas

L'intérêt de la formation, Eric Greffe-Fonteymond en est persuadé. D'où son dynamisme pour engager les Cuma de l'Isère dans cette direction. La démarche, qui passe par un contact auprès de Jay Jivan Kessaodjee, le nouvel animateur des fédérations départementales des Cumas de l'Isère et des Savoie, s'effectue en deux temps. D'abord, par un Dina, un dispositif national d'accompagnement des projets et initiatives des Cuma qui vise à réaliser un état des lieux de la Cuma et à réfléchir aux pistes d'amélioration. Puis, par une formation sur le sujet qui aura émergé. Il peut s'agir d'achat de matériel, de construction de bâtiment, d'organisation... Selon les sujets, le conseil d'administration et le bureau de la fédération départementale réfléchiront aux intervenants compétents. « Nous sommes ouverts à toutes les formations. L'objectif est vraiment que vous nous disiez ce dont vous avez besoin. Que ce soit en matière d'agroéquipement, d'agroécologie, de relations humaines... », martèle Eric Greffe-Fonteymond. « Nous savons que l'intégration des jeunes et le renouvellement des responsables concernent de nombreuses Cuma. « Les jeunes ne sont pas intéressés. Les anciens ne veulent pas passer la main », entend-on, ici et là. Il faut que nous nous mettions autour de la table ». C'est un premier pas. Eric Greffe-Fonteymond veut aller plus loin pour « travailler en inter-cuma, créer du lien pour mutualiser encore plus certains outils ».

Isabelle Brenguier