La Métro joue la solidarité avec les TPE du commerce et du tourisme
A « crise sans précédent », dispositif conséquent. Depuis des semaines, les pouvoirs publics s'efforcent de contrer les effets du tsunami économique provoqué par la crise sanitaire. Pour venir en aide aux entreprises en difficulté, Grenoble Alpes métropole a pris des « mesures conservatoires », notamment le report de la facturation d'eau ou la suspension de certaines redevances, et les a complétées par un « plan de soutien additionnel » articulé avec les différentes aides mises en œuvre par l'État et la Région. Avec une mesure phare : un fonds de solidarité pour les très petites entreprises (TPE) du commerce, de la restauration et du tourisme.
« Priorité a été donnée aux acteurs économiques les plus fragiles », a expliqué Christophe Ferrari, le président de la Métro, lors de la présentation de ce fonds de solidarité territorial. Doté de 5 millions d'euros, ce dispositif s'adresse aux TPE de moins de 10 salariés, aux indépendants, aux micro-entrepreneurs et aux associations à caractère économique des secteurs du commerce, de la restauration et du tourisme, « y compris de l'événementiel ». Il propose une aide de 1 000 euros versée sous la forme de subvention, portant sur le remboursement de dépenses d'investissement (travaux, achat de matériel, de logiciel...), réalisées depuis le 1er janvier 2018.
Demande en ligne
Par souci d'efficacité, les démarches ont été simplifiées. Les demandes se font directement en ligne, sur le site de la Métropole (1). Pour y prétendre, il suffit de justifier d'un chiffre d'affaires inférieur à un million d'euros et d'une baisse des ventes d'au moins 50% sur l'un des mois de mars, avril ou mai 2020, par rapport au même mois de l'année précédente. « Pour les entreprises de moins d'un an, le calcul sera fait au pro-rata de leur existence », précise Marie-Josée Salat, vice-présidente déléguée à l'économie, l'industrie et au tourisme. Le chiffre d'affaires mensuel moyen doit être inférieur au douzième d'un million d'euros, soit 83 333 € HT. La perte sera estimée par rapport à ce chiffre sur la période entre la création et le 1er mars 2020. « Nous avons demandé au trésorier de faire preuve de souplesse », ajoute l'élue. Une fois le dossier validé, il faut compter environ trois semaines de délai pour débloquer l'aide.
« Ce fonds de solidarité a été voté à l'unanimité lors du conseil métropolitain du 29 avril, indique Christophe Ferrari. C'est une première étape. Il y en aura d'autres. » En attendant, les élus métropolitains ont approuvé le renforcement des aides directes aux entreprises commerciales, artisanales et de service avec vitrine et les ont élargies aux acteurs de l'hôtellerie afin de leur permettre de réaliser des travaux aménagements ou de s'équiper de matériels liés aux nouvelles contraintes sanitaires. L'assemblée métropolitaine doit par ailleurs se prononcer sur la participation financière de Grenoble Alpes métropole à un fonds régional d'urgence, destiné à soutenir les TPE à l'aide d'avances remboursables.
Lors du prochain conseil métropolitain, fin mai, des mesures complémentaires seront également soumises au vote. Il est question d'exonérer du droit de voirie, partiellement ou totalement, les entreprises qui y sont soumises. Un manque à gagner de 300 000 euros apparemment assumé par le président de la Métro qui a lancé un appel à la mobilisation de tous pour relancer la machine économique. « Nous sommes collectivement détenteurs de gestes de reprise », a-t-il insisté, avant de conclure sur les conditions de réouverture des restaurants. « L'organisation spatiale des gestes barrière va être complexe. Aujourd'hui, il existe un espace dédié pour les terrasses. Nous allons voir comment élargir celles des restaurateurs. Il va falloir être imaginatif. »
Marianne Boilève
(1) https://services.demarches.lametro.fr/economie/fonds-de-solidarite-metropolitain/